‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 219 sur 380 · Jahrbuch, art. citr, pi · texte numérisé non relu

Jahrbuch, art. citr, pi

3. Dutschke, Ant. Bildw. in Oberitalien, II, p. 17, n" 36. Brunn, Denkmaeler, a' 284. Pour les discussions sur l'authenticité de l'inscription, voir Loewy, Inschr. grkch, Bildli., n" 506.

SCULPTURE GRBCIJIE. — T. II. 54

42r, LE QlATlilEMK SIECLE.

diquant iiiio copie d'œuvre célèbre; cette réserve laite, il n'y a aucune raison de voir dans l'inscription l'œuvre d'un faussaire moderne et de l'écarter comme suspecte ; elle date certainement de l'époque romaine '. Dans les deux statues de Naples et de Florence, Héraclès est représenté debout, au repos, avec une expression de fatigue et de mélancolie. Il trouve un appui dans sa massue, placée sous son aisselle gauche, rude support, dont le contact est amorti par la jieau du lion néméen. La main droite est ramenée derrière le dos, inerte et inoccupée; la jambe droite, raidie, soutient le poids du corps, tamlis que l'autre se porte plus mollement en avant. Un caractère commun aux deux copies gréco-romaines est l'ampleur démesurée des formes, qui fait saillir sur la poitrine, sur les bras et sur les cuisses de véritables montagnesde muscles; exagérationévidente, rendue plus sensible encore par la petitesse de la tête. Est-ce là le véritable style de Lysippe? Il serait imprudent de considérer comme des copies absolument fidèles les deux statues de Naples et de Florence, qui diffèrent d'ailleurs entre elles pour le type de la tôte ; ce sont des répliques, traitées dans le goût romain. Mais si l'on fait la part des amplifications et des surcharges dues au ciseau du copiste, on n'hésitera pas à penser que l'Hercule Farnèse dérive en droite ligne d'une statue de Lysippe'. L'original était fort célèbre. Le musée de Bâle possède une tcte en marbre, acquise à Rome par le sculpteur Steinhaeuser, et qui est une réplique plus simple de la tête de la statue Farnèse '. C'est de l'œuvre de Lysippe que s'inspirera, pour retracer un épisode de la légende de Télèphe, l'auteur delà petite frise sculptée sur le grand autel de Pergame ; elle sera reproduite sur les monnaies de l'époque impériale ' ; enfin une série de petits bronzes en atteste la popularité ^ Parmi ces adaptations,

1. M. Furtwaengler n'hésite pas à en admettre l'authenticité, Lfxikon de Koscher, art. I/eruUcs, p. 2172.

2. Je ne suis pas convaincu par l'argumentation de M. Wciszacker (Anh, /.eitmig, 188J, p. "'55), d'après laquelle l'Hercule Farnèse dériverait d'un groupe d'Héraclès et Téléphe, qui aurait existé à Pergame.

3. Munummti xnedUi, VIII, pi. ûl, 1-1 a. Amudij 18G8, p. 330 (Hclbig). Une autre copie de la tête est conservée au British Muséum, Ane. Murbles, I, 11.

4. Imhoot-Blumer et Percy Gardner, jVhhi. Commentnrij on Patisanias, pi. IV, X. Cf. Furtwaengler, Lex'dun de Roscher, art. Jleralles, p. 2174. Elle apparaît déjà sur un tétradi-.ielime d'Alexandre, Niimitmalic Cliroiiicle, III, 1883, pi. 1-5, p. 9.

5. Vuir Fr. lycnormant. Gaz. arcli., 1875, p. 133. .Iic/i. Ame'ujev, 1881, p. l'il, n° 31.

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une des meilleures est la lielle statuette de bronze qui de la collection Tyskiewicz a passé an musée du Louvre, œuvre excellente, où la vigueur des formes est exprimée sans ces boursoullures ambitieuscs]qui gâtent les copies gréco-romaines (PI. IX).

Un fait reste acquis, semble-t-il : cette figure d'Héraclès, lassé de ses travaux, est bien une d'uvre de Lysippe, et l'une des plus goûtées de l'antiquité. Peut-on dire cependant que le sculpteur de Sicyone ait créé le type, au sens rigoureux du mot? Nous ne le croyons pas. Héraclès appuyé sur sa massue apparaît dt^à dans des œuvres du cin^ quième siècle ' , et Lysippe a sans doute repris un sujet traité avant lui; mais il lui a imprimé un caractère personnel, en accentuant l'expression pathétique, en accusant, pour y trouver un élément de contraste, les formes athlétiques du héros. C'était là, nous le savons déjà,

1. Ainsi, dans un bas-relief d'Ithûme, Schoene, Gricch. lielie/s, 112, et dans un torse du musée de Dresde que M. Treu croit appartenir à l'école de Polycléte, Arch. Ameiger, 1894, p. 25.

L'Hercule Farnése, statue signée de Glycon d'Athènes. (Musée de Naples.)

le trait dominant de l'Héraclès colossal de Tarente. En ce sens, Lysippe rencontrait bien une inspiration toute nouvelle; il n'alisait cet idéal surhumain de force corporelle qui hantera également l'imagination du plus ]iuissant des maitres italiens ; il 3' a une sorte de parenté entre ses Héraclès douloureux et les superbes figures de captifs sculptées par le ciseau de Michel- Ange.

Au temps de Lysippe, le portrait incline de plus en plus vers le réalisme. Nous avons "vni ce courant se dessiner avec Silanion. Mais une invention nouvelle exerce une influence décisive sur le style du portrait, et, chose curieuse, elle est due au frère de Lysippe, Lysistratos. Sculpteur assez obscur, Lysistratos serait fort oublié s'il n'avait inventé un procédé technique, celui du moulage sur nature, k Le premier, dit Pline, il imagina de prendre l'image d'un homme sur son projire visage, au moyen d'un moule en plâtre, et de la corriger sur l'épreuve qu'il obtenait, en coulant de la cire dans le plâtre. » Il fit ainsi, ajoute Pline, des images exactes {si'mih'tiKh'nes) au lieu des portraits que ses prédécesseurs s'efforçaient de reîidre aussi beaux que possible'. Peutêtre fut-il conduit à ce procédé par un autre, dont Pline lui attribue également l'invention , celui du surnioulage des statues ". Lysistratos inaugurait ainsi une méthode que pratiqueront à leur tour, au ipiinzième siècle, les sculpteurs de la Renaissance italienne, surtout ceux de l'école florentine ^ Les contemporains de Verrochio moulaient sur le cadavre, et au dire de Vasari, on voyait à Florence, dans les maisons, une grande quantité de ces portraits, « si bien faits et si naturels, qu'ils paraissaient vivants ». Les historiens de la Renaissance sont d'accord pour attribuer à l'emploi de ce procédé le développement du naturalisme, pour constater ([u'à force de rechercher la vérité anatomique, l'école florentine <( a fini jiar donner à ses œuvres un aspect morbide et cadavéri(ine' ». En fut-il ainsi pour la Grèce? Nous ne pouvons apprécier, avec une rigueur absolue les conséquences de l'invention de Lysistratos. Tout au moins elle dut fournir h la plastique un moyen puis-

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