‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 220 sur 380 · Courajod, nii'ni. cit · texte numérisé non relu

Courajod, nii'ni. cit

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saut L't dangereux pour saisir, avec la véritr la plus crue, la rosseiublauce individuelle.

Nous connaissons trop imparfaitement l'œuvre de Lysippe pour déterminer dans quelle mesure il s'approprie le procédé imaginé par son fr<'re. La liste des portaits que lui attribuent les textes contient pour une bonne part des portraits fictifs, représentant des personnages depuis longtemps disparus '. Ceux des sept sages, de la poétesse Praxilla, étaient nécessairement des œuvres de convention. Celui de Socrate, une statue en bronze placée dans le Pompéion d'Athènes, dérivait de modèles antérieurs. Celui d'Esope était une création de l'artiste. On a proposé de le reconnaître dans un buste en marbre traité avec un sentiment très réaliste, appartenant à la collection de la villa Albani " ; mais un élève de Lysippe, Aristodémos, est connu pour avoir exécuté un portrait du fabuliste, et l'on peut hésiter entre le maître et l'élève. Parmi les autres portraits signés par Lysippe, il faut citer encore celui de Pytliès d'Abdère, une sorte de condottiere, chef de mercenaires étrangers, à qui ses soldats consacrèrent deux statues à Olympie ; celui d'Hépliestion; celui de Séleucos, œuvre de vieillesse, enfin et surtout les portraits d'Alexandre, qui nous ramènent à la période la plus brillante de l'artiste.

Lysippe occupe à la cour d'Alexandre un situation privilégiée. Il est le sculpteur officiel du roi, comme Apelle est son peintre, et Pyrgotèle son graveur. Nul autre n'a le droit de reproduire en bronze les traits du conquérant de l'Asie \ Il a le monopole des statues royales. A en juger par les mots de Pline, qui lui attribue un grand nombre d'images d'Alexandre, ce n'était pas une sinécure. Lysippe dut multiplier ces portraits ipii représentaient le i-oi depuis l'enfance, et qui, après la mort d'Alexandre, servirent de modèles à d'innombrables imitations. Les sources littéraires nous renseignent très imparfaitement, car elles ne signalent que trois portraits attribués à Lysippe. C'est d'abord une statue de bronze représentant Alexandre appuyé sur sa lance, le regard levé vers le ciel, avec un air de hautain défi. Elle avait suggéré

1. Voir pour les textes, Overbe^k, SchriJ'tqneUen , ■a"' 1 192-140G.

2. .1/0)1. inedhi, III, pi. H. Cf. Helbig-Toutain, Guide, II, p. 29, n" 756.

3. Des témoignages multipliés l'affirment. Pline, Nal. Hisl., 7, 125. Horace, Ep. II, 1.239. Cicéron Ep. ad/amil lares, X, 12, 13. Arrien, /Inaiaae, I, 16, 7.

430 LE QUATRIl'nrE SIECLE.

i\ 1)11 porto de cour un distique, gravé sur la liase : « Le liéros de bronze l^ve les yeux vers Zeus connue ])ouv lui dire : La terre est à moi ; toi, Zeus, règne dans l'Olympe '. » Et Posidippe terminait ainsi une épigramme inspirée par l'œuvre de Lysippe : «. Il ne faut pas mépriser les Perses : on pardonne aux bœufs do fuir devant le lion ". )i C'était là plus qu'un siuiple portrait, c'était une statue officielle, montrant le conquérant de l'Asie dans toute sa gloire, tel qu'il voulait apparaître à la postérité. Alexandre tlgurait aussi dans une œuvre considérable exécutée sur son ordre, dans un groupe de statues équestres, élevé à Dion, pour rappeler le premier combat livré aux Perses sur la terre d'Asie. Outre le roi, le sculpteur avait représenté les vingt-cinq hétteres de l'escadron royal tués dans le premier engagement, à la bataille du Granique; il n'avait rien négligé pour que ces cavaliers de bronze fussent des portraits aussi fidèles que possible ^ Après la conquête de la Macédoine, Métellus fit main basse sur ces statues et les plaça à l'intérieur du portique auquel fut donné plus tard le nom de portique d'Octavie. Entin Lysippe avait travaillé avec Léocliarès au groupe de Delphes, (|ui représentait Alexandre secouru par Cratère dans une chasse au lion \

Si, pendant le règae d'Alexandre, Lysippe garde le privilège do signer seul les statues royales, d'autres artistes, cependant, sont connus pour avoir fait des portraits du roi. Alexandre figurait dans le groujie de statues chryséléphantines où Léocharès avait représenté la famille de Philippe; il avait sa place dans un groupe d'Euphraiior. Un des lils de Lysippe, Euthycratès, exécute une chasse d'Alexandre, à l'exemple de son père. Chaeréas est l'autour d'une statue du roi de Macédoine. Combien d'autres artistes ont dû multiplier les portraits de seconde main, répandus dans toutes les villes qui rendent un culte au vainqueur

1. Plutarque, Sar la vertu ou le courage d'Alex., Il, 2. 0. Riemann a retrouvé, parmi les inscriptions copiées par Cyriaque d'Ancône, une vari-inte de ce distique : AùSio^ovii 8' Éoix^v 6 yiXxEo; èç Aia pXénawv. l'âv ÙTc' è[ioO T('0>iULOf Zjù, <j j ô' "0>u|nrov Ë/e. L'inscription a été copiée .sous la rubrique : I.j-chnidon. Jiull. de corresp. IielU'n., I, 1877, p. 294, n" 88. Pour les autres textes relatifs à la statue, voir Ovetheck, Schri/tquellen, n"- H80-H84.

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