L'ECOLE DE LYSIPPE
On s'explique aisément que l'école de Lysippe ait un rôle très brillant sous les premiers successeurs d'Alexandre. La réputation du grand artiste de Sicyone, sa situation privilégiée à la cour de Macédoine, assurent à ses élèves la faveur des princes grecs. Surtout, avec ses qualités de novateur, il semble avoir pressenti que des conditions nouvelles allaient présider au développement de l'art; formés par un tel maître, s(;s disciples sont très préparés à com])rendre les exigences de leur clientèle, t\ multiplier ces compositions d'ensemble, ces figures colossales qui orneront les capitales des royaumes hellénistiques. L'é-
cole de Sicyone est d'ailleurs une de celles dont nous pouvons le mieux suivre l'histoire au troisième siècle. Elle compte en effet de nombreux représentants, parmi lesquels il faut citer tout d'abord les propres fils de Lysippe, Daïppos, Boëdas, et Euthycratès.
Daïppos est à l'apogée de son talent vers 2i)G '. Fidèle aux traditions de l'école, il exécute pour Olyinpie les statues des athlètes Gallon et Nicandros. Sou chefd'œuvre est la statue que les critiques romains appelaient le Perij-yoïmnos, et où il est facile de deviner une variante du sujet traité par Lysippe dans YApoxyoménos. Boëdas n'est connu que par une seule œuvre , un personnage dans l'attitude de la prière, l'^ldorans signalé par Pline '.
Il est fort séduisant d'établir un rapprochement entre r K Adorant » de Boëdas et une statue de bronze de Berlin, dont l'intérêt est encore rehaussé par les sou-
1. Pline, Xat. Bist., 34, M. Cf. Oveibeck, Schn/tquellen, a"' 1Ô16-1520.