‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 248 sur 380 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Fig. 252. — L'eufant eu iiricve, statue eu bronze (Musée de Berlin). Hauteur, 1 m. 28.

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veuirs qui s'y rattachent (tig. 252). Avant de prendre place au niu.sée de Berlin, « l'enfant en prière » a passé en effet par bien des mains '. Apporté sans doute à Venise, en 158G, avec la collection du patriarche d'Aquilce, il fut acheté, sur les conseils du peintre Le Brun, i)ar le surintendant Fouquet, et jusqu'au moment de sa disgrâce, il orna sa somptueuse résidence de Vaux-le- Vicomte. C'est certainement par l'ordre de Fouquet que furent restaurés les bras, car le ton noir du bronze rappelle la patine des bronzes français du temps de Louis XIV. En 1717, le fils de Fouquet, le marquis de Belle-Isle, le vendit au prince Eugène; il appartint ensuite au prince de Lichtenstein, qui le vendit à Frédéric II, et il décora la terrasse de Sans-Souci. En 180(5, Napoléon V lui fit prendre le chemin de Paris, et la statue y resta jusqu'en 1812; elle fut alors rendue à la Prusse. Sans être une œuvre de premier ordre, le bronze de Berlin se recommande cependant à l'attention par une réelle valeur d'art. « L'enfant en prière » est un jeune garçon représenté debout, fléchissant légèrement la jambe droite, dirigeant son regard vers le ciel, et élevant les deux mains avec un geste d'adoration. Le type de la tête, le rendu de la chevelure, les proportions, tout, dans cette œuvre élégante et correcte, rappelle la manière de Lysippe. Faut-il en faire honneur à Boëdas? L'attribution reste une hypothèse, mais elle a au moins pour elle une certaine vraisemblance.

Si l'on en juge par les sujets que traite Euthycratès, il est, lui aussi, un disciple docile de son père^. Une chasse d'Alexandre, qu'on voyait à Thespies, un combat de cavalerie, font songer à l'ex-voto de Delphes et au groupe de Dion exécutés par Lysippe. Un Héraclès, à Delphes , était sans doute inspiré par une statue du maître. Nous ne savons rien du Trophonios d'Euthycratès ; mais des quadriges, un cheval, des chiens de chasse, cités avec éloge, témoignent qu'à l'exemple de son père, l'artiste de Sicyone aborde avec succès les figures d'animaux. Pourtant il est loin de réunir toutes les qualités de Lysippe; il lui manque l'élégance et la souplesse; de l'héritage pa-

1. L'historique de la statue a été fait par Conze, Jahib. des arcJi. Insl., I, 1888, p. l-K!. Pour In bibliographie, voir Beschr. der ant. Skvlpturen su Berlin, n" 2. Elle est reproiluite dans Br\mn, Uenlmaeler, n» 28S.

2. Pline, Nal. Ilisl., 34, 06. Des textes suspects (Tatien, wh: Giaecoi, 52, p. 1I-), 53, p. lltl) lui attribuent des portraits de femmes.

teruel, il n'ca recueilli que la sévère tenue de style, le soin impeccable dans l'exécution. Au moins a-t-il le mérite de former des élèves qui continuent la tradition de l'école. Un des plus célèbres est Tisicratès, admirateur passionné de Lysippe, habile à s'assimiler la manière du grand maître '. Les connaisseurs romains goûtaient fort son vieillard thébain, ses portraits de Démétrios et de Peucestès. Xénocratès, qu'on rattachait soit à l'école de Tisicratès, soit à celle d'Eutliycratès, le.s dépassait tous deux par sa fécondité '. Chose curieuse, cet artiste qui étudie à Sicj^one, et qu', à l'exemple des anciens maîtres argiens, compose un traité sur son art , est d'origine attique. C'est le même , sans doute, qui émigré à Pergame, et met son talent au service d'Attale '. Le fait vaut la peine d'être noté, car il nous renseigne dès maintenant sur les origines composites de l'école pergaménienne.

Parmi les autres sculpteurs de l'école de Lysippe, plusieurs, connue Phanis et Thoinias nous sont fort mal connus. Mais le Sicyonien Eutychidès, à la fois peintre et sculpteur, a une physionomie moins effacée \ Ses œuvres étaient recherchées à Rome; parmi les richesses d'art réunies par Asinius Pollion, on admirait son Dionysos et son Eurotas, dont le style, disaient les connaisseurs, était plus coulant que l'eau du fleuve. Mais le chef-d'œuvre auquel il devait sa réputation était une grande statue de brcmze doré représentant la Tyché d'Antioche. La légende avait mêlé à son histoire \m épisode dramatique. Au dire d'un apologiste chrétien, quand Séleucos I Nicator fonda la ville d'Antioche au pied du mont Silpius, en l'année 300, on innnola aux dieux une jeune fille, et l'artiste dut reproduire dans la statue les traits de la victime ■'. Nous avons heureusement sur l'œuvre d'Eutychidès des renseignements plus sérieux que le roman recueilli par l'écrivain byzantin. Un marbre du Vatican nous en a conservé une copie réduite (fig. 253) ", et l'identification est certaine, car sans parler des répliques connues par les petits bronzes, les témoignages numismati-

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