‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 260 sur 380 · Plutarque, Vie d'Antoine, § (JO · texte numérisé non relu

Plutarque, Vie d'Antoine, § (JO

2. Michaelis, Mittheil. Athen,ïl, p. 5 et suivautes. B est fort imuileaujourd'liui de discuter la théorie suivant laquelle l'ex-voto d'Athènes aurait été formé d'une suite de bas-reliefs. Pour la critique de cette opinion, soutenue en particulier par Visconti et Schubart, voir Michaelis, art. cite.

3. Brunn, Annali, 1870, p. 292 et suivantes. Cf. pour la bibliographie, Friederichs-Vrolters, Gipsahglisse, n" 1411. S. Reinach, Rev. arch., 1888, 1889. Pour rhistoire des sept statues trouvées à Rome en 1514, voir Michaelis, Jakrbuch des arch. Inst., 1893, p. 119. Ces statues sont signalées dès 1514 dans une lettre de Filippo Strozzi, et décrites, en 1515, par Claude Bellièvre de Lyon. Pour les reproductions, voir iionumenti iiiediti, IX, pi. 19, 21 ; B.inmeister, Denkmader, p. 1242 et suivantes, et la planche d'ensemble d'Overbeck, Griech. PiastH; II, fig. 189.

Michaelis, JaAriMcA des arch. Inst., 1893, p. 122, fig. 2.

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lauce brisée. Comme la statue de Kaples porte des traces manifestes de retouches, ou eu conclut aisément que le praticien chargé de la restaurer a fait disparaître la figure mutilée de l'enfant. L'Amazone d'Athènes était donc une imitation de « la mère mourante )' d'Épigonos ; le sculpteur avait eu « l'idée d'assimiler une des Amazones à une Gauloise, en tirant parti d'un motif touchant et déjà populaire inventé par son prédécesseur'. »

On restitue sans peine au groupe du combat de Marathon trois des figures conservées. C'est d'abord, au musée de Naples, un Perse mourant ou mort, vctu du costume asiatique, gisant inerte entre son bouclier et son sabre à lame courbe (fig. 262). C'est ensuite, au Vatican, un guerrier nu, coiffé du bonnet perse, et qui, tombé sur un genou, chei'che ù parer le coup de lance d'un Athénien". Enfin le musée d'Aix possède une statue de combattant perse, agenouillé, et se couvrant de son bouclier ^

Avec les quatre statues de Gaulois aujourd'hui connues, on rentre dans un cycle très familier aux sculpteurs de Pergame^. Le musée de Venise en possède trois : un Gaulois barbu, vêtu d'une tunique semblable à Vexomt's grecque, un genou touchant le sol, mais gardant l'épée ù la main dans une attitude de défense; un autre, jeune et imberbe, au type barbare fortement accusé, tombant à la renverse avec des gestes

1. C'est rhypothèse très vraisemblable développée par M. S. Reinach (/Jer. des Études grecques, 1894, p. 43) qui modifie sur ce point les conclusions de M. Michaelis. A la même série appartenait une figure d'Amazone agenouillée, aujourd'hui perdue, et qui faisait partie de la collection de Giac. Paluzzi Albertoni ; elle est dessinée dans le recueil de Cavalerii, III, 43 ; cf. Jalirbuch, 1S93, p. 126, fig. 5. M. Mayer a proposé d'y rattacher encore un groupe du Casino de la YUla Borghèse, représentant une Amazone à cheval combattant contre deux guerriers tombés (^Jahrluch des arcli. I»st., II, 1887, p. 77-85, pi. TU). Mais riiypothésc ne s'appuie sur aucun argument solide. Un petit bronze du British Muséum (^Jahr- 6hcA, 1,1886, p. 86) est sans doute une imitation d'une figure de l'ex-voto.

2. Mo», ined., IX, pi. 21,6, Helbig-Toutam, I,u" 38 j. S. Keiuach (Tffc. arc/i., XIII, 1889, p. 14, note 8), y reconnaît sans grande vraisemblance un guenier allié des Amazones.

3. 0. Benndorf, ilUtheil. Athen, I, 1886, p. 167, pi. VII. Acquise à Rome par le cardinal de Polignac pendant son ambassade (172,ï-1732), la statue a été restaurée par le sculpteur fr.mçais Adam et a fait partie de sa collection.

i.Mon. i»edili,lX, pi. 18-19. Dans l'article cité plus haut, M. Benndorf propose d'y joindre deux statues de la collection Torlonia, à Rome, dont l'une est gravée dans Chirac, Mus. de Sculpt., t. T, pi. 854 C, n'>2211 c), et dont l'autre porte la signature du copiste Philoumenos (Lœwy, fnschr. gr. Bildli., n» 381). Cf. S. Reinach, Rev. arcli., 1889, p. 14, qui attribue au même groupe une statue du jardin Torrigiani h Florence. Sign.alon3 encore deux petits bronzes du British Muséum (Wolters, Jahrbuch. 1, 1386, p. 85). L'un d'eux est une réplique d'une figure connue ; l'autre dérive probablement d'une statue perdue.

plus compliqués qu'heureux; un troisième enfin étendu mort, une ceinture serrée autour des reins, les attaches du bouclier encore passées

:uO. — Itu.UiL i-i

lAîtaie lilusi-e de Naples;.

Fig. -JCl. — Amazone. Figure de l'es-Toto d'Attale (ilusée de N.iples).

au bras gauche. Au musée de Naples, un Gaulois casqué, blessé au flanc, et se soulevant péniblement sur un bras, est une adaptation évi-

dente du sujet traite- par Epigonos dans sou ■< sonneur de trompe '. » C'est au musée du Louvre que se trouve une des meilleures figures de la série (fig. 203) ". Ce jeune Galate au visage farouche, si menaçant malgré ses deux blessures d'où ruisselle le sang, est d'une exécution vigoureuse et d'un beau mouvement. On retrouve là quelque chose des mérites de style qui recommandent le groupe Ludovisi.

Pourtant, prises dans leur ensemble, les copies del'ex-voto d'Athènes

Fig. 20.', — Perse. Figure de l'ex-voto d'Attale (Jlusée de Xaples).

nous révèlent des œuvres très inférieures aux répliques connues du grand monument pergaménien. Le style est plus sec, et plus maigre. Il y a, dans les attitudes, des redites évidentes, ainsi qu'on peut s'en assurer en comparant nos deux figures 260 et 26L Certains mouvements sont d'une comjîlication laborieusement cherchée. A coup sûr, les statues offertes par Attale aux Athéuiens n'étaient pas, comme on l'a parfois supposé, des copies réduites reproduisant les groupes du monument

1. .Voii. ined., IX, pi. 20, 4. Il n'est pas sûr que la tête appartienne à la statue. 'Wolters, JiiAriuc/i, I, 1886, p. 85. Cf. sur cette 6gure, W. Malmberg, ibid., I, p. 213.

2. S. Reinach, Bull, de corresp. lullcn., XIII, 1889, p. 123, pi. I. Malgré les objections de l'auteur, le restaurateur de la statue nous semble avoir vu juste en plaçant dans la main droite une épée, et au bras gauche les attaclies d'un bouclier.

LES ECOLKS ASIATIQUES. PEUGAME. 511

triomphal; c'étaient bien des originaux, traliissaut parfois çà et là des réminiscences, témoin l'Amazone mourante. Mais h quel artiste les attribuer? La date de la dédicace, sans doute postérieure k 200, nous défend de prononcer le nom d'Epigonos, sa carrière ne pouvant se ])ro-

Fig. 2G3. — Gaulois blessé. Statue en marbre (Musée du Louvre).

longer aussi tard. Il faut y voir l'œuvre de sculpteurs plus jeunes, mais doués d'un moindre talent.

Dans le passage déjà cité, Pline mentionne expressément, à côté des monuments d'Attale, des ex-voto de victoires exécutés pour Eumèue. S'agit-il d'Eumène II, et les artistes pergaméuiens du second siècle ajoutent-ils de nouvelles oeuvres à ce qu'on a appelé justement « le cycle des sculptures galatiques? » Il est permis de le croire. Une

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grande base, trouvée à Délos, porte une dédicace métrique, faisant allusion à la victoire que remporte sur les Galates, en 180, le frère d'î^umène II, Philétairos '. Cette base supportait sans aucun doute des statues signées par Nikératos (Xtjcrpz-o'j iy.y.y.-y. è'pya), et dédiées par un personnage inconnu, Sosicratès. Or, en 1882, les fouilles poursuivies à

Fig. 2C4. — Guerrier combattant. Statue trouvée à Délcs ( Musée central à Athènes).

Délos par M. S. Reinacli ont fait découvrir une statue de marbre, malheureusement incomplète, car la partie .supérieure, taillée dans un bloc différent, n'a pu être retrouvée ". C'est un combattant, tombé sur un genou, et dont l'attitude rappelle celle du Gaulois du Louvre (fig. 264) ". Près de lui est un casque, dont on pourrait retrouver la forme

1. Homolle, ,Von. ^lec», 1879, p. 44. Loewy, Inschr. ç/r. Bilrlh.,n'> 147.

2. S. Reinach, Bull, de correip. hellén., 1881 p. 17fl, et 1889, p. 112, pi. II. La statue est conservée au musée central d'Athènes ; Cavvadias, Catalogue, n" i47.

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dans les armes sculptées sur les trophées de Pergame. Est-ce im Galate se défendant contre un cavalier grec, et possédons-nous là une des figures du groui)e exécuté par Nikératos? A l'appui de cette hypothèse, M. Wolters a fait valoir des arguments très plausibles ', et nous voyons volontiers dans la statue de Délos une œuvre jjergaménienne, contemporaine d'Eumène II. S'il vn est ainsi, les qualités de style, le rendu savoureux et plein de la nnisculature, tendraient î\ prouver que les sculpteurs de la jeune école sont :\ la hauteur de leurs aînés. Nous allons en trouv-r une preuve plus décisive dans la sculpture monumentale.

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