Scbreiber, HcUeii. JJeUefbihkr, pi. LXXIX
576 LAIîT HELLENISTIQUE.
relief de l\Imiicli a \>v\s sur nature la petite scrue champêtre qu'il raconte avec bonne humeur : %.297) ' .Un vieux paysan, tout courbé, portant sur l'épaule un lièvre au bout d'un bâton, et chargé d'une corbeille de fruits, se rend au marché de la ville prochaine : il pousse devant lui sa vache, qui s'avance indolemment, sans se préoccuper du couple de moutons attachés par les pattes qu'elle porte sur son dos. Ce serait la réalité la plus terre à terre, si le paysage du fond, un édicule à demi ruiné, une porte abandonnée, obstruée par le tronc vigoureux d'un figuier, ne donnait à la scène une saveur romantique où perce le goût alexandrin". Quelquefois les personnages humains disparaissent. L'artiste les oublie pour déployer à l'aise son talent d'animalier. L'art alexandrin n'a rien produit de plus achevé en ce genre que deux basreliefs du musée de Vienne, autrefois conservés à Venise, au palais Grimani ^. Dans un de ces tableaux, une grotte rocaille, au-dessus de laquelle se tordent les branches d'un platane, donne asile à une lionne poursuivie par des chasseurs ; c'est une merveille de vérité que cette bête rugissante, repliée sur elle-même pour défendre ses lionceaux (fig. 298). L'autre tableau montre une paisible bergerie, une brebis allaitant son agneau. Le berger n'est pas loin, car on voit, accrochée aux branches d'un chêne, la pièce d'étoffe nouée aux quatre coins où il a serré des fruits, et son chien flâne â la porte de la cabane qui profile sur le fond ses assises de pierre et sou toit de planches (fig. 299). Travaillés comme les plus fines ciselures, avec une remarquable virtuosité dans le rendu des feuillages, ces petits tableaux ont longtemps dérouté la critique. S'étonnera-t-on qu'ils aient été signalés autrefois comme « deux beaux bas-reliefs du seizième siècle' )>'?
Paysages, fabriques, scènes de genre, scènes d'histoire, voilà bien tous les éléments du style pittoresque. Chose curieuse, l'art alexan-
1. Brunn, Beschr. der Gli/ptothel-, n" SOi. Schreibor, l'ftiV., pi. LXXX.
2. La même mise en scène pittoresque, avec des édifices abandonnés envahis par des .irbres, se retrouve dans un bas-relief du Palais des Conservateurs au Capitole; Sclireibcr, pi. XII; Helbig-Toutain, 1, n"> 571. Pour les rapprochements avec la peinture, voir Helbig, l'ntersticltuiigen ueber die Campa nische Wandmalerei, p. 291 et suivantes. Woermann, Die Landscha/t in der Kiinst der allen Vvlter. p. 298.
3. Schreiber, Die Wiener Brunnenrelie/s, planches en héliogravure; cf. UelleniiC. Helie/bilder, pi. I, II. Ces bas-reliefs, déjà décrits par Diitschke {Antilen Bildw. in Oberitalien,n'" 388-389), semblent avoir décoré les faces d'un réservoir d'eau. Cf. S. Reinach, Gaz. des Beaux-Arts, 1892, I, p. 473.