Cf. Schreiber, Brunnenrelle/s, p
r,ES BAR-RELIEFS PITTOU ES'jT'ES. 577
drin est bien en cela le piécuiseur de l'ait de la Renaissance. Quand Ghiberti encadre dans des fonds de paysage et d'architecture des scènes de l'Ancien Testament, il s'attaque î\ un genre dont les Alexandrins avaient trouvé la formule; on surprendrait plus d'une analogie
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Fig. 298. — Lionne et lionceaux. Bas-relief (Collection royale devienne). Haut. 0°',04.
entre les « bas-reliefs de cal)inet )^ et les reliefs de bronze de Riccio, ou lesdélicats médaillons d'Antonio Rossellino. Si, restant dans le domaine de l'art antique, nous mesurons la portée de cette évolution, il nous faut reconnaître qu'elle est considérable ; elle annonce et prépare le style qui }>révaudra à l'époque gréco-romaine dans les grands bas-re-
SCCLPTCIÎE GRECQUE. — T. II. 73
liefs liistoriqiies '. Nous savons en effet avec quelle facilité l'usage de ces tableaux de uaarbre se répand à Rome. Dès l'année 48 avant notre ère, un chevalier, Maniurra, donne l'exemple et adopte la mode
Fig. 299. — Brebis allaitaut son agneau. Bas-relief (Collection royale de Vienne'. liant. ()"<,'.):>.
alexandrinc, en décorant de bas-reliefs son palais du Caelius. Il a de nombreux imitateurs. On ne s'étonne pas tle rencontrer, dans les collections romaines, i)lusieurs réplitpies d'un même sujet qui avait
1. M.Sclirciber (Brminenre!ie/s,p. .17) a réfuté la théorie de Philippi, snivant laquelle le style pittoresquc serait d'invention romaine, et aurait pris naissance dans le b-is-relief triomphal. Philippi. l'elvr die roem. Triumphuirelie/s. Abhandl. <lfrK. Sfichs. (Itselhrhaji iler M'iisensch., 1872. p. 243.
LES BAS-KKLIEFS l' lïToRESy U ES. .',79
la vogue, ut ([Uu It'S copistes rrproi luisaient pour satisfaire les goûts d'une riche clientèle. Ou peut même attriliuer au premier siècle de l'empire les reliefs de luxe ou de cabinet dont les fonds surchargés de fabriques, de perspectives architecturales, rappellent de si {très les vues pittoresques des peintures campam'enues. Dès lors nous voyons fort bien l'origine des conventions que l'art romain appliquera au bas-relief historique. Lorsque les sculpteurs romains emprunteront au style pictural toutes ses ressources, pour retracer en bas-relief les grandes pages de l'histoire impériale, lorsqu'ils chargeront leurs fonds de monuments vus en perspectives, d'arbres, de figures massées au second plan, ils ne feront qu'amplifier et transporter au grand jour de la sculpture monumentale les conventions du bas-relief hellénistique. L'évolution de style commencée par les artistes alexandrins inaugure un jirincipe tout nouveau. En supprimant les limites si longtemps maintenues par l'art grec entre la plastique et la peinture, elle affranchit le bas-relief des règles étroites que lui imposait une longue tradition, et lui permet des audaces que l'art classique n'avait pas connues.