‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 298 sur 380 · LES CARACTÈRES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

LES CARACTÈRES GÉNÉRAUX

peinture, lorsque, dans une œuvre plastique, on retrouve un sujet traité par les sculpteurs de sarcopliages, et par les peintres des maisons pompéiennes. On sait en effet que la peinture alexandriue a été le répertoire sur lequel a vécu l'art décoratif de l'époque impériale. Il est permis d'appliquer cette théorie i\ la statue du Vatican ipii montre Ariadne endormie sur un rocher (fig. 305) '. C'est une copie soignée d'un original grec du troisième siècle. Or, la même figure re])araît dans les peintures campaniennes où figin-e Dionysos contemplant Ariadne endormie ■. Conclure :\ un original commun, qui serait un tableau alexandrin, c'est là une conjecture fort admissible. Nous voyons ainsi comment, forcés souvent de produire vite, les sculpteurs hellénistiques ont plus d'une fois mis à profit les créations de la peinture , et transformé en statue telle figure détachée d'un tableau.

L'influence de la peinture explique aussi de curieuses conceptions, où la plastique réalise comme une fusion intime entre la forme humaine et des attributs empruntés au règne végétal ou animal. Cette recherche de nouveauté s'exerce surtout sur les types de divinités marines. Dans cet ordre de sujets, l'art grec a de tout temps soudé la forme humaine avec des organismes d'êtres marins; mais ces éléments restaient distincts. L'art hellénistique va beaucoup plus loin. Voyez, par exemple, ce buste colossal d'un dieu marin, conservé au Vatican (fig. 306) '^ C'est la personnification de quelque région maritime, d'un golfe aux rivages fertiles ; la tête est couronnée de grappes de raisin et de pam-

Fig. 304. — Tète d'une Ériunye endormie. Marbre (Rome. Musée Boncompagni).

Page 1