I,RS CARACTERES GENERAUX
de Nicandre et de Partliénios, et si goûtés à Kome par les lecteurs d'Ovide. Montrer la transformation instantanée d'un organisme, la métamorphose d'un corps humain en arbre ou en animal, voilà certes un problème ardu, et bien t'ait pour tenter l'ingéniosité d'un sculpteur. Les artistes hellénistiques l'ont aliordé quelquefois. Dans un curieux marbre de Florence on voit s'accomplir la métamorphose de Daphné (fig. 308) '. Le corps de la jeune femme s'allonge et s'étire; une frondaison de laurier court sur les jambes et sur les cuisses. Le sculpteur a essayé de fixer l'insaisissable, et l'audacieuse statue du Bernin, la Daphné de la villa Albani, se trouve avoir un prototype hellénistique. On reconnaît facilement une inspiration analogue dans le groupe de Londres oii Dionysos s'appuie contre un cep de vigne d'où jaillit une figure humaine : c'est Ambrosia, la personnification de la vigne ". Assurément, c'est là une veine un peu mince, et l'art hellénistique n'a pu l'exploiter largement. Mais ces exceptions mômes ne sont-elles
pas instructives, en nous révélant jusqu'oii peut aller la curiosité d'un art en quête de nouveauté?
Naturalisme et réalisme. Si l'on remonte le cours de l'histoire de l'art grec, on s'aperçoit que le naturalisme, c'est-à-dire la recherche de la vérité dans la forme, s'y manifeste dès les origines. L'archaïsme y a trouvé de puissants éléments de progrès. Mais on voit poindre en même temps la préoccuiiation de s'élever à des conceptions plus générales. Au cinquième siècle, le rôle des grands maîtres a été de sou-
Bnste colossal d'un dieu de la mer. Marbre (Kome, Vatican).