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Âncient marhks, III, pi. II

590 L'AlîT HELLÉNISTIQUE.

mettre le iiaturnlisiiie à des règles impérieuses, et de le suliordonuer î\ cette liante généralisation qui fait la beauté su[)érieure de l'œuvre d'art. On sait coiiniient Lysippe liât en brèche la tradition classique, et fait prévaloir des principes de lilierté. Il est bien le vrai précurseur du naturalisme hellénistique. Avec lui, l'art s'engage avec décision

Fig. 31.17. — Tite liun Ct.'ut;ime mariu. .Marbre (Uome. Vatican).

dans la recherche minutieuse et réaliste de la vérité; il la poursuit dans la structure du corps, dans le rendu de la nnisculature, et jusque dans le détail anatomique. Nous avons vn avec quelle virtuosité les sculpteurs de Pergamc traitent le lui, et quelle science parfois intempérante de la forme humaine s'étale dans leurs œuvres. L'art hellénistique semble prendre plaisir i\ résoudre des problèmes d'attitude fort conq)liqués, où il donne la mesure de son haliileté. Rien de plus caractéristi(pie A cet égard (pie le groupe célèl)re des

I,ES CAUAt'TÈIJKS G ÉXKl! AU X. 591

deux lutteurs, exposé aux C/)h:i daua la salle de la Tribune (fig. 300) '. La vérité des niouveinents, le luddelé si poussé du uu, déiiott-nt une science extraordinaire du corps humain; ce morceau, où l'artiste a accumulé les diflicultés, est la manifestation la plus brillante de la statuaire athlétique. On peut le citer comme un témoignage décisif de l'évolution naturaliste, au début du troisième siècle.

Pourtant les lutteurs de Florence rentrent encore, à certains égards, dans la série des types généralisés. 8'agit-il de caractériser un type particulier? Le naturalisme tourne au réalisme ; il s'arrête aux accidents de la forme individuelle, et trouve dans l'observation de la réalité la plus terre à terre des moyens d'expression hardis, souvent très puissauts. Examinez à ce point de vue l'admirable statue du Faune Barberini, conservée à Munich ' (fig. 310). Uu Satyre rustique, dompté par l'ivresse et endormi sur un rocher, voilà le thème traité par le sculpteur. Il a certainement pris sur le vif la pose lâchée des jambes écartées , du bras gauche qui pend inerte, sillonné de veines, de la tête alourdie tombant sur une épaule.

Le visage est d'une vulgarité brutale : lèvres épaisses , pommettes saillantes , nez court et aplati ; véritable type de jeune rustre. Mais il respire la vie, et les lèvres entr'ouvertes du

Fig. 30!<. — DaiibuO c'nauLr.e en k Dite la Daphné Borgbuse.

Marbre (Florence).

1. Friederichs-Wolters, n" 14^6. Diitschke, Ant. Mannorbildn: dcr Ufjizicn, 547. Sur la restauration des têtes, voir Botho Graef, Jahib. des arch. Inst., X, 189, 4 p. 119-12G.

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