I. L-s Mimes d' llàowlus, Mime IV, trad. Dalmejda
•-'. Munich, Brunn, lieschr. der Gli/plulliek, n» 140. — Louvre, Clarac, pi. iM, G»!. — Capitole, Hclbig-Toutain, I, n" 518.
LKS CARACTKIÎKS fiKNERArX.
œuvre : c'est un sciil|)teur d'Asie Mineure, Boetlios do Clialccdon, renommé comme toreuticieu et comme ciseleur, et dont on voyait <\ Olympie une œuvre célèbre, un enfant nu, en bronze doré'. Les rapports tantôt amicaux, et tantôt hostiles, d'un l)and)in et d'un oiseau de basse-cour, voilA un thème qui prête k mille fantaisies. La sculpture de genre l'exploite JTisqu'ù l'épniser. Ici l'enCanf serre contre lui avec tendresse l'oie familière, compagne de ses jeux ; ailleurs, assis sur elle, il jouit de son triomphe.
Mais il faut compter avec les révoltes de la victime, témoin mie amusante tigurine d'argent trouvée à Alexandrie (fig. 320)-. L'enfant se repent d'avoir pris avec un canard trop de liberté, car l'oiseau récalcitrant a happé du bec l'oreille du bambin, et manifeste son indépendance en mordant vigoureusement son persécuteur.
Les amusements de l'enfant, ses caprices, F.g ses déboires comiques ,
ses petites colères, sollicitent aussi bien l'attention des coroplastes que celle des sculpteurs. Le type dn ptttfu est un de ceux que traite
1. Yoii- sur Boëthos, Bruiin, GriecJi. Kihisller, I, p. 500, et Sitr.ungsh. ikr biii/ei: AJ:nd., 1880, p. 481 et suiy. Boëthos est un maître (lu troisième siècle, et n'a rien de commuu avec un artiste du même nom dont une signature a été retrouvée i Délos. (HomoUe, ^fon. grecs, 187'.i, Bull, de corresp. helléii., 1871), p. 363,Loewy, Insckr.gr. Dildli., n» 210). L'enfant étr.inglant l'oie est mentionné par Pline, Xat. Illst., 21, 84. Cf. sur les travaux de toreutique de Boëthos, Pline, 3.1, 155, Cicéron, in Verrem, IV, 14, 32. On citait de lui une Athéna, à Lindos (Pline, 33, 155) et un naiSiov £7tî-;(pui70v yjp/ôv à Olympie. Pausanias, Y, 17, 4. Sur cette dernière œuvre, voir Purgold, Arch. Aiifsactze E. Ciirtius geiridmet, p. 227.
2. E. A. Gardner, Jotirnal of Hellen. f!lud!e.i, VI, 1885, pi. A, p. 1-1.5.
Marbre (Municli, (ilypp.tii
G04 L'ART HELLENISTIQT'E.
avec le ])lus de faveur l'art hellénistique. L'a-t-il vraiment créé, comme on l'a souvent affirmé? En publiant une tête d'enfant, peut-être d'Eros, trouvée à Paplios dans l'île de Chypre, M. E. A. Gardner a protesté contre cette assertion, et invoqué le témoignage de ce marbre qu'il attribue i\ un artiste du quatrième siècle (fig. 321)'. N'est-ce pas placer bien haut l'exécution de cette jolie tête d'enfant rieur, qui a bien une saveur hellénistique? Cequi reste vrai, c'est que l'enfant a déjàconquis sa place dans la sculpture avant l'époque des successeurs d'Alexandre , comme il a bien souvent tenté le pinceau des peintres de vases attiques '. Qu'on se rappelle la stèle de La Haye reproduite plus haut (fig. 74) ; le Ploutos enfant de Képhisodote, le Dionysos de Praxitèle ; (|h'oii y ajoute an exemple encore plusproi>aiit, feluidela tête d'enfant sculptée sur une stèle funéraire d'Argos''; on n'hésitera pas à admettre que l'art classique avait connu la représentation de l'enfance. L'art hellénistique y introduit seulement plus de naturalisme; il la traite avec plus d'amour, plus de curiosité, et prend plaisir à étudier pour lui-même le type de l'enfont, avec ses formes rondes et potelées. Kn un mot, là comme ailleurs, il recherche la vérité. A ce point de vue, TiMifaiit à l'oie de Boëthos peut rivaliser avec \espiitfi de Donatello.
Le même réalisme prévaut dans les représentations d'animaux. Ici la voie était déjà frayée par les <c animaliers » du cinquième et du quatrième siècle, et l'on sait déjà que Lysippe excellait dans ce genre, ilais la décoration des parcs et des jardins offre aux artistes hellénis-
1. K. A. G.-inlncr, yuiiriin/ of ffellen. SliidUs, IX, 1888, pi. X, p. 21S. Cf. S. Rein.icli, Cn:. df> Benii.r- Arh, 18!)0, II, p. 430, 431.
2. Voir, sur lea types d'enfants d.ina la céramique attiqnc, les exemples cité-i i>ni- Vmû Gii\iiil, l'ÉducatiiiH athéniennt, p. 38.
3. E. A. Gardner, Juiirniil i,f IM'fi,. 5(«./;«, XI, l.'OO, p. lOO-lOS.
"»l.'l' l'Illlt 'IlifiBl,
lig. 320. — L'enfant au canard.
Statuette d'argent,
trouvée à Alexandrie (British ifusenni)
LES CARAf'TÈRES GÉNÉKAFX. 605
tiques bien des occasions de multiplier les types d'animaux, traités pour eux-mêmes, comme des sujets décoratifs, et observés dans toute la vérité de leurs formes et de leurs mouvements. Le beau bélier de bronze du Musée de Palerme, le sanglier assis conservé à Florence', sont des œuvres de maîtrise, et font honneur au style précis des « animaliers » postérieurs à Lysippe. Hésiterait-on à reconnaître la copie d'un original hellénistique dans cette tête de chèvre si vivante, si curieusement réaliste (fig. 322)"?
Combien de fois les copistes grécoromains n'ont-ils pas dfi s'adresser à des modèles grecs , pour décorer de figures d'animanx les jardins des riches villas italiennes?
Dans cette revue sommaire des thèmes familiers ù l'art hellénistique, nous avons surtout cherché à ne rien omettre d'essentiel. Si incomplète qn'elle soit, elle n'en laisse pas moins, semble-t-il, l'idée d'un art très libre, très varié, ù la fuis savant et inventif, dominé par le désir inquiet de se renouveler. Son „. „.„ t,., ,.,,,,, ... , „
T Fig. 321. — Tête d enfant. (Biiti-sli Muséum).
horizon est très large. Depuis les
grandes compositions décoratives de l'autel de Pergame, jusqu'aux figures de genre, il a exploité tout le domaine de la plastique ; il s'est attacjué à tous les problèmes que peut suggérer l'étude de la nature vivante ; il a connu des préoccupations qui s'imposent encore aujourd'hui à notre sculpture contemporaine, et l'on peut se demander, si de toutes les formes d'art qui sollicitent la curiosité de l'esprit moderne, il en est une seule dont l'art hellénistique n'ait pas au moins entrevu le principe.
Vers le milieu du second siècle avant notre ère, l'art grec a achevé