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LA RENAISSANCE G RÉm. ROMAINE. 609
ils sont àéjk maîtres de l'Italie du sud, où les colonies grecques ont formé de puissants foyers d'hellénisme; ils ont déjà ouvert les yeux aux eliefs-d'reuvre de l'art liellénique. La prise et le pillage de Syracuse par Marcellus (212 avant J.-C.) ont fait aftluer à Rome de riches dépouilles; c'était la première fois, dit Tite-Live, qu'on pouvait admirer les productions de la Grèce ; on venait visiter avec curiosité, près de la porte Capène, le temple de l'Honneur et de la Vertu, où était accumulée la plus grande partie du butin '. Deux ans plus tard (210) les pontifes sont chargés de feire un choix parmi les statues prises à Capoue. En 200, Fabius Maximus pille Tarente, et apporte à Rome l'Héraclès de Lysippe. Pourtant, à cette date, la culture grecque reste encore à Rome le privilège d'une élite ; les patriciens seuls s'y laissent gagner, et Scipion l'Africain, élevé par des maîtres grecs, épris d'hellénisme , représente bien cette aristocratie lettrée , déjà conquise par une civilisation raffinée '. Par préjugé, par étroitesse d'esprit, par attachement aux idées conservatrices, le parti des vieux Romains reste en déiiance. Caton est le type de ces adversaires obstinés de la culture grecque. On connaît la lettre où, écrivant à son fils, il le met en garde contre les Grecs : « C'est une race perverse et indocile. Croyez qu'un oracle vous parle quand je vous dis : toutes les fois que cette nation apportera ses connaissances, elle corrompra tout. ))^Et cependant l'austère censeur convient de mauvaise grâce qu'il y a à Athènes « certaines choses exquises ». Le moment est proche où le contact direct avec la Grèce dissipera ces méfiances, et où Rome subira le charme vainqueur de l'esprit hellénique.
On l'a dit justement : « C'est par des voies tout extérieures, et sans aucun effort personnel, que les Romains virent pénétrer l'art grec dans leur civilisation ''. » C'est la guerre qui l'y amena; il y fit son entrée sur les chariots qui escortaient les triomphateurs. Au second siècle avant notre ère, les victoires romaines en Grèce sont célébrées par une série de triomphes, où des statues de marbre et de bronze défilent