Pline, Nat. Hist
4. Mommsen, Marquardt et Kriiger, Manuel îles nntitfi'tli's romaines. La rie pririe, trad. de Victor Henry, t. II, p. 258.
SCULrTDRE GRECQUE. — T. II. ' 77
SOUS les yeux du peuple romain, avec des tableaux, des tapisseries, des pièces d'orfèvrerie, des coffres remplis de belles monnaies grecques '. En 19-i, le triomphe de T. Quinctius Flamininus, le vainqueur de Cynoscéphales, montre aux Romains des statues enlevées à la collection des rois de Macédoine, et dans le nombre, des œuvres de Lysippe. En 187, celui de M. Fulvius Nobilior est très brillant. A côté des catapultes et des balistes otoliennes, on admire les œuvres d'art prises à Ambracie, la capitale de Pyrrhus; les plus belles, en particulier des statues de Muses, vont orner le temple de V Hercules Musanim, élevé par le vainqueur ". En 167 a lieu le triomphe de Paul-Emile, après la victoire de Pydna, qui met fin ù l'existence du royaume macédonien. Le butin fait à Amphipolis défile pendant trois jours. Parmi les statues, les plus belles qu'on eût encore vues à Rome, figurait une Athéna de bronze de Phidias, qui prit place devant le temple de la Fortuua Imiusce diei. Un triomphe qui fait époque, parce qu'il contribue très directement à l'introduction de l'art grec à Rome, c'est celui de Métellus, après la courte et facile campagne où il ré[)rime en Macédoine le soulèvement provoqué par Andriscos (146). Métellus ne se borne pas à transporter à Rome des statues célèbres, comme les vingt-cinq cavaliers de bronze exécutés par Lysippe; il met encore à l'œuvre des artistes grecs. Il fait élever par l'architecte Hermodoros, autour de deux temples dédiés à Jupiter et à Junon, un grand portique de marbre, premier exemple donné k Rome de l'emploi de matériaux aussi riches. Pour la décoration du temple, il fait appel à des sculpteurs athéniens, Polyclès, Dionysios, Timarchidès. Cette fois, il ne s'agit plus seulement d'œuvres d'art exhibées à Rome, pêle-mêle avec d'antres dépouilles; ce sont des artistes qui apportent en Italie les traditions du style grec, et inaugurent véritablement le mouvement de renaissance. Enfin, avec le triomphe de Mummius sur l'Achaïe, l'année suivante (145), Rome s'enrichit de chefs-d'œuvre enlevés à Corinthe et aux villes de la vieille Grèce : le Poséidon istlnnique, la statue de Philippe prise à Thespies,
1. Voir sur ces triomphes, L. Urlichs, Grkchische Statuen im republilaiiischeii Hom , Wurzbourg,
2. Cf. Kliigmanii, Uercuîes jl/iMaf«m dans les Commentationes philologœ in lionorem Th. Mommseni, p. 202. Des bases de statues, avec la dédicace de Fulvius Nobilior, ont étù retrouvées. Corpus inscr. lai., 6. 1807. Cf. Urliclis, Griech. Statue», p. 9.