LA SCULPTURE EN ATTIQUE. C
c'est l'Atliènes romaine qui apparaît, ville cosmopolite, peuplée d'étrangers, attirant i)ar la renommée de ses écoles l'élite de la jeunesse de Rome; cité toujours fière de son passé glorieux, et recevant, comme un hommage légitime, les libéralités de ses vainqueurs.
Au début de l'Empire, la physionomie de la ville s'est déjil modifiée. Le commerce d'Athènes s'est déplacé ; il a reflué vers le marché neuf, bordé (le portiques, auquel donne accès une porte monumentale surmontée de la statue de Lucius César, et élevée aux frais de Jules César et d'Auguste ', C'est dans ce quartier que se sont groupées, au premier siècle avant notre ère, beaucoup de constructions nouvelles ; c'est là que nous trouvons, encore en place, un édifice qui nous a conservé d'importants spécimens de la sculpture monumentale ; nous voulons parler de l'horloge hydraulique, élevée par un Syrien, Andronikos de Kyrrhos, et connue aujourd'hui sous le nom de Tour des Vents. Il faut sans doute placer après la guerre de Mithridate, mais certainement avant l'année 35 ^, la construction de cette tour octogone, bâtie en marbre blanc, et dont chaque face porte, sculptée en relief, la figure d'un des huit vents qui soufflent dans la plaine d'Athènes. Sur la face septentrionale. Borée, barbu, couvert de chauds vêtements, portant d'une main une conque, retenant de l'autre son manteau tendu comme une voile, personnifie la violence du vent du nord (fig. 324) \ En continuant vers l'est, on aperçoit Kaikias, le vent du nord-est, tenant un bouclier d'où tombent des grêlons, et Apéliotès, le vent d'est, apportant des fruits et des fleurs. Euros, le vent de l'orage, s'enveloppe dans son manteau. Le vent du sud, Notos, s'apprête à déverser les torrents de pluie contenus dans une jarre. Lips, le vent du sud-ouest, favorable aux marins, a pour attribut un aphlaste de navire. Le Zéphyre est un jeune garçon, portant dans sa chlamyde une brassée de fleurs. Skiron, le vent desséchant du nord-ouest, tient un vase plein de charbons ardents. Tournées dans la même direction, animées d'un mouvement uniforme, ces figures ailées n'offrent pas un aspect agréable. Le sculpteur n'a su éviter ni la monotonie dans la composition, ni la lourdeur