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LES NÉO-ATTIQL'ES EN ITALIE

Avec les artistes de la famille de Polyclès, appelés par Métellus, l'art grec a pris pied en Italie ; c'est le début d'un mouvement d'immigration qui va entraîner vers Rome des sculpteurs prêts à mettre leur talent au service d'une clientèle nouvelle. Il est naturel que les artistes athéniens soient accueillis avec faveur. Non seulement Athènes jouit, aux yeux des Romains, d'un prestige indiscuté; mais Délos, avec sa riche colonie romaine, pour laquelle travaillent tant de sculpteurs attiques, est comme un trait d'union entre Athènes et la capitale de l'Italie. On est fi'appé de rencontrer à Rome une série importante de sculptures portant la signature d'artistes athéniens avec leur ethnique ; or c'est là une forme de signature que les artistes adoptent lorsqu'ils travaillent hors de leur patrie ou pour l'étranger. On n'en saurait, il est vrai, conclure rigoureusement que tous ces Athéniens ont résidé à Rome; on peut au moins admettre que leurs œuvres sont recherchées en Italie, et que Rome offre pour leurs productions un marché bien achalandé. Les signatures indiquent en général la date du premier siècle avant notre ère. Entre ces artistes, et ceux que nous avons vus plus haut exercer leur activité à Athènes ou à Délos, il y a donc des liens d'école fort étroits. Comme Euboulidès et les sculpteurs de la famille de Polyclès, ils sont les ouvriers de la renaissance classique, et le nom de « néoattiques », sous lequel on les désigne d'habitude, se justifie par le zèle qu'ils apportent à copier ou à interpréter les modèles des anciennes écoles.

Parmi ces néo-.attiques, dont les œuvres ont été retrouvées à Rome, le premier qui ait droit à notre attention est Apollonios, fils de Nestor, Atliéuieii. Son nom se lit sur un marbre célèbre, consacré par

l'admiration de Michel- Ange ; nous voulons parler du Torso conservé au Belvédère du Vatican (fig. 332) '. On a longtemps accepté la tradition erronée d'après laquelle le Torso aurait été trouvé au temps de Jules II, près du théâtre de Pompée.

Des travaux récents en ont démontré l'inexactitude ". Tout ce qu'on sait de l'histoire du Torso, c'est qu'il avait appartenu aux Colonna, et qu'il fut transporté au Belvédère sous le pontificat de Clément VII (1529- 1534:). En 1536, il n'était pas depuis longtemps dans la collec- Le i\.itc au i;dv.,., .^ , ..,...,,, \ .lu.aig. tiou poutificalc, car un

1. Voir, pour riascription, Loewy, /nscAr. ji-ieci. BUdh^n." 343, La forme des lettres semble indiquer la fin de la république. Il n'est pas prouvé que cet Apollonios soit le même qui, vers 69 av. J.-C, exécute pour le nouveau temple de Jupiter du Capitule une statue en ivoire du dieu. Chalcidius, in Timaeum, p. 440.

2. Voir Loewy, zur Geachichledes Torso vom Belvédère, Zeitschrifl/iir bildende Kiinst de Liitzow, 188?, p. 74 et suivantes. Cf. Bruno Sauer, Oer Torso von Belcedere, Giessen, 1894, p. 2 et suivantes. Pour la bibliographie ancienne du Torso, voir Loewy, Insclir. ijriech. Bildh., W 343, Helbig-Toutain, I, n° 12ti.

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