LES BAS-RELIEFS NÉO-ATTIQUES
même source ' ; il ne s'est pas fait scrupule d'y introduire, à peine modifiée, ime des plus jolies figures de la frise athénienne, la Victoire qui rattache sa sandale (fig. 53, p. 108), Le Parthénon a aussi été exploité par les néo-attiques. Nous avons signalé, comme un document précieux pour la restitution du fronton oriental, le piiteal de IMadrid dont la frise représente la naissance d'Athéna (iig. 7, p. -IV. Unel)ase
Fig. 33s. — Ménades conduisant un taureau. Bas-relief nOo-attique (Florence, ITn'zi).
triangulaire, trouvée à Athènes, dénonce un emprunt fait à la frise de Phidias ; les Xikés qui décorent deux des faces dérivent en droite ligne des Canéphores de la procession panathénaïque '. Et combien d'originaux perdus ne devine-t-onpasderrière ces adaptations qui nous donnent l'im- ■ pression d'un style artificiel, auquel manque comme un accent de franchise et de personnalité! Un autel de Florence, portant la signature de Cléomènes, montre la scène du sacrifice d'Iphigénie ; or, comme l'a reconnu M. Michaelis, la composition est empruntée à un bas-relief at-
1. Kekulé, Reliefs an der Balustrade der Âthena Kil-e, p. 9 ; Hauser, p. 70, n" 99. ■2. Ammli delV Inst., 1861, pi. G. Hauser, p. G8, n° 08.
GiC, L'AKT GREC A KOME.
tique du cinquième siècle '. Deux bas-reliefs de Lisbonne représentent les quadriges d'Hélios et de Séléné précèdes de coureurs. D'autres répliques de cette même composition, disséminées dans divers musées, attestent l'existence d'un prototype, auquel s'est adressé l'auteur de cette œuvre élégante et froide ; et l'on ne peut que souscrire à l'opinion de M. Homolle qui jjlace au quatrième siècle l'invention du motif original ". Ou pourrait multiplier les exemples ; ceux-ci suffisent, croyons-nous, à nous édifier sur les procédés de composition des néoattiques, à montrer quelle pauvreté d'invention dissimule leur incontestable habileté de main. Leur clientèle romaine s'accommode fort bien de ces adaptations; mais les ateliers attiques établis en Italie n'en ont pas inventé la recette. Les danseuses voilées du théâtre de Dionysos, nous apprennent que ce style d'imitation prend naissance à Athènes, pour fleurir ensuite sur le sol italien.
L'ne série d'oeuvres signées permet d'attribuer aux néo-attiques la diffusion d'un style un peu différent. Il est caractérisé surtout par un curieux procédé de composition. Les figures sont simplement juxtaposées ; elles n'ont aucun lien entre elles; on peut en retrancher, eu ajouter, sans porter atteinte à l'ordonnance purement artificielle de la scène. Le sculpteur mêle sans scrupules le style libre et le style archaïsant ; la répétition fréquente des mêmes figures, dans les monuments de cette série, prouve d'ailleurs avec toute évidence qu'il les emprunte à un répertoire. C'est donc essentiellement un style décoratif, qui se prête à la production rapide, et convient pour l'ornementation des grands vases de marbre, amphores, cratères, rhytons, ou pour celle d'objets divers, tels que les bases de candélabres ouïes supports d'ex-voto '. Nous touchons ici à xm art véritablement industriel. Les monuments signés sont tous des (euvres d'artistes néo-attiques. Le musée de Naples possède un cratère exécuté par l'Athénien Salpion, et orné d'une frise qui représente Hermès apportant aux Nymphes Dionysos entant '. Lu rhyton de marbre, signé par Pontios, appartient aux premiers
1. Michaelis, Eln verlorenes attischeslielief, Iloem. Millheil., VIII, 1893, p. 201.
2. Homolle, Bull, de corretj). Âi«in., XVI, 1802, p. 325, pi. VIII-IX.
3. Pour l'analj-se des formes, voir Hauser, Die neu-attischen Rellf/s, p. 112.
4. Hauser, iliil., p. 8, n° 9. Cf. Loewv, Imchr. gr. Bildli., n° 338.