et, Belot, Mémoire cité
temple de Métellus, atteste qu'il pratique avec succès les procédés de la statuaire chrvsélépliautiiie. Ses œuvres de ciselure étaient célèbres; on admirait les miroirs d'argent qui portaient sa signature '. Les textes nous font voir en lui un sculpteur soigneux et précis, n'exécutant une œuvre qu'après en avoir fait enterre une maquette très poussée, et professant la théorie que la plastique de l'argile {jjlastice] était la mère de la ciselure, de la statuaire et de la sculpture". Aussi les amateurs payaientils fort cher ses modèles en terre {propJasmata). Il failHt être victime de sa scrupuleuse conscience. Un jour que dans un port, où l'on venait de débarquer des animaux d'Afrique, il modelait une étude de lion, une jianthère s'échappa de sa cage, et manqua de le mettre en pièces, Pasitélès est en outre un érudit et un critique d'art; il consacre cinq volumes à décrire les oeuvres d'art les plus célèbres du monde entier. De tous les artistes de son temps, il n'en est aucun sur lequel les témoignages anciens soient plus abondants. La valeur de ses œuvres, la variété de ses aptitudes expliquent sans doute sa réputation; mais peut-être aussi un critique comme Varron prenait-il plaisir à louer im artiste qui était un rivis romanus, et non pas un de ces Grecs besoigneux venus en Italie pour y chercher fortune.
Si nous ne possédons aucune œuvre de lui, nous pouvons au moins apprécier la manière d'un de ses élèves directs. Stéphanos travaille dans la seconde moitié du premier siècle, et exécute pour Asinius Pollion des statues mentionnées par Pline, les Appiadef^ ^ Sa signature nous est conservée par une statue de la villa Albani (tig. 34(») '. Dans l'inscription gravée sur le tronc d'arbre de soutien , il se réclame de son maître et signe : « Stéphanos, élève de Pasitélès, a fait ». Ce marbre, où l'on a voulu reconnaître le style caractéristique de l'école des (( Pasitéliques )> représente un jeune homme debout, la tête ceinte du bandeau des athlètes vainqueurs. Les bras sont restaurés ; mais on
1. Pline, Nat. Hitl., 33, 130. C'était un luxe tout nouveau. On sait que dan.s le trésor de Bosco Reale se trouve un beau miroir d'argent avec la signature de Polygno.s. Héron de Villefosse, Ga r. ile.i Beaux-Ails, 1805,11, p. 89 et sniv. Winter, Arcli. Anzeiger, 1896, p. 76, 6g. 2.