Musies il' Athènes, pi. IG. Cf. tome t, fig
8. Ces répliques sont énumérées par Overbeck, Grieeh. k'uiistmt/lh , III, Apolloii,p. 111. Sur l'Apollon Hazarin, voir un excellent article de M. Holleau.\, Afon. grecs, n°' 10-20, 1891-n2, p. 4.1, fig. 1.
L'ÉCOLE DE PASITÉLÈS.
(fig. 351) nous offrent autant d'adaptations de la même œuvre, sans doute un bronze argien de l'école d'Agélaïdas '. Modifier certains détails d'attitude, changer les attributs, amollir le style, à cela s'est borné
Fig. 3.jl. — L'Apollon Mazarin (Jluséedu Louvre)
le rôle personnel des artistes du premier siècle, en qui ou aurait bien de la peine à voir des maîtres originaux.
I . M. Fuiiwaengler pense à un original attique, œuvre d'un maître élève des Argiens, et propose le nom d'Hégias. Mehterwerkc, p. 78.
6G8 L'AlîT (iHEC A ROME.
Voici im nouvel exemple de ces contaminations, d'où sortent des œuvres d'un style équivoque, d'un caractère mixte, d'une harmonie douteuse. Le musée du Prado à Madrid, possède im groupe qui a fait partie de la collection autrefois conservée au cliâteau royal de San
Fig. 352. — Le groupe de San Ildefonso (Musée de Madrid).
lldefbnso (lig. o52) '. Les attributs sont des restaurations, et l'on ne sait quel nom donner à ces deux jeunes gens debout devant un autel, accostés d'une figure arcliaïsante de Coré. Le sculpteur ne s'est pas fait scrupule d'associer deux types empruntés ù des écoles très diffé-
1. Hiibner, Die aiil. BilJweiU in JhulriJ, p. 73. Fricdcrichs-Wolters, a» ICUS. Bruiin, DeubiMler, II" 308.
L'KCOLK DK PASITÉLIOS. 669
rentes. Le jeuue hoiiinie de droite est une réplique tr^s al't'adie d'un type polyclétéen, saus doute une statue de jeuue athR-te vainqueur. Dans celui de gauelie, vous retrouvez l'altitude caract('risti<[ue de certaines statues praxitéliennes, comme le Sauroctoneet le Satyre accoudé. On saisit là sur le vif les procédés de ces sculpteurs pauvres d'invention, et se sauvant par une certaine lial>ileté dans le pastiche.
En résumé, nous n'avons aucune raison de conserver à l'école de Pasitélès la place privilégiée qu'on a revendiquée pour elle. Nous n'y pouvons reconnaître une école vraiment créatrice, originale, et cherchant dans l'étude des anciens modèles le moyen de revenir à la nature. Stéphanos et ses confrères sont des copistes, d'adroits pasticheurs, mais rien de plus. Il serait également faux de prétendre que cette école se voue exclusivement à l'imitation de la statuaire argienne antérieure à Polyclète. Nous avons vu Ménélaos suivre une tout autre direction. Et si, comme le pense I\I. Hauser, il faut ranger parmi les <( Pasitéliques » le sculpteur Cossutius Cerdo, dont le British Muséum possède deux statues, on aurait peine à découvrir dans sou œuvre des traces de l'ancien style argien. Ces- deux statues, absolument identiques, représentent un jeune Pan, et sont des copies d'un original créé dans l'école de Polyclète'. Les <( Pasitéliques )> ne s'opposent donc pas aux néo-attiques pour former un groupe distinct, ayant ses traditions propres. Ils sont, eux aussi, des éclectiques, et s'ils s'adressent parfois, pour les adapter au goût du temps, aux œuvres sévères de l'archaïsme finissant, il faut en trouver la raison dans les exigences du dilettantisme érudit qui remet en faveur le style des anciennes écoles.
1. Ancienl marhles, II, pi. 33, 13; Bruu, DenhimeUr, u" 47; Louwy, [iischr. ijr. B'ddh., u» 376. C£. Hauser, ouvr. cite, p. 186.
CIIAPITRK III
LES ÉCOLES D'ASIE MINEURE ET L'ALEXANDRINISME J 1. — LES ÉCOLES D'ASIE IIIXEUEE.
Le mouveineut d'art qui remplit le dernier siècle de la république romaine est très complexe. En chercher les manifestations uniquement dans les oeuvres des iiéo-attiques et des « Pasitéliques », ce serait n'en voir qu'un des aspects. A côté des promoteurs de cette renaissance éclectique dont nous venons d'esquisser l'histoire, il y a place pour des artistes restés fidèles aux habitudes du style hellénistique. S'il est impossible de le contester, il est plus difficile de déterminer exactement quelle part revient, dans le développement de la plasti(|ue gréco-romaine, aux différentes écoles qui ont été les principaux centres de l'art hellénique sous les successeurs d'Alexandre. C'est là une question encore ouverte, et dont l'examen exigerait une étude préalable des monuments romains. Sans pénétrer sur un terrain qui n'est plus le nôtre, nous devons nous borner à rechercher quel est, avant l'Empire, l'état de ces écoles, et quelles sont les plus qualiiiées pour représenter ce qu'il y a de vivace et de durable dans la tradition hellénistique.
L'école de Pergame disparaît avec les Attalides; nnus n'avons aucune raison de croire qu'au premier siècle avant notre ère, elle puisse encore participer au développement de l'art. Sans doute elle a laissé des modèles qui seront souvent consultés et imités. Mais nous ne parlons ici que de l'influence exercée par les artistes vivants; or, à la date où nous sommes arrivés, nous ne connaissons pas de représentants attitrés de l'école pergaménienne '. Si l'on veut apprécier à quel
1. Un sculptuur de Pergame qui sigue Mr|Và; AîavTo; ll£pY«l*1''o; ètîoî/.itcv est connu l'ur une ins-
LES ECOLES D'ASIE MINEURE. C7l
poiut s'est caffaiblie en Asie Mineure la tradition crèche par les artistes de Pergame, on comparera ù la frise du grand autel une œuvre grécoromaine qui en offre une imitation évidente. Nous voulons parler de la frise du temple d'Hécate, à Lagina, en Carie '. Elle appartient, suivant toute vraisemblance, k la seconde moitié du premier siècle, et date du temps où l'Hécataion de Lagina, saccagé en 88 par les troupes de Mithridate qui assiégeaient Stratonicée, fut reconstruit après la campagne de Sylla en Asie Mineure. Les sculptures de la face ouest trahissent des réminiscences certaines de la Gigantomachie pergaménienne ; plusieurs figures de dieux et de Géants en dérivent directement. Mais dans cette composition monotone et froide il n'y a plus trace de la verve puissante qui inspirait les sculpteurs des Attalides. A la fin du second siècle avant notre ère, l'école de Rhodes est encore très prospère. Un sculpteur rhodien, Pliiliscos, travaille en 146 pour Métellus ". Le Laocoon appartient au début du premier siècle. L'activité de l'école ne se ralentit qu'après le pillage de la ville par Cassius, en l'année 43. Après cette date, si l'on peut encore relever des noms d'artistes rhodiens, ce sont des noms obscurs, auxquels nous ne nous arrêterons pas ^ Quant aux grandes villes d'Asie Mineure, la production artistique s'y soutient au moins aussi longtemps qu'à Rhodes, sinon plus tard. Ephèse est la patrie d'une famille de sculpteurs, où alternent les noms de Ménophilos et d'Agasias. Comme beaucoup de sculpteurs attiques, leurs contemporains, ces artistes travaillent pour Délos, subissant l'attraction qu'exerce l'île sainte, devenue le centre d'une importante colonie romaine. Vers la fin du second siècle, et au début du suivant, un Agasias, fils de Ménophilos, est établi à Délos, et met son talent au service de la colonie italienne. La date de sa période d'activité est établie par les dédi-
cription de Magnésie du Sipyle (Mylonas. Ucr. de Pliilolaçic, avril-juin 189G). Mais il semble appartenir encore au second siècle.
1. Les sculptures de Lagina sont aujourd'hui conservées au Musée impérial de Constantinople. Plusieurs morceaux de la frise avaient été trouvés par Newton, et par MM. Benndorf et Xiemann. Une série nouvelle a été découverte, en 1891, par MM. Legrand et Charaouard. Les ba.s-reliefs provenant des fouilles de l'École française d'Athènes ont été publiés par M. Chamonard. Bull. Je conesp. hellén., XIX, 1895, p. 235, pi. X-XV.