Helbig-Toutain, Guide, II, n
Ils ont gravé leurs noms sur la plinthe de deux statues en marbre noir, qui se fout pendant au musée du Capitole ; elles étaient certainement
. — Centaure d'Aristéas et l'apias. Statue en marbre noir (Rome. Muslu du Capitole).
placées ainsi dans la villa d'Hadrien, d'où elles proviennent'. l>'un côté, un vieux Centaure, les Inas liés derrière le dos, le torse rejeté en arrière, tourne un visage contracté et douloureux vers son bourreau
1. Helbig-Toutain, Giitje, I, ô]-3, M3. Cf., pour les signatures. Loewy, Imchr. gr. Bildh., n" 369.
L'ALEXANDRINISME. «7!)
qu'il porte eu croupe. Ce l)ourreau, c'est Eres, qui a disparu daus la •statue capitoliue, mais que uous retrouvons dans une réplique du Louvre, assis sur la croupe du Centaure, levant une main vers la tête de sa victime, un bras tendu comme pour brandir un fouet (fig. 355) '. Avec le jeune Centaure, la scène change. L'amorce encore visible d'une figure assise nous apprend que, lui aussi, il sert de monture à un Éros ; mais son cavalier ne lui fait subir aucune torture. Un large rire éclaire son visage de Satyre rustique ; le bras droit levé, il fait joyeusement claquer ses doigts; sa queue fouette l'air, tandis qu'il caracole avec allégresse. A coup sûr, Aristéas et Papias ne sont pour rien dans l'invention de ces deux groupes ; ils n'ont que le mérite d'avoir traduit, avec une vraie minutie de ciseleurs, dans une matière difficile à travailler, le style précis des originaux. Ceux-ci appartiennent sans aucun doute au temps des successeurs d'Alexandre. L'antithèse cherchée par l'artiste a quelque chose de subtil et de raffiné qui trahit le goût hellénistique; l'idée pourrait se ramasser dans une de ces courtes épigrammes qu'aime la poésie alexandrine, et se traduire ainsi : « L'amour, qui torture la vieillesse, est pour la jeunesse un gai compagnon. »
Autant que nous pouvons en juger, les écoles d'Asie Mineure ont perdu toute originalité au début de l'Empire. Elles conservent les traditions d'atelier, et forment des praticiens et des copistes; mais elles n'ont plus cette puissance créatrice qui, à l'époque des Attalides, leur avait assuré une situation privilégiée. Il faut chercher ailleurs le centre toujours actif où l'hellénisme continue à s'épanouir, et reste assez vivace, assez conquérant, pour s'imposer eu maître à la Rome impériale.
— L'ALEXANDRINISME.
Au moment où l'Egypte devient province romaine, en l'an 30 avant notre ère, la civilisation hellénistique y jette tout son éclat. Sous les derniers Ptolémées, Alexandrie est restée le plus puissant foyer d'hellénisme qui soit dans tout le monde grec. La culture httéraire n'a rien perdu de son intensité ; les industries d'art y sont plus prospères que janaais. Il