Pline, Xat. tl\st., Si, lûô
L'histoire des artistes grecs qui remplissent de leur activité le dernier siècle de la République romaine, nous a conduit au terme de notre étude. Nous nous arrêtons au seuil de l'époque impériale. Avec elle commence un art qu'on a appelé l'art « augustéen », art brillant, encore plein de sève, et qu'on a, dans ces derniers temps, défendu avec raison contre les jugements trop sommaires qui le condamnaient comme une décadence '. II ne nous appartient pas d'examiner ici si la réaction n'est pas excessive, et si l'originalité dont on fait honneur au génie romain est aussi évidente qu'on Fa affirmé. Nous avons tout au moins le droit de revendiquer pour l'hellénisme une part très large, dans le dévelop- ])ement de la plastique au temps d'Auguste. Que voyons-nous à Rome à la veille de l'Empii-e? Une civilisation tout imprégnée d'hellénisme, im mouvement d'érudition artistique provoqué par la science grecque, un afflux de chefs-d'œuvre enlevés à la Grèce, une production d'œuvres d'art qui est toute entière entre les mains des Grecs. Sculpteurs néoattiques, faisant revivre de vieilles et glorieuses traditions; artistes éclectiques, habiles à pasticher les anciens styles grecs et à les accommoder au goût du temps; maîtres ou praticiens venus d'Asie Mineure ou d'Alexandrie, et représentant le génie hellénistique, toujours fécond et vivace, voilà les véritables précurseurs de l'art « augustéen ». C'est la culture grecque, et surtout la culture hellénistique, qui a déposé ses ferments dans la Rome de César; toutes les formes de l'art grec y ont pénétré, et s'y sont acclimatées; il semble que les forces vives du génie hellénique s'y concentrent et s'y ramassent, comme pour prendre un nouvel élan. Pourtant il est vrai de dire que l'influence de Rome va intervenir, et présider à la formation d'une sorte de style impérial. Dans sa nouvelle patrie, lart grec ne retrouvera pas l'énergie et l'indépendance qui, sous les successeurs d'Alexandre, inspiraient encore aux sculpteurs de Pergame et de Rhodes tant d'audacieuses créations. Il lui faut compter avec le goût de ses protecteurs, se plier à leurs exigences, subir la règle que lui impose le génie romain, ami de l'ordre et de l'uniformité. L'art c( augustéen » semble bien être le résultat de ces compromis. Il laisse deviner l'action d'une discipline qui coordonne