HomoUe, Bull, de corresp.hellin., 1894, p
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c'est comme nue indication timide du caractère arcliitectural attribué à la statue. Ainsi voilà déjà le principe posé et appliqué. Nous allons voir que les Attiques le développent hardiment, et trouvent pour la Caryatide la formule la plus achevée.
-i:.î. ~ Le portique des Caryatide» i l'Érechtlieion.
Familiarisés comme nous le sommes aujourd'hui avec une conception devenue classique et banale, il nous faut un effort de réflexion pour comprendre avec quelle justesse de sentiment et de goût le sculpteur et l'architecte ont su concilier ici des exigences contradictoires : d'une
part, la nécessité de donner au support une solidité matérielle qui éveille l'idée de force et de résistance ; de l'autre, l'obligation impérieuse de respecter le caractère d'élégance et pour ainsi dire de mollesse propre à la forme féminine. A ce point de vue, le portique des « xopai » est un pur chef-d'œuvre d'art et de raison. Tandis qu'une plinthe carrée, glissée sous les statues, permet de donner au support une hauteur plus grande sans exagérer les proportions, le chapiteau, réduit h une simple échine encore évidée par les creux des oves, pose sur un coussinet qui semble en amortir le poids. L'entablement luimême est très allégé, et le fardeau pèse peu à ces jeunes filles qui, droites et immobiles, une jambe légèrement fléchie, font songer à des Canéphores des Panathénées, faisant halte à quelque arrêt du cortège. Ce détail d'attitude si juste ne détermine pas seulement une ligne heureusement Tompue, qui assouplit la raideur de la pose ; l'artiste en a tiré le plus ingénieux parti pour satisfaire l'esprit qui calcule d'instinct la force de résistance du support. Des six Caryatides, trois, celles de droite, fléchissent la jambe droite ; le poids du corps porte sur la jambe gauche, tournée vers le dehors, et de ce côté les longs plis droits de la robe réveillent le souvenir des fines cannelures d'une colonne ionique. Reportez-vous aux figures de gauche ; l'attitude est renversée; la jambe fléchie est tournée vers l'intérieur, et ainsi l'œil, en suivant les contours extérieurs des statues, ne perçoit que des ligues pleines et fermes, un peu détendues par le léger hanchement qui vient fort à proi)OS rappeler le renflement traditionnel de la colonne.
En s'associant à l'architecture d'une manière si intime, la sculpture n'abdiquait pourtant pas ses droits. On peut étudier sous tous ses as- ])ects celle des Carvatides que lord Elgin a rapportée à Londres : détachée de son cadre, isolée de ses compagnes, elle n'en reste pas moins une admirable œuvre d'art (fig. 44) ". Sans doute on ne saurait oublier sa destination que bien des détails, à défaut du chapiteau, suffiraient ;\ révéler. Si la masse abondante de la chevelure s'enroule en tresses autour de la tête, et s'épand sur la nuque en une large nappe, c'est pour élargir l'assi-se du chapiteau et renforcer l'épaisseur du cou. Pour la
1. Ancienl marbles, IX, I>1. C. Raj'ct, Monuments de l'art andjwf,!, pi. 40; cf. Catalogue o/Sculjiture in the Brit. Muséum, 1892, p. 233, ii° 407.
LERECIITHEION.
mciiie raison le sculpteur a dû emprunter à une ancienne mode archaïque les boucles qui tombent sur les épaules, et donnent plus d'ampleur à la coiffure ; il a dû aussi accuser avec vigueur la saillie des formes dans le buste, qui se cambre et se porte en avant. Mais pour la dignité de l'attitude, ces jeunes filles sont bien les soeurs des Canéphores du Parthénon.
Elles en ont le costume, le long cbitou dorique aux plis droits, serré à la taille par une ceinture ; elles en ont la démarche, le maintien réservé, et c'est avec la même grâce chaste qu'elles offrent aux regards leurs bras nus, tombant inoccupés le long du corps. Nous reconnaissons là, sans hésiter, le style de l'école de Phidias, avec une certaine recherche du moelleux dans l'exécution, qui seule peut dénoncer une date postérieure au Parthénon. Nous savons d'ailleurs que les Caryatides étaient en place au moment de la reprise des travaux, en 409. Elles ont donc été exécutées en même temps que le gros œuvre de l'Erechthéiou.
Le reste de la décoration sculpturale appartient à une époque un peu plus récente. Nous voulons parler de la frise qui se déroulait autour de l'Érechthéion, et qui, par une particularité digue d'attention, '■
se composait d'un bandeau eu pierre
. , '- Fig. 44. — Caryatide de l'ErecUthéion.
bleu-noir d'Eleusis, sur lequel étaient (British Muséum.)
iixées, à l'aide de crampons, des figures en bas-reliefs, sculptées en marbre pentélique. L'inventaire dressé en 409 et les comptes des années suivantes permettent d'établir avec certitude la date de la frise '.
Au moment où recommeu- . ^^--~, cent les travaux, il reste à ter-
miner tout le couronnement
Fig. 45. — Fragments de la frise de l'Éreclithéion. (Athènes.)
de l'édifice. Les architraves sont inachevées; les pierres des frontons ne sont pas encore taillées. Les comptes de prytauies, qui se succèdent régulièrement, nous apprennent que dans l'été de 409 on pose les blocs en pierre d'Eleusis qui servent de fond à la frise ". Dans