‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 39 sur 380 · Corpus iiiscr. atticariim, I · texte numérisé non relu

Corpus iiiscr. atticariim, I

4. Les pins graves mutilations dont l'édifice ait soufEert datent du bombardement de 1G87. Lorsque Stuart et Revett le dessinèrent au dix-huitième siècle, cinq Caryatides sur six étaient conservées (.4n(tquilies o/Alhem, II, pi. 19, 30, 33). La sixième était brisée ; le torse a été retrouvé en 1837, et remis en place en 1846, quand la tribune fut restaurée aux frais du gouvernement français par les soins de M. Paccard. La même année, celle des Caryatides qui av.ait été emportée par lord Elgin fut remplacée par nn moulage en terre cuite envoyé de Londres.

SCOLPTURE GRECQUE. — T. 11. 12

mes qui jouent pour aiusi dire le rôle de colonnes vivantes'. Suivant les sources grecques mises à profit par l'écrivain latin, ce nom rappellerait celui des femmes de la ville de Caryaî dans le Péloponnèse. Au temps des guerres médiques, les Caryates avaient fait cause commune avec les Perses. Les Grecs les châtièrent rudement ; leurs femmes furent emmenées en captivité; c'est pour perpétuer la honte du châtiment que (( les architectes de cette époque employèrent les images de ces femmes dans les édifices pubhcs, et les firent servir à porter des poids ; ils voulaient que le souvenir du forfait et de la punition des Caryates parvînt jusqu'à la postérité ». La légende est fort suspecte; et l'on a pu, avec grande vraisemblance, songer beaucoup plutôt aux jeunes filles laconienues qui venaient à Caryae exécuter en l'honneur d'Artémis les danses « caryatides»". Ce qui est certain, c'est qu'en Attique, au cinquième siècle, ce terme de Caryatides n'était pas entré dans l'usage courant, car dans l'inventaire des travaux de l'Erechthéion les (Caryatides sont appelées simplement « les jeunes filles » (al /.opai).

L'idée de donner à des supports architecturaux la forme de statues féminines était-elle déjà connue, ou faut-il en faire honneur aux sculpteurs de l'Erechthéion ^? Les découvertes récentes de Delphes permettent d'aftirmer que les Caryatides de la tribune avaient des prototypes. Non loin du Trésor des Siphnieus, les fouilles ont mis au jour les fragments de quatre Caryatides archaïques, plus grandes que nature'. Les têtes, apparentées pour le type et la forme de la coitfure à celles des statues archaïques de l'Acropole, sont coiffées d'une sorte de calathos orné de reliefs, et dont le rôle est évidemment de servir de support à un entablement. Pour deux de ces figures, la décoration circulaire du calathos était complète : c'étaient les figures d'angle ; pour les deux autres, elle n'en ornait qu'une moitié : c'étaient les fires médianes. Ajoutez encore que, dans l'une des têtes conservées, le calathos se soude à la coift'ure par un bandeau décoré de rais de cœur;

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