‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 62 sur 380 · Thucydide, VII · texte numérisé non relu

Thucydide, VII

3. J. Six, Jahrbuch des arck. Iiist., VII, 1802, p. 185. M. Six a proposé de reconnaître une copie de la statue sur un lécythe A figures noires et à fond blanc de l'ancienne collection de Luyiies. Cette bj-pothèse a été combattue par A. Gercke, Jahrbuch des arch. Tus!., YIII. 1893, p. 113. Cf. Kekulé, .trch. Anzeiger, 1893, p. 75, note 1.

4. Pline, Nat. Jlist., 34, 74 . Pausanias parle aussi d'une statue de Périclès qui se trouvait surl'Acropole (I, 25, 1). C'était donc une statue-portrait, celle-là même dont la base a été retrouvée surrAcropole, avec inscription !Upi]y.).£05 [Kp£<7]i).a;êTC0Σ. Voir ûe),Tiov èfz- 1889, p. 36, et Cori>usInscr.atticar., p. 1Ô4, 403'.

5 Bustes du British Muséum, Ancieiit MarbUs, II, pi. 32; du Vatican, Visconti. Museo l'io-Clemenlixo. VI, 29 ; Arch. Xeilung, 1868, pi. 2, 2. Helbig-Toutain, Gimie, I, n» 281 ; de ilunich, Bruuu, Beschr. iltr Gli/pMkel; n" l.i7. Cf. l'iiermés de la Collection Barracco, Cfll. Barracco, jil. XXXIX, XXXX'.

LES CONTEMPOIiAINS DE l'IIIDIAS 133

dès porte le casque coiiutliien rejeté en arrière; mais ce n'est pas là un expédient destiné à dissimuler la grosseur de sa tête, de cette « tête d'oignon » dont s'égayaient les poètes comiques; il faut y voir simplement l'insigne des fonctions de stratège qu'il occupa pendant quinze an-

Fig. G3. — Hermès de Péviclea. (British Muséum.)

nées '. Le marbre fait revivre pour nous, avec une singulière intensité de vie, l'image du grand orateur, et dans ces traits fermes, réguliers, nous cherchons volontiers l'expression des qualités morales qui expliquent et

1. Le Musée de Berlin possède un buste casqué, où l'on peut reconnaître l'image d'un stratège athénien de la seconde moitié du cinquième siècle. {Beschr. der ant. Slulpturen zu Berlin, n" 311). M. Fnrtwaengler a proposé de l'attribuer également à Crésilas. {Meistertnerle, p. 275.)

vu L'INFLUENCE DES GRANDS MAITRES.

justifient la ibrtune do Périclès : le don de la persuasion, une douceur rt>solue, une grande dignité de vie, une inconiparalile hauteur de pensée. On louait l'artiste d'avoir encore ajouté à la noblesse du modèle : il semble que ce ne soit pas tout t\ fait une formule banale. C'est bien là le portrait tel que le comprend un maître du cinquième siècle, qui ne sacrifie pas à un réalisme brutal et terre à terre, dégage le trait saillant d'une physionomie, et jusque dans un type individuel poursuit la recherche d'une sorte de caractère général.

Si l'on en juge par la liste de ses œuvres, Crésilas fait bonne figure parmi ses contemporains. Il travaille pour un habitant d'Hermione, qui lui commande un ex-voto à Déméter chthonienne '. Il exécute pour les Ephésiens une Amazone blessée, dont une statue du Capitule est peut-être une copie '". Les fouilles de Delphes nous ont fait connaître une base' portant sa signature : c'était une œuvre à laquelle les textes ne font point allusion \ Enfin on lui attribue un Doryphore, et ce témoignage semble indiquer que le sculpteur crétois n'a pas connu seulement les maîtres attiques, mais qu'il a peut-être avec Polyclète quelques points de contact '. On voit par là combien serait étroit un jugement qui ne tiendrait pas compte de ces mélanges d'influences. Nous n'avons pas le loisir de discuter ici toutes les hypothèses qui ont été récemment émises sur Crésilas. M. Kekulé lui attribue l'original d'une tête eu marbre d'Anacréon conservée au ]\Iusée de Berlin '*. Dans une ingénieuse étude, M. Furtwaengler lui fait honneur de plusieurs œuvres longtemps restées anonymes, comme le prétendu Alcibiade de la sala délia higa au \ atican, le Diomède de ^lunich, la Pallas de Velletri au Louvre, le Diaduniène de Petworth et le beau masque de la ^léduse Rondanini à Munich •'. Mais aucune de ces conjectures n'entraîne la certitude, et l'Hermès de Périclès reste la seule œuvre où nous puissions reconnaître, avec quelque sécurité, le style de Crésilas.

Tous ces noms d'artistes, toutes ces œuvres eu grande partie perdues

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