‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 67 sur 380 · Coll. Barracco, livr. III-T, n · texte numérisé non relu

Coll. Barracco, livr. III-T, n

5. P. Jamot, -1/oH. jrcfs, 1891-18P2. pL 12, M. Jamot a très bien montré que cette statue, trouvée en Crète, près de Séliuo, est une bonne copie d'une œuvre attique exécutée vers 400 environ.

évolutions qui renouvellent les types et les formes du style? Elle détermine un courant irrésistible auquel n'échappent pas les plus humbles productions. Si le peintre de vases cherche ses modèles dans les fresques de Polyguote ou de Micon, le marbrier, qui pour quelques drachmes sculpte un ex-voto ou une stèle funéraire, se fait comme le disciple obscur et ignoré des maîtres au nom retentissant. On se priverait donc d'un grand secours si l'on dédaignait ces bas-reliefs anonymes, dépourvus de signatures, mais qui nous révèlent pour ainsi dire la moyenne de l'art dans les ateliers d'Athènes. Il y a plus; quelques-uns de ces marbres peuvent se dater avec une parfaite précision, et c'est chose précieuse que de rencontrer chemin faisant des documents aussi siirs. Parmi ces bas-reliefs, il en est qu'on ne saurait considérer comme lœuvre de simples praticiens. Tel est l'admirable marbre du musée d'Athènes, découvert en 1859 à Eleusis, près de la chapelle d'Haghios Zacharias (fig. G8) '. C'est une grande dalle sculptée, haute de 2"", 20, large de 1"',52, dont les dimensions semblent trahir une destination architecturale, sans qu'il soit possible de la déterminer avec certitude. L'artiste s'est inspiré d'une belle légende éleusinienne. Triptolème, représenté comme un jeune garçon, va partir pour la dangereuse mission que lui confie Déméter, et répandre parmi les hommes encore incultes les dons de la déesse, la science de l'agriculture, les mœurs douces et pacifiques. Les deux divinités d'Eleusis, Déméter et Coré, l'entourent, et semblent lui donner les derniers conseils. Si le sens général est clair, l'interprétation de détail est moins sûre. Toutefois on n'hésite guère à reconnaître Coré dans la jeune déesse qui tient une torche (/.o'Jp-/i r^acîo- 9'jpoç) - et dont la parure était sans doute complétée par des bijoux de bronze doré, colliers, pendants d'oreilles et bracelets. Attentive et recueillie, avec la sollicitude que pourrait témoigner une grande sa-ur, elle approche une main de la tète de l'enfant, sans doute pour y poser une couronne de métal, aujourd'hui disparue. Dès lors, la grave déesse qui s'appuie sur un sceptre fleuronné est Déméter, remettant A Triptolème la glane de blé, syml)ole de sa mission. Ses formes sont

1. F. Leuormant, Ga;f«c J« Beaux-Arts, t. VI. p. lîli. .U,miim,-iin ineJiii.t. VI, !>1. !.">. Cavvadias, Cataltigue, n" 12G.

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