C.iv:ilier. Bas-relief du Vatican
1. Nous ferons snitout des emprunts au recueil îles stèles funéraires attiques publié par les soins de l'Académie devienne, sous la direction de Jt. A. Conzc : Die altisrhen Cvabrtlirfs, Berlin, chez W. Spemann, 1, 1890-l(*ft4. Pour les modifications introduites au temps de Phidias dans la forme de la stèle, voir Alfred Brueckncr, Ornament iind Form tler nllischen Grahstelen, Strasbourg, 1886, et Furtwaengler, Collecli"i Saboiir<;ll', hitroâurjion, p. M et suivantes. On lira avec profit Vêtude d'ensemble de M. Jlichaelis, .!'■ tiache driihrfhi-fn, dans la Zeilschrift fur hihhncte fCinist, X. F. IV, 18113, p. lO.'i-JOI, et '^-lO-SSÎ.
LES BASKELIEFS. |.|7
coiuplc'teiiieiit U' \\\n' de l'aiicioiiiR' stèle idiiieiiiie Iniigiie et plate, eouroniiée d'une paliiiette. Mais riiiiportance plus grande que prend la décoration sculpturale met en faveur une forme de stèle quadranyulaire, ornée à sa partie su[)érieure d'un l'roiiton dorique, avec des acrotères; tantôt ce fronton s'inscrit dans la plaque, tantôt il la couronne. iSur les côtés, les tranches de la dalle de marbre restent unies, sans décor ni moulures '.Tel est le type le plus sinqjle des stèles contemporaines de l'école de Phidias, de celles où l'on peut avec le plus de sécurité chercher comme le reflet direct et immédiat du graml style attiqiie.
Il est nettement caractérisé dans une jolie stèle du musée de Berlin, où la morte, Mynno, est représentée le fuseau à la main, sa corbeille àlaine auprès d'elle (lig. 73)'.
Mais bientôt le décor architectural va jouer un rôle moins effacé : le p front(.iu se détachera eu forte saillie, reculant au second plan le champ du bas-relief; des pilastres eu forme d'antes le soutiendront sur les côtés; la stèle prendra l'aspect d'une B'*'''' sorte d'édicule ou de naïskos. Voilà quelle sera au (|uatrième siècle la Fig. 73. - stèle de jiymio. (iiusée de Berlin.) forme classique des stèles, et comme cette évolution se produit graduellement, ou est eu droit de chercher
1. Voir par exemple la stèle d'Eutamia, AU. Grabrelie/s, pi. SXTllI. M. Fartwaengler la place entre 4J0 et 430, loo. cil., p. 40, note 10. Le même type est adopté en Béotie, vers la même époque; aiu.^ii dans la stèle de Diodora, femme de Poplios, trouvée à Thespies en 188S (Musée d'Athènes, Cavvadias Catal., n° 818).
•2. Auische Grabrdie/s, pi. XVII.
les tj'pes de stèles auk'rieurs à l'année 400 dans les monuments où ce cadre architectural n'a pas encore pris une aussi grande importance. Ce n'est pas ici le lieu de discuter les interprétations très divergentes que provo(iue l'étude des bas-reliefs funéraires. Remarquons seulement (pi'an cinquième siècle on constate encore la survivance d'idées très anciennes, celles-là mêmes ijui ont suggéré aux sculpteurs archaïques leurs thèmes familiers. Représenter le mort tel qu'il était de sou vivant, rappeler par certains attributs sa condition sociale, ses goûts, ses occupations habituelles, c'est là toujours la donnée dont s'inspire le sculpteur. Seulement, comme cette image est moins un portrait qu'un type généralisé, elle se ressent des progrès de l'art ; les formes s'épurent, les attitudes s'assouplissent, et sous l'influence des grands modèles de la plastique, ces images idéalisées prennent un singulier accent de noblesse. C'est bien, en effet, par une allusion fort claire à la vie réelle que le sculpteur a montré la jeuLie Mynno filant, le cordonnier Xanthippos tenant à la main une forme à chaussures (/.a).^- ;:o^tov) ', ou le forgeron Sosinos assis à côté d'un bouclier de bronze ". Mais ces artisans ont le beau type régulier créé par l'école de Phidias. Un autre progrès consiste à grouper autour de la figure principale des personnages accessoires, enfants, esclaves, suivantes, qui servent à souligner l'allusion à la condition du mort. S'agit-il d'une jeune mère? Le sculpteur la représentera groupée avec un garçonnet qui lui tend les bras, comme dans la stèle d'Asia ', ou bien recevant son enfant des juains d'une suivante, comme dans un beau marbre de La Haye, œuvre charmante, qui respire toute la grâce du plus parfait atticisme (fig. 74) '. Faut-il rapijcler les occupations, les délassements d'un jeune garçon de famille aisée? Voici, sur une stèle du musée central d'Athènes, trouvée à Egine, un sujet qui confine au genre par le caractère anecdotique des détails (fig. 75) -'. Un adolescent tient dansla main gauche son oiseau favori ; de l'autre main, il agace un chat, perché sur un pilier, et qui semble guetter sournoisement une cage accrochée au-dessus de
1. Britisli Muséum, Ancienl Marbles, X, pi. 33, p. 7(i. Alt. Giabielk/'s, pi. CXIX.
•-'. Louvre, Froeliner, Jlusies Je France, pi. 9. AU. Grabielie/s, pi. CXIX.