‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 72 sur 380 · I.KS liAS-llELIEFS · texte numérisé non relu

I.KS liAS-llELIEFS

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lui. Ail |)i(d ilu |)ilior ont assis un petit serviteur. Scène de genre, dirions-nous, si l'esprit de la composition n'était tout autre. L'anecdote ne joue ici qu'un rôle accessoire, et la figure qui se détache dans ce cadre d'une intimité i'aniilière est Men celle de réplièbe aux traits réguliers, portant avec

grâce le manteau élé- ^.^-<-.:^- -^

gannnent drapé.

On reste aussi dans les données de la vie quotidienne avec une stèle du Céramique, bien souvent décrite, et qui conserve une place d'honneur parmi les marbres funéraires d'Athènes (PL IV)'.

La morte , Hégéso , fille de Proxénos, est une jeune femme richement vêtue. Assise sur une chaise à dossier, la tête à demi couverte d'un voile transparent, elle vient de puiser dans le coffret qu'une suivante a ouvert devant elle; le bijou qu'elle tient dans

ses doigts est sans doute un collier, autrefois figuré au pinceau dans le champ du bas-relief. Le visage incliné de la jeune femme est empreint d'une sorte de douceur rêveuse qui suffit à exprimer discrètement le regret de la vie et des joies disparues ; cette scène dont la coquetterie féminine a fourni le thème, est conçue dans le sentiment le plus grave

1. A/ihcIie Giabreliifs, pi. XXX et p. -.M, u" GS, pour la biblioffraphie aucieuue. JI. Conze la place au ciiiquicme siècle, en raison de la beauté du style et des caractères de l'inscription.

Fig. 71.

attiiiue. (La Haye, collection privée.)

et le plus recueilli. Quant au style, le iiiouumciit d'Hégéso révèle l'influence directe des grands maîtres. Est-ce un élève d'Alcamènes qui a modelé ce visage aux traits réguliers et purs, ces draperies si souples, ces mains aux doigts fuselés, d'une élégance toute aristocratique ?

La sculpture funéraire du cinquième siècle traite avec une ])rédilection marquée, en le rehaussant par le charme du st}le et l'addition de personnages accessoires, l'ancien thème de l'image du mort. Cependant, on voit apparaître déjà une scène plus complexe. Le personnage défunt, luimme ou femme, est représenté le plus souvent assis, quelquefois debout ; il échange une poignée de main avec un des survivants qui l'entoui-eut; tous ont une expression de gravité, de recueillement, de tendresse, plutôt que de douleur. C'est le sujet qu'on désigne quelquefois sous le nom de scène d'adieu, et qu'on appellerait plus exactement' scène de réunion. Les poètes tragiques font plus d'une allusion à la croyance populaire où il faut chercher l'explication de ces tableaux sculptés. L'Athénien croit à un lieu souterrain où les morts sont rassemblés, où les nouveaux venus retrouvent leurs proches qui leur font accueil, où se renouent les liens, un instant détachés par la mort, des affections indissolubles '. S'étounera-t-ou de voiries artistes traduire à leur tour cette conception, en juxtaposant dans le même cadre les vivants et les morts, non ])lus, comme autrefois, distingués les uns des autres par la taille restreinte des adorants et l'attitude majestueuse des défunts héroïsés, mais réunis dans l'intimité de la vie de famille ? Rappelons-nous avec quelle facilité l'art grec sup- ])rime les limites du réel et du surnaturel, et souvenons-nous des dieux si librement mêlés aux hommes dans la frise du Parthénon. A ne considérer que la formule d'art, elle n'a rien de cho<piant {lour l'esprit d'un Grec. Mais il y a plus. Cette formule répond à des exigences d'un tout autre ordre. On a pu le dire très justement ; les images des survivants sont celles des c( défunts avenir' )>. Le jour viendra où tel de ces personnages qui entourent le mort prendra place à son tour dans le tombeau de famille; où une inscriiition, fraîchement gravée à côté d'une autre plus ancienne, le désignera comme un nouvel habitant

1. llschylc, Agamemnon, vers 1 553, Sophocle, .inligone, vers 892.

2. Furlwaeiigler, CM. Sahouvoff, IiUrod., p. 51 et suivantes.

Fig. 7J. — Stèle f

imeraire trouvée à Egiue (.M"sée central d'Athéues.)

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du monde souterrain, et où la mort réalisera cette réunion dont le geste affectueux reproduit par le sculpteur est comme la promesse '.

Les exemples des scènes de réunion sont moins fréquents au cinquième siècle qu'au quatrième, où elles comporteront plus d'ampleur, et un nombre croissant de personnages. On peut cependant placer encore au temps de la guerre du Péloponnèse les stèles où la donnée reste réduite aux éléments les plus simples, comme celles de Ménékrateia et de Ménéas , de Mika et d'Amphidémos ', et surtout la stèle de Mika et de Dion, œuvre d'une facture un peu négligée, mais où l'influence des grands modèles suffit à donner aux figures un charme singulier ''.

Un travail d'analyse qui poursuivrait jusque dans les détails de style et les types des personnages les réminiscences du style de Phidias dépasserait les limites de cette étude. Nous choisirons seulement un morceau digne d'attention, une belle tête féminine, provenant d'une stèle funéraire attique, et conservée à Londres dans la collection Lansdowne (fig. 76) ''. Peu de morceaux peuvent mieux nous donner une idée du type féminin tel que le traite l'école de Phidias. La coupe des yeux bien ouverts, aux paupières franchement accusées, la régularité des traits, le travail de la chevelure, serrée par des bandelettes, rappellent le souvenir de

Fgi. 70, — Tète provenant d'une stèle funéraire attique. (Londres. Collection Lansdowne.)

1. Le même savant rappelle le passage d'Hypéride où la poignée de mains (Sî$:o)(7i;) est donnée comme le geste de bienvenue dans les Enfers. Hypéride, 'Em-riç. 13.

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