‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 9 sur 380 · ililoiK XXXI · texte numérisé non relu

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LE PAETIIÉNON. 17

et fait songer an groupe des Tyramioctoiies. La tête du Centaure est hideuse et grimaçante; la l)arbe et les cheveux, détaillés par boucles, sont traités suivant l'ancienne méthode. Surtout, l'artiste a supprimé les draperies, comme si, formé à l'école des maîtres archaïques, il se sentait plus à l'aise devant une figure virile nue, aux formes athlétiques. Mêmes particularités dans la métope XXXII, où la tête du Centaure, liien que très mutilée, n'est pas sans analogie avec celle du Marsyas de Myron. Le style de transition apparaît dans la métope IV, où le type du Centaure devient plus régulier, avec sa barbe et ses cheveux massés sobrement, et fait déjà penser au type classique de l'Athénien, dans les stèles funéraires postérieures à Phidias. Voici enfin , avec les métopes VII,XXVII et XXVIII, le beau style libre, complètement dégagé des traditions archaïques. Au

lieu du raide combattant de tout à l'heure, nous voyons des corps élégants et souples, modelés avec un art exquis. Les têtes conservées sont par malheur fort rares ; c'est ce qui donne une haute valeur à la tête de Lajiithe appartenant à la métope VII, et conservée au Louvre (fig. G) '. La chevelure courte, tenue lisse pour servir de fond à la polycliromie, le front bas, coupé par un sillon, les yeux largement ouverts et cernés par des paupières épaisses, la bouche aux lèvres

Fig. C.

Tète de Lapitlie appartenant à la mi-tope VII du Paitliénoii. ( Musée du Louvre. )

1. Momiments r/recs, n"' ll-KÎ. pi. 1-2. article de il. Héron de Villefosse. 'Waldstein, Essat/s, pi. I, p. 93.

scuLrrrRE grecque. — t. ii. 3

saillantes, tout cela compose une physionomie énergique et juvénile, où l'expression trouve déjà sa place. Mais surtout, clans cette série de métopes, nous voyons apparaître \m élément tout à fait nouveau, à savoir la draperie, non plus rigide comme dans l'art archaïque, mais souple, légère, s'associant pour ainsi dire à l'action des personnages, tantôt s'envolant en larges plis, tantôt s'étalant comme pour former le fond du tableau. Qu'on ne s'y trompe pas : c'est là dans l'art grec toute une révolution. A voir le parti pittoresque que les sculpteurs tirent ainsi de la draperie, on sent que l'influence des modèles fournis ]iar la grande peinture, par les fresques des Polygnote et des Micon, a fait pénétrer dans la sculpture décorative un esprit nouveau. Et si nous cherchons l'homme qui a su deviner de quelles ressources imprévues la plastique pouvait ainsi s'enrichir, nous nommerons sans hésiter Phidias.

Les divergences de style dont témoignent les métopes du Parthénon s'expliquent sans peine. Œuvre collective, anonyme, les métopes sont, dans la décoration du temple, la partie la plus ancienne, celle dont on dut s'occuper tout d'abord. Sans aucun doute, Phidias avait mis à l'œuvre des artistes de talent inégal, les uns encore attachés aux anciennes traditions, les autres jjIus jeunes, et dt^jà pénétrés de l'influence du maître. Quant à distinguer les écoles où Phidias avait recruté des collaborateurs déjà formés, on ne saurait le faire avec une entière certitude. Qu'il y eût dans le nombre des élèves de maîtres attiques contemporains de Cimon , comme Critios et Nésiotès ; que d'autres fussent des disciples de Myron, ilji'y a rien là d'invraisemblable. Mais ne faut-il pas faire aussi la part de l'influence de Phidias? Nous reconnaissons volontiers la main de ses élèves dans les métopes du style le plus récent, dans celles où la beauté de la forme et l'intensité du sentiment annoncent que le plus grand des maîtres attiques a déjà fait sentir sa puissante action.

§ s. — LE FROSTOX ORIENTAL.

Au-dessus des métopes , sur les deux façades de l'est et de l'tuiest , le cadre des frontons se projetait en forte saillie. La corniche et les

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