‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 90 sur 380 · Cf. HomoIIe, Bidl. de corresp. Mien.. III, p · texte numérisé non relu

Cf. HomoIIe, Bidl. de corresp. Mien.. III, p

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pine ', vous sentirez que cette méthode de groupement a fait fortune, et pénétré dans l'art industriel. Est-ce ù dire toutefois que les acrotères de Délos appartiennent à une date bien avancée dans le quatrième siècle? Nous ne le croyons pas. Les caractères du style montrent que l'inHuence de l'école de Phidias n'a pas encore disparu, et l'on a pu, non sans raison, comparer à la Niké de Vivonios rOrithyie du groupe de Borée. Nous ignorons si l'auteur de ces sculptures est un Athénien ou un artiste des îles. Mais est-il invraisemblable d'admettre qu'un sculpteur ionien, élève des Attiques, a pu, fort peu de temps après 39-i, imaginer ce procédé de groupement tout nouveau, et donner comme couronnement à des frontons ces groupes d'un jet hardi, à l'allure triomphante, et prenant leur essor au battement des grandes ailes éploj'éesV

Tandis que l'activité règne à Délos, et que de nouveaux édifices s'élèvent dans le téménos d'Apollon, d'importants travaux transforment à Epidaure la pliysionomie du sanctuaire d'Asclépios. Depuis que les fouilles dirigées par M. Cavvadias, de 1881 ù 1887, ont déblayé sur une large surface l'enceinte sacrée d'Epidanre ", nous pouvons nous faire une idée exacte du Héron où les dévots pèlerins venaient, de tous les points de la Grèce, chercher la guérison et la santé. Dans la plaine ondulée, d'aspect tranquille, à laquelle les pentes du mont Kynortion, celles du Titthion, et les croupes grises de l'Arachna^on forment un décor pittoresque, un groupe imposant d'édifices se ])rcssait autour du temple. Avait-on franchi les Propylées doriques par oii l'on pénétrait dans l'enceinte? on rencontrait un temple d'Artémis, puis un édifice renqdi de statues et d'offrandes; plus loin l'Asclépiéion, long de 2-4 mètres, large de l."», où se dressait la statue chryséléphantine de Thrasymédès ; on approchait du grand

1. E. Ciirtiiis, Zioei Gieielgiuppen am Taniiijru, Bevlin, 187S.

2. Un premier compte rendu des fouilles d'Épid.iure a paru d.ins les Iloaxtixà t?,; àfi/. "ETaioioc;, 1883-1881, avec un plan du hiéron par MM. Dœrpfeld et Kawemu. Cf. Belger. Philoliuj. W'ochemchrift, 27 octobre 1883, p. 1350. Furtwaengler, ibid., 1888, p. 1481. Jl. Cavvadias en a pnbliù le« résultats, d'abord dans l"E(pïi|X£fi; àp)raio).OYix-^, 1881, p. 40, 188:'), p. 41 ; et ensuite dans un ouvrage d'ensemble, FunUles d'Kpiilatire,pHr P. Caifwlins, Athènes, imprimerie Vlastos, IS'.l.l. M. Dichl a dounù un iutéres.«ant aperçu de ces découvertes dans ses Excursions aiclu'dhffiijiies en Grice. Voir surtout la restauration de M. Detrasse, .^>i</flMi-c Peslaiirnlloii et degcrqilioti des piiiicipanx moiiiimeiils du saiiclKniie d'Asclépios, par A. Defrasne et H. Lechat. Paris, 1895.

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;iatol entouré de cliapelles dédiées à Hygie, à Aphrodite, k ÏJiémis, H Apollon Maléatas; du côté de l'ouest, on admirait la Tholos de Polyelète le jeune, l'élégant édifice circulaire dont nous avons déjà parlé, et les peintures de Pausias qui en décoraient les murs; enfin, au nord, le long du mur septentrional, ou apercevait un double portique ionique, long de 74 mètres; c'était VAbaton, le lieu saint, où s'accom plissaient les mystères des guérisons miraculeuses. C'est là, qu'après s'être purifiés et exaltés par des prières, les malades venaienf passer la veillée sacrée et attendre l'apparition du dieu; là, dans le silence de la miit, les portes closes et les lampes éteintes, s'opéraient les cures merveilleuses que racontent tout au long les précieuses stèles trouvées à Épidaure '.

Parmi tant d'édifices de dates différentes, le temple d'Asclépios appartient bien à la période qui nous occupe. Le style des sculptures le fait déjà pressentir. Mais nous le savons de source certaine, grâce à une longue inscription où sont détaillés les comptes des travaux du temple, exécutés sous la surveillance de l'architecte Théodotos. L'inscription date du premier quart du quatrième siècle, et la construction du temple prend place entre les années 380 et 375 '. Au reste, ce n'est pas le seul intérêt de ce texte épigraphique. Il nous montre à l'œuvre une équipe de sculpteurs chargée de décorer un temple; il nous fait connaître la répartition du travail, et jusqu'au salaire des artistes; il nous fait toucher de très près la réalité (jui se dérobe si souvent à nous dans l'histoire de l'art grec. Un sculpteur, Timothéos, a fourni des maquettes ou des dessins (-rj-o-.) pour la somme de 900 drachmes •'; il s'agit, suivant toute vraisemblance, de modèles pour les figures des frontons et des acrotères ; le même artiste a d'ailleurs exécuté lui-même les acrotères d'un fronton. Voici les praticiens qui travaillent d'après les maquettes de Timothéos. L'un d'eux, Hectoridas, reçoit 1,400 drachmes pour des statues destinées à l'un des frontons, et qui sont mises en adjudication '.

1. Cavvadias, Fouilles d'Épiilaitie, I, p. 23 et suivantes, où est reproduite la traduction française de c^s inscriptions donnée par 31. S. Reinach, Revue arch., \iil, 11, p. 70, 1885, I, p. 265.

■2. Cavvadias, Fouilles d'Épidaun; I, p. 78. Foucart, Bull, de cvnesp. liellcn., XIV, 1890, p. .iSO-ûO-t 3. Tiiiôeeo; Dsto tûto-j; zfyiaa[a19xi, 1. 36-37. Cf. 1. 90-91.

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