‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 94 sur 380 · Voirtome I, p · texte numérisé non relu

Voirtome I, p

20l' LK QUATRIEME SIECLE.

Au delà des îles de l' Archipel, eu Asie Miueure, l'inflneuce attique trouvait le terrain tout préparé. Entre Athènes et les régions ioniennes, il y avait de très anciennes affinités, et l'on ne s'étonne pas, qu'après eu avoir reçu tant d'enseignements, l'Attique à sou tour imiiose aux villes grecques de l'est l'admiration de ses peintres et de ses sculpteurs. Ce mouvement dart qui, par une sorte de choc en retour, fait pénétrer en Asie Mineure le style des grandes œuvres attiques, nous ne pouvons le suivre dans toutes ses étapes. Mais nous le voyons ahoutir ; nous en constatons les résultats dans un pays qui reste toujours comme une province de l'art ionien, c'est-à-dire en Lycie. Le peu que nous savons de l'histoire de la Lycie au cinquième siècle nous fait d'ailleurs comprendre que la voie y soit tracée aux influences attiques. Vers 466, les Lyciens se sont détachés des Perses ; ils sont entrés dans la ligue attico-délienne, et eu 440 ils fout encore partie des peuples qui paient à Athènes le i( tribut carien )> (/.xpi/.o; oopoç) ' . Si , vers 440, les dyuastes lyciens acceptent de nouveau la suzeraineté de la Perse, ils n'en gardent pas moins le goût des arts de la Grèce, et les sculptures qui décorent leurs fastueuses sépultures vont nous montrer comme un reflet affaibli des conceptions de Polygnote et de Micon.

La ville lycienne de Trysa n'est guère connue que par les ruines qui en marquent l'emplacement, occupé aujourd'hui par le village de Ghieul-Baschi, sur un plateau qui s'allonge entre la mer et le cours du Dembré-Tschai. Vers la fin du cinquième siècle, elle était la résidence d'uudynaste indigène, personnage d'importance, si l'un en juge par son tombeau, construit à grands frais sur une esplanade rocheuse, à peu de distance de la ville. Signalé dès 1841 par Schoenborn à l'attention des voyageurs, visité à deux reprises, en 1881 et en 1882-1883, par une mission autrichienne sous la conduite de MM. Benndorf et Niemanu, l'hérôon de Ghieul-Baschi a largement payé de leurs peines ses explorateurs ; la riche série des bas-reliefs transportés au Musée de Vienne a rapidement conquis une place importante dans l'histoire de la sculpture grecque ". Le monument se composait d'une enceinte

1. Voir E. Baboloa, Catalogue des montiuitf •ji\t'i„ci<lelti BM. nat. Le:/ Perses Acliiiiunides, IntioJ. I>. XCII et suivante».

2. Ces sculptures ont fait Tubjot d'une remarquable mouogra|<liie : Das Ifeioon tan (Jjiilhtschi-Trtpa^

L'ÉPOQUE DR TUANSITION. 203

dessinant im rectangle im'gulier, et fermée par un mur long de 11) mètres environ sur les petits côtes, de 24 à 25 mètres sur les autres. Tue porte s'ouvrait au milieu de la face sud-est, du côté de la ville (fig. 96j ; le sarcophage, irrégulièrement placé , se dressait près de l'angle nordest du péribole, et à l'angle sud-est s'ap))uyaieiit des constructions légères servant de demeure aux gardiens, des portiques où l'on célébrait les cérémonies commémoratives '. La décoration sculptée avait été prodiguée. Sur les faces intérieures des murs, les deux assises les

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