‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 95 sur 380 · IT · texte numérisé non relu

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Fig. ÎKi. — L'Hérôon de Trysa. Le mur sud et l'entrée.

plus élevées étaient revêtues d'une frise en relief, sculptée dans une pierre du pays, grise, un peu rugueuse, qui exigeait, pour relever le modelé forcément un peu sommaire, l'emploi de la polychromie. Par surcroît, le mur sud, où s'ouvrait la porte, offrait sur sa face extérieure la même ornementation. Il y avait donc là un développement de 108 mètres de frise environ, et si l'on songe que cette frise se composait de

par Otto Benudorf et George Niemann, Vienne, chez Adolf Holzhaiisen, 18811, 1 vol. in-folio avec un atlas de 34 planches. Cf. G. Hirsohfeld, Berliner Phil. Wochenschrl/l, 1889,p. 1421, 1453 ; 1891 p. 1001. S. Eeinach, Gazette des Beaux-Arts, t. VIII, 3' période, l"oct. 1892, et 1" déc. 1892. Noack, Mittheit. Athen, XVIII, p. 304-^32.

1. L'hérôon est reproduit, sous différents aspects, dans les planches 1 et 3, de l'ouvrage de Jni. Bendorf et Niemann.

deux registres siiperpost-s, mesurant ensemble de 0"', 94 centimètres ù 1"',21, on se rendra compte que, pour les dimensions, l'antiquité nous a laissé peu d'ensembles décoratifs comparables à celui-là.

Dans ce vaste décor, la seule partie qui trahisse un certain goût indigène est l'encadrement extérieur et intérieur de la porte'. Au dehors, le linteau est orné de quatre i)rntomés de taureaux ailés, en forte saillie, séparées par des rosaces et un Gorgonéion, et qui éveillent le souvenir des chapiteaux de Persépolis. Au-dessous, de petites figures assises représentent les membres de la famille du dj'naste. A l'intérieur, le revers du même bloc montre un orchestre de musiciens grotesques, parmi lesquels un être difforme, à gros ventre et à jambes courtes, reproduisant le type égyptien du dieu Bès (fig. 1»7). Il semble bien que ces huit personnages soient les Cabires phéniciens, et c'est dans le monde oriental qu'il faut chercher le prototype du sujet traité jiar le sculpteur de Trysa. Par contre, voici, sur chacun des jambages, une élégante hgure de danseur coiffé du calathos, et faisant, dans une pirouette, voltiger les plis d'une tunique très ample, allusion évidente aux danses funéraires dont nous verrous plus loin une représentation. A gauche de la porte, s'amorcent deux bas-reliefs distincts de la frise : le chef lycien sur son char, et Bellérophon comliattant la Chimère. Ce dernier sujet est comme le blason du dynaste enseveli dans l'hérôon ; nul doute que celui-ci ne fit orgueilleusement remonter l'origine de sa famille jusqu'au héros lycien dont les iils combattirent à Troie.

On n'attend pas de nous que nous décrivions ici en détail les basreliefs de la frise. Exécutée dans un style facile, coulant, partout semblable ù lui-même, elle n'offre pas de ces morceaux qui retiennent l'attention et dénotent la main d'un maître. L'intérêt réside surtout dans les modèles dont l'artiste s'est inspiré. Nous nous bornerons donc à éiuimérer les sujets, pour nous arrêter seulement î\ ceux qui suggèrent d'utiles rapprochements. Les dilférentes parties de la frise se répartissent ainsi ' :

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