Pausanias, X
de trilogie. Quant à lu manière dont il est traité, on ne saurait méconnaître l'imitation d'un modèle attique : à voir ces ~: fleures d'Amazones, si ^V Ij absolument semblables ;- aux cavaliers du Parthé- I non, on n'a pas de peine I à désigner la provenance i de l'original. Considérons i maintenant l'ensemble de ■s la frise occidentale, la di- I vision en trois parties, la S ])lace relative des sujets, é l'importance attribuée à I la scène de la prise de la Z ville; nous ne pourrons que souscrire au rappro- I chement décisif institué I par M. Benndorf entre la i irise de Tr ysa et 1 a grande ^ fresque du Pn-cile , à g Athènes, oeuvre coUec- H tive de Polygnote , de ^ Panainos et de Micon.
1 Sur les murs du Ptt'cile, on voyait représentés
2 dans l'ordre suivant : 1" ^ la bataille de Marathon,
limitée d'un côté par les vaisseaux phéniciens ; 2° VINoitpersî's; 3° le combat de Thésée contre les Amazones. Comment
I/ÉPOQUK IiK TKANSITION.
uier IV'vidcnce de ce parallélisme? On u'en saurait conclure, il est vrai, que la frise du nmr occidental dérive en ligne directe de la fresque du Pœcile ; on peut admettre tout au moins que le sculpteur avait emprunté à la peinture murale et ses sujets, et ses procédés de composition.
Tel est en effet le caractère général des frises de l'hérôon de Trysa, vaste compilation, où l'artiste a mis en œuvre des éléments empruntés à la peinture décorative. Il est impossible d'expliquer autrement ces scènes de la légende troyenne et thébaine, inspirées par les mêmes poèmes que ceux où Polj'gnote et ses contem|)orains trouvaient les sujets de leurs fresques. Et quand nous reconnaissons dans deux de ces frises au moins, celle des prétendants et celle des Leucippides, deux sujets traités par le grand peintre de Thasos, l'iiypotlièse devient une certitude. Il est plus difficile de déterminer si le sculpteur est un simple copiste, ou s'il a apporté sa part de goût personnel. Nous ignorons en effet l'essentiel, à savoir ce qu'étaient les modèles. On discute encore, on discutera toujours la composition de ces grandes peintures murales d'Athènes et de Delphes où le génie de Polyguote avait accumulé des merveilles. Pourtant, il est hors de doute que les exigences du basrelief créaient pour le sculpteur des difficultés particulières : ces doubles assises de pierre l'obligeaient à étager ses figures sur deux registres; il devait renoncer à les placer sur plusieurs plans, à les grouper avec cette liberté que nous prêtons volontiers à Polygnote, sur la foi des peintures de vases où nous pensons retrouver le reflet de son style '.
Ces réserves faites, il faut admettre (jue le sculpteur suivait le peintre de fort près, et nous surprenons là, comme sur le vif, les procédés de ces artistes de second ordre qui formaient une classe intermédiaire entre les maîtres et les simples marbriers. Nous les imaginons volontiers étudiant les oeuvres célèbres d'Athènes ou de Delphes, couvrant de croquis leurs <( livres d'esquisses )>, h la manière de ces artistes
1. Nous ne pouvons partager sur ce point les idées de M. Benndorf, lorscju'il restitue sur deux registres à compartiments les scènes deVIlioupersia de Polygnote ù Delphes. Voir U'ieiicr Vvrleyebheller, 1888, pi. XII, n° 3, la restitution graphique dessinée par Michalek. Il nous semble que il. Robert est phis près de lu vérité, dans sa restitution de la Xei-i/ia. C. Robert, Die AV/yio </« Puli/i/iiots, 16' l/nllùchtt Winckelmaiintprogramm. Halle, 18112. Dessin de Hermanu Schenck.
voyageurs du seizième siècle venus de Hollande ou des Flandres, qui parcouraient l'Italie le crayon à la main ' ; nous nous les représentons emportant avec eux im riche répertoire, et y puisant à l'occasion, pour couvrir sans peine de vastes compositions le champ qu'une commande heureuse oHrait à leur ciseau.
Maintenant, où chercher le lieu d'origine de ces sculpteurs (pii ont apporté en Lycie un souvenir si exact des monuments de la Grèce propre? On ne peut guère songer àl'Attique. Rien, dans les bas-reliefs de Trysa, ne trahit la facture incisive et nerveuse des frises athéniennes. Sont-ils Lyciens? Mais aucun nom de sculpteur, originaire de Lycie, ne nous autorise à supposer l'existence d'une école locale. Nous attribuons volontiers les frises de l'hérûon à des Ioniens, qui trouvaient dans les traditions de l'école grecque orientale toutes les habitudes de style dont nous avons été frappés : un goût prononcé pour le bas-relief traité comme une peinture, une exécution facile, coulante, peu appuyée. Quant à la date du monument, les indices les plus précis sont le rapport évident de la frise avec les peintures des maîtres contemporains de Phidias, la forme des armes, des costumes, en particulier le chiton dorien des femmes. Ces raisons ont conduit M. Benndorf à placer la construction de l'hérûon de Trysa dans la seconde moitié du cinquième siècle, et plus près du milieu que de la fin '. Pourtant, si l'on songe que les modèles imités par le sculpteur n'ont pas eu seulement une vogue passagère, qu'ils sont restés longtemps un répertoire sans cesse consulté, et qu'enfin la Lycie est pour l'art grec une sorte de région provinciale, on admettra qu'il faut laisser un certain jeu aux appréciations chronologiques. Une pareille œuvre peut avoir été exécutée à la fin du cinquième siècle, sinon au début du siècle suivant.
L'imitation des modèles attico-ionieus , est, avec plusieurs autres, un caractère commun à l'hérôou de ïrysa et à l'édifice lycien 'connu sous le nom de Monument des Néréides. Lorsque Fellows explora la Lycie, en 1838, il en découvrit les ruines sur une colline voisine de Xanthos. Cinq ans plus tard, dans une nouvelle expédition, le voya-
1. Voir par exemple lea livres d'esrjiilssea d'artistes du seizième siùcle étudiés par JI. Jlichaelis, JahrUichcks arch. InsL, 1892.