I 3. — LA PÉRIODE DE
Dans ses voyages à travers le Péloponnèse, le jeune sculpteur s'est trouvé en contact avec l'école argienne ; il a vu les œuvres des maîtres qui continuent la tradition de Polyclète et ces modèles ont pu contribuer à former son talent '. Il est sans doute encore sous l'action de ces influences, lorsque vers 360, de retom- à Athènes, il inaugure la série des œuvres qui vont consacrer sa réputation. Essayer de restituer la vie de Praxitèle pendant cette nouvelle période serait un pur travail d'imagination. Nous connaissons du moins sa liaison avec Phryné, et il est permis de croire qu'il se mêle à la vie de plaisir de la jeunesse athénienne.
Les textes nous autorisent à placer dans cette période plusieurs œuvres célèbres. L'anecdote relative à la ruse de Phryné prouve que deux d'entre elles sont rigoureusement contemporaines : le Satyre de la rue des Trépieds et i'Eros de Thespies. Rien de plus obscur que le passage où Pausanias fait mention du Satyre. « Il y a, dit-il, une rue partant du Prytanée et appelée les Trépieds. Ce nom vient de ce qu'il y a là des petits temples des dieux, et au-dessus sont placés des trépieds de bronze, sous lesquels sont disposées de's œuvres d'art très dignes d'attention. Là est en effet le Satyre dont Praxitèle, dit-on, était très fier. » Et plus loin, après l'historiette du stratagème de Phryné. « Dans le temple consacré à Dionysos qui est voisin, il y a un jeune Satyre versant à boire. Thymilos a fait I'Eros et le Dionysos qui sont debout près de lui ^ ». Ce texte équivoque a provoqué bien des controverses. Ce jeune Satyre versant à boire (SiTupo; ÈTTi irarç, -MX 5tS(mîw £)(.T:w|xa) est-il celui de Praxitèle? Pausanias parlet-il au contraire de deux œuvres différentes, comme on pourrait le penser *? Il y a de bonnes raisons pour croire que le texte est altéré, et que la distinction établie entre les deux Satyres est le fait d'un
i. M. Fartwaeagler a très bien moatré l'action de ce? influences : Meislera-srie, p. 537 et snicaiitea.