‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 125 sur 330 · Viaconti, 31 Po J 11 il XSX · texte numérisé non relu

Viaconti, 31 Po J 11 il XSX

3. HeJb g To ta n Gude 1 j'S où est citée la biblîogritphia ancienne. Brunn, DenhmaeUr, n" 377. Les répl qne. so t en m rées pa Benndotf et Sclioene, DU BUdwerJx des laleraii. Hlaseums, p. 91. Ci FurtH-ae gler Hfulerwe le p 690, note 6.

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On examinera un beau torse du Louvre, trouvé (

; les ruines du

Fig. 1-18. — Satyre au repos. (Rome, Capitale.)

palais des Ce u& a Palatin (fig 149)'. O'estune copie excellente, où

I. Pi-iÈderiehs-W ra G psahg e, n" 1216, Broun, Denhna^; n"' 136, 127, Banmeiatar, Deahmae- 1er des Mass. AU p 399 fig 49 Sur la découTerte aii Palatin , voir Eosa, AmaK, 1865, p. 348.

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toutes les délicatesses du modèle paraissent avoir été senties et rendues. La nébridejetée en écharpe, d'un travail gras et ferme, fait valoir l'exécution très caressée des chairs ; là saillie ronde de l'épaule, les passages habilement ménagés des flancs aux cuisses , tous ces morceaux délicats sont traités avec un

moelleux qui manque trop souvent dans les copies romaines. A en juger par le nombre des répliques, le Satyre au repos était une œuvre fort célèbre, et très goûtée des amateurs. Pourtant l'identification reste un problème, et nous ne trouvons aucun argument plausible pour désigner l'original, parmi les statues de Satyres que les textes attribuent à Praxitèle. Le Satyre de la rue des Trépieds nous est déjà connu pai la statue Boncompagni:

d'autre part, on ne peu!

songer éLUpénhoëtos, qui faisait partie d'un groupe. Eeste, il est vrai, un troisième Satyre, qui était,en marbre, de Parcs, et se trouvait â Mégare, dans le temple de Dionysos ' ; mais nous n'en possédons aucune description précise. C'est donc le style et le sujet, c'est la parentt

Brnnn a pfoposé à» reconnattre schan, VIII, 1882, p. 300. Mais c p, Sfil. A c6té du torse du Palat nant d'Apollonie d'Épire {n> 19â 1. PausaniaB, I, 43, 5.

ans le torae du Palatin l'original même de la statue (i tte opinion est réfutée, avec raison, par Furtwaengler, I, dans la salle du Tibre, est placée >ine réduction du

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avec l'ApoUoQ Sauroctone qui nous autorisent à reconnaître ici une oeuvre de Praxitèle, et sans doute une œuvre de sa période de maturité.

Jusqu'ici des copies qous ont seules renseignés sur le style du grand sculpteur athénien. Avec l'Hermès trouvé à Olympia, nous pouvons aborder l'étude d'un marbre original, portant encore la trace du ciseau de Praxitèle. Peu de statues ont plus rapidement conquis la célébrité ; personne aujourd'hui n'en ignore l'histoire '. On sait comment, au mois de mai 1877, elle fut découverte par les explorateurs allemands au milieu des ruines de l'Héraion d'Olympie, uti peu en avant de la base oii elle se dressait, c'est-à-dire presque à la même place où la vit Pausanias : « un Hermès de marbre , qui porte Dionysos entant ; c'est l'oeuvre de Praxitèle ^. » Couchée sur un lit de fragments de briques, la statue offrait, pour les parties intactes, un merveilleux état de conservation : les jambes et le bras droit avaient disparu. Il n'est pas besoin d'accompagner d'une longue description la planche gravée qui la reproduit (pi. V). Hermès porte sur le bras gauche le petit Dionysos, qui d'une main s'appuie sur l'épaule du dieu, et avance l'autre main, avec un geste de convoitise, vers l'objet qu'Hermès lui montre en manière de jeu. Le groupe est comme soutenu à droite par un tronc d'arbre, servant de support au bras gauche d'Hermès ; mais cet accessoire disparaît presque complètement sous les plis d'une draperie qui, jetée autour du bras d'Hermès, retombe sur le tronc d'arbre et le dissimule. Rien de plus simple, on le voit, que la composition du groupe.

Toutefois, on n'en détermine le sens que si l'on parvient à restituer dans la main droite d'Hermès l'objet qui excite la curiosité du petit dieu. Sur ce point, les hypothèses se sont donné libre cours. Était-ce une bourse, un vase, un thyrse, un paire de crotales^? Ou

1. Voir G. Treu, Hernies mit D'ionysoshiahea, Bei-Iin, 1878. La statue s, été maintes fois reproduite. Nous citerons surtout, parmi les reprodiiotiona, Aasgrahmigiin m Olympia, TU., pi, (î-9, V, pi. 9-10. Fmide voii Olympia, pi. 17-38. fleB. arch., 1888, pi. I, Laloiix et itoncflanï, la Restanration d'Oli/mpiSj plauolie en héliogravnie à la page 100. ^ympta, t. III, 1894, pi. ZLIX-LIII.,

2. Voir, ponr Tesposé de cea différentes opinions, H. Rumpf, Phildogm, XL, 1381, p. 19! et A. H. Smith, OntkeHermei qf Praxitelea. Journal of Selleaic Studîes,!!!, 1883, p. 81-96. M. Smith énumère dans cet article les monuments qu'on peut rapprocher de l'Hermès d'Olympie. On ironrera les prindpaux reproduits à la planche Xn des Wte^r ForlegeUaettsr fUr areh, TJàtimgm, publiés pat M, Benndorf, Série A.

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bien, comme l'avait proposé dans sa restauration le sculpteur Schaper, d'après l'hypothèse émise par M. Hirschfeld, était-ce une grappe de raisin? Cette dernière opinion a pour elle toutes les vraisemblances. Elle se fonde en eftet sur le témoignage de monuments oii l'on peut reconnaître des imitations plus ou moins -libres du groupe praxitélien. Nous citerons en première ligne un petit bronze trouvé à Champdô-

tre-lez-Auxonne, oii la grappe de raisin est placée dans la main d'Hermès ' (fig. 150). C'est une . variante du type praxitélien ; le petit Dionysos est assis dans un pli de la chlamyde qui s'agrafe sur l'épaule d'Hermès, comme dans un petit bronze grec du Louvre, dérivant, d'une manière moins directe , du même original " (fig.151). Pluscon- . cluant encore est le témoignage de deux peintures pompéiennes, où le souvenir du groupe d'Olympie apparaît avec toute évidence^ L'une reproduit assez fidèlement l'atti-

Fig, 150. — Hermèe portant Diocy-

E06 enfant. Petit bronze, trouvé à

Ohampdôtre-lez-ADSonne.

Eig. 151. — Hei-mès porÈant

Dionysos enfitat. Petit bronze dnMuséedn Louvre.

E, Gasetle arch.t 1889, p. 95, pi. 19, 2. Cf. S. Seinach, De^cr. i-aisoniiée du miisée de Snini-GeïTBBÎB-eB-ioje, Bronses figv,Hs ds la Gaule romaine,-p. 78, n° 67. M. Héron de Villefoase compare au Ijronae de Ciiampdfltre-leî-Aoxoniie âeos autres répliques romaines, la patère d'aigant du musée de Tnrin, portant en reHef sur le manche une réduction de l'nermès tenant la grappe de raisin, et tme stèle trouvée en totcaine près de Hatriie. Le bronze dn mnaée de Péronne, trouvé à Marché- Allouarde ÇSec, arch., 188i, II, pi. XVI) est une réplique plus éloignée de l'original.

2. G. Waldslein, Jonmal of Sellen. Studies, III, 1883, p. 107, avec une planche. Gas. arûli., 1889, pi. 19, fig. 3.

8. Feintiu-e de la Cam dd itaviglio, von Bohden, Jalerb. des arcA. Imt.i II, 1SS7, pi. 6, p. 66, Pein-

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Sculpture Grecque T. 11

HERMES FORTATJT DIONYSOS ENFANT ( Musée a'Olympie )

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tude de l'Hermès et même la draperie tombante ; dans l'autre, le sujet a été comme déformé par une interprétation fantaisiste. Hermfes est devenu un Satyre, et Dionysos un Éros ailé; on sent que le goût alexandrin a passé par là. Mais le peintre, dans les deux cas, a eu soin d'indiquer la grappe de raisin, et cette concordance emporte la conviction. On n'hésite donc pas à replacer dans la main de l'Hermès une grappe de raisin, et si l'on ajoute dans la main gauche le caducée en bronze doré, dont la place est indiquée par !e vide ménagé entre la paume et les doigts, on aura sans doute une idée exacte de la statue. Etait-ce là un simple sujet de genre? On a souvent relevé les analogies que présentent, pour l'esprit général de la composition, le gi'oupe d'OIympie et l'Eiréné de Képbisodote. Ces ressemblances suffisent à dénoncer le caractère allégorique du sujet traité par Praxitèle '. Qu'on adopte, pour la dédicace, la date de 363 ou celle de 343, qu'on discute sur les événements historiques qui l'ont provoquée, un fait reste certain ; les deux divinités symbolisent l'Arcadie et i'Elide, et leur union atteste la concorde établie entre les deux pays.

Dans la composition du groupe, Dionysos n'a qu'une importance secondaire. Visiblement l'artiste a sacrifié cette petite figure, devant laquelle passait le caducée d'Hermès; il en a réduit les proportions et comme esquivé l'exécution. La figure capitale est celle de l'Hermès, et c'est là qu'éclate toute la maîtrise du sculpteur. Si l'attitude fait encore songer aux statues accoudées, ce n'est plus la pose nonchalante du Satyre au repos, ou de l'Apollon Sauroctone. La beauté virile la plus achevée resplendit dans ce corps svelte et robuste, et l'attitude appuyée qui met en évidence la flexion du torse et la saillie de la hanche, détermine un jeu de lignes souples et fermes à la fois, sans mollesse ni langueur ^. La tête est un de ces morceaux qu'on ne saurait étudier de trop près. Une tête originale de Praxitèle, absolument intacte ; c'est là une de ces bonnes fortunes dont on sent tout le prix. Avec sa chevelure aux boucles courtes et drues, son front légèrement

■ ture de la Casa di Sàllaitio, Portwaengler, Der Satyr poii Ptrgamon, pi. III, fig. 6 ; meilleme reproduction donnée par A. Schneider, F6si«i;7ii'i/ï/ïif Johaanes Overbech, Leipaig, 1393, pL V.

1. Voii' les remarqaea de M. & Reinach, Rev. arch., 1888, 1, p. I-i.

2, Le ïythme des lignes a été étudié par M. Arthur Schneider, Zur Hermès des Praxiieles, Feitschrl/l far Jokaimei Oserbeck, p.. 86.

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saillaot à la partig inférieure, ses traits réguliers, la tête de l'Hermès fait songer aux types athlétiques traités par les prédécesseurs de Praxitèle (fig. 152). On en retrouve les formes essentielles dans la tête d'une statue de Munich, l'athlète versant le contenu d'un flacon d'huile ; or c'est là une copie d'un original attique de la seconde moitié du cinquième siècle. Ces rapports, M. Kekulé les a mis en pleine lumière ' ; il a rattaché avec raison le type de l'Hermès aux modèles attiques, et montré qu'il trouve sa première expression dans le Discobole de Myron. Mais à ce type en quelque sorte classique, Praxitèle a imprimé un caractère très personnel. Tout est en nuances dans le délicat travail qui modèle si finement les plans des joues, les saillies du front, et, par une particularité propre au style de Praxitèle, amortit doucement la saillie de. la paupière inférieure. Grâce à une exécution aussi poussée, le visage prend comme une expression un peu ambiguë, qui a provoqué des commentaires très subtils. Est-ce rêverie, ou même mélancolie, comme on l'a affirmé? En étudiant l'original, je n'ai pu y voir qu'une expression sérieuse, tempérée par l'imperceptible sourire qui flotte sur les lèvres, et traduisant seulement la condescendance un peu hautaine du dieu jeune et robuste qui se prête à un jeu d'enfant.

Il y a peu d'oeuvres antiques que trahissent au même degré les moulages ou les reproductions. Seul, l'examen de l'original peut faire sentir l'art consommé de l'exécution, et lorsqu'il s'agit d'un maître comme Praxitèle, c'est dans l'exécution que résident les qualités les plus personnelles. Kien de souple, de fondu, comme le modelé du corps ; rien de savoureux comme les jeux d'ombres qui glissent sur l'épiderme du marbre. Le soin apporté au rendu des chairs ressort mieux encore, grâce au travail de la draperie. Sur ces plis coupés d'ombres nettes, et imitant jusqu'aux froissements de l'étoffe, la lumière se brise au lieu de caresser de déhcats passages de plans. Il y a ià un parti pris évident de coloriste, et peut-être faut-il établir une corrélation entre ces procédés de style et l'emploi de la polychromie. Les traces de brunrouge observées sur les cheveux et sur les courroies des sandales per-

I. B, Keknlé, Uebtr denSojifdei Praxkdisohoit iB de Uuuicli, t I, p. 482, âg. SIS.

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PEAXITÈLE. 205

mettent de, croire que la statue était peinte'. On connmt d'ailleurs le propos attribué à Praxitèle. Comme on lui demandait quelles étaient celles de ses statues de marbre qu'il estimait le plus : « Celles, répondit-il, auxquelles le peintre Nicias a mis la main. »

Nous ne reviendrons pas sur les raisons qui autorisent à placer

Fig. 152. — Tête de l'Hera

e Praxitèle. (Musée d'Olympia")

le groupe d'Olympie au temps de la maturité de Praxitèle. Si l'on considère la perfection du style, les progrès réalisés dans l'attitude, en regard des œuvres de jeunesse, on trouvera des arguments nouveaux. Sans doute le sculpteur a pu, pour la donnée générale, se souvenir de l'Eiréné de Képhisodote et même de l'Hermès nourrissant Dionysos enfant, attribué par Pline au même artiste. Mais n'est-ce pas là une

I. Uouaavoas signalé ailleurs les essais tentés pour restitner la polychromie del'Hermcs ; La pohjchromie dans la scid^t'urc grecgfie. Sevue des Dcuz-Mondeij 16 février 1896.

296 LE QUATBIÈME SIÈCLE.

pratique très fréquente chez les sculpteurs grecs, pour qui rexécution prime l'invention? Au reste, l'Hermès a bien des droits à être placé parmi les œuvres originaJes, qui, à leur tour, provoquent des imitations. Telle statue, par exemple l'Hermès du Belvédère au Vatican, atteste que dans l'école de Praxitèle, la statue d'Olympie est restée comme un modèle et un enseignement'.

Si certaines analogies d'attitude peuvent fournir des éléments pour un classement chronologique, on sera tenté d'attribuer à la même période que l'Hermès le Dionysos exécuté par Praxitèle pour les Eléena, et placé dans un temple voisin de l'ancien théâtre^. Il nous est connu par une monnaie d'Élis frappée au temps d'Hadrien \ Le dieu, debout, est vêtu d'un hîmation qui laisse voir le torse nu, et recouvre les jambes ; la main gauche tient une phiale et un thyrse ; la main droite élève un rhyton ; à ses pieds est un tympanon, et de l'autre côté une panthère familière ; la tête vers son maître. On reconnaît bien l le rythme de lignes appliqué à la statue de l'Hermès. Le témoignage de la monnaie éléenne permet d'écarter l'identification du Dionysos d'Élis avec un autre Dionysos attribué à Praxirij l'j - D nvos sta tèle, sur la foi du rhéteur Callistrate^ Dans son tiettedebi are cMiiiaécdu gj^j^ fleuH et vcrbcux, l'écrivain grec décrit un Dionysos de bronze,'« an corps tendre et déhcat,... que l'on sentait frémir sous les doigts ». ir L'œil lançait des flam-

1. Helbig-Toutain. Guide,!, a' 145. Voii' pour les répliques, dont une des meilleures est le Mercure FamèseduBritàali-Muaeum.aftMAEii., ^ifte», m, 1878, p. 100-103. M. Furtwaeugler attribue l'Hermfe du Balrédère & l'un des 6fe de Praxitèle. Meiaterwerie, p. 571.

3, PansanUs, VI, 36, 1.

3. R.Weil, ZeUichrlflf&r Numiimalih, SIII, 18B6, p. 384-388 ; lœliooE-Blumer et Peroy Gavdner, A'Kinim. Comwentary on Pausanias, p. 7*. La jiimbe gauche paraît croisés sur la jambe droite, qui porte le poids du corps.

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