Meineke, Frag., com, gr., III, p
2. Ses œuvres étaient certainement fort appréciées. Une inscription de Fergame, gravée snr la b d'nne de ses statues, vers l'an 200, nous apprend que la statue avait étë enlevée à Oréos d'Eulée, si donte par Attale. Frankel, Inichr. von Fergamotij a" 50.
3. Voir pour les textes, Overbeok, Schriflqaeïïen, n™ 1313, 1432.
4. Psendo-Platarqae, Vie des die Orateurs, Lyaa-gue, 10, 11. £>. Visconti, IcusograpMe grecque, pi. 38, 2.
[auion dans le portrait de Thucydide, au musée de Naples ' ; quel qu'en soit l'auteur, l'artiste avait sans doute un modèle plus ancien, la statue en bronze de l'historien attique , érigée sur l'Acropole. En général les portraits de cette période se recommandent par un style encore très large, une grande tenue de facture, avec une recherche croissante de la vérité. L'art du portrait est comme à mi-chemin entre l'idéalisme du cinquième siècle et le réalisme aigu, minutieux, qui- prévaudra après Lysippe.
Pourtant, il n'a pas rompu absolument avec toute recherche d'idéalisation, tendance assez légitime, quand i! faut, dans un monument officiel, glorifier un homme qui n'est pas un contemporain. A ce point de vue, les portraits de Sophocle peuvent nous fournir de curieux renseignements. Une statue du musée du Latran, trouvée à Terraciue, est, suivant toute vraisemblance, une copie assez fidèle de la statue de bronze élevée par Lycurgue f fig. 178) ^ Le poète est représenté debout, drapé dans son manteau, avec l'élégance étudiée d'un Athénien du quatrième siècle. La tête est droite, le regard rêveur ; la barbe se masse en boucles conventionnelles, comme celle d'un Zeus. Or, Sophocle étant mort en 406, le sculpteur a dû recourir à des portraits exécutés du vivant du poète, peut-être à la statue élevée par le fils de Sophocle, lophon. Grâce à la pénétrante étude de M. Winter, on peut reconnaître ces modèles dans une série de bustes ou d'hermès doubles, conservés à Londres, au Louvre, au musée du Capitule, à Berlin \ Ces monuments, où la barbe et la chevelure sont traités avec moins de convention, représentent assez bien les documents iconographiques consultés par le sculpteur de Lycurgue, pour reproduire, dans une statue officielle, l'image de Sophocle.
S'agit-il d'un contemporain? Le sculpteur fait moins de concessions. La recherche du type individuel s'accuse avec plus de force dans les portraits des hommes célèbres qui vivent au quatrième siècle. La slatue d'Eschine du musée de Naples, trouvée à Herculanum, est une copie d'un original attique du temps d'Alexandre ou de ses premiers succes-