‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 152 sur 330 · Cicéron, ia Very., IV · texte numérisé non relu

Cicéron, ia Very., IV

3. Jahrttick des arch. Inst., V, 1890, pi. 3, p. 152 (Winter). Helbjg-Tontain, II, n" 78S. Aradt-Bruckmann, Gi-iechund roem. Fortrûts, n"' 147-118.

E GEBCQUE. — T. II. 4i

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points le type de la poétesse lesbienne, tel qu'il est reproduit sur les monnaies de Mitylène, sans doute à l'imitation du portrait de Silanion '. Il va de soi que le prétendu portrait de Sappho, et celui de la Béotienne Corinne, également attribué à Silanion, ne pouvaient être que des créations idéales. Il en est tout autrement avec la statue de Platon.

L'artiste avait pu connaître le modèle, et il est permis de croire que les portraits du philosophe, exécutés de son vivant, ne faisaient pas défaut. Un buste du musée de Berlin, en forme d'hermès , de travail d'ailleurs médiocre, porte une inscription qui le désigne comme l'image de Platon (fig.

177) ^ Grâce à ce témoignage, on peut reconstituer la série de ses bustes.

A la tête de cette série prend place un hermès du Vatican qui, par la finesse du travail, semble dénoncer un original en bronze, et sans doute une copie de l'œuvre de Silanion ^ Il se distingue en effet des bustes de date postérieure, exécutés à l'époque hellénistique, et traités avec un sentiment plus réaliste. Tous ces bustes ont d'ailleurs des caractères communs : le front bas et large, les tempes renflées, les cheveux régulièrement disposés sur le front, la barbe longue

1. Numismalische Zeitichrift de von Sallet, IX, pi. i, C, p. 114.

S. Helbig, Jahriuth dei arcTi. Imt., I, 1886, pi. 6, 1, p. 71.

3. Ibi±,ç\. 6, no 2. Helbig-Toutain, Gwds,!, 265. Lenom Se Zénon,graTé siicriieniièa,estuiie inacription fansse. Sur les portraits de Platon, voir, ontre l'article cité de Helbig, S. Eeiiiaoh, American Jonm. of archaiologs, IV, 18B8, p. 8. Winter, Jahrliieh, V, 1890, p. H

(Mu ée le Eerln)

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LES CONTEMPORAINS DE SCOPAS ET DE PRAXITÈLE. 347 etbieapeignée.On retrouve làrexpressionauatère dont s'égayait le poète comique Amphis, contemporain du philosophe. « 0 Platon , toi qui ne sais que prendre un air refrogné, comme un colimaçon, en relevant les sourcils avec gravité '. » Nous connaissons donc au moins dans Silanion le sculpteur de portraits. Nous voyons en lui un artiste appliqué, correct, un habile praticien plutôt qu'un inventeur, et ces caractères exphquent la place secondaire, quoique honorable, qu'il occupe parmi les sculpteurs attiques du cinquième siècle ^

Nous devons nous arrêter à la sculpture de portraits. Dans ce genre, en effet, Silanion n'est pas un isolé. Nous avons vu des artistes du cinquième siècle, comme Crésilas, le précéder dans cette voie, et, un peu plus tard, Démétrios s'y engager à son tour pour incliner résolument vers le réalisme. Déjà, au cinquième siècle, la mode se répand de reproduire les traits des écrivains célèbres, portraits fictifs ou réels, selon qu'il s'agit d'anciens poètes, comme Anacréon, ou de contemporains, comme Euripide ou Thucydide. Au quatrième siècle, ce genre a conquis la vogue. Les commandes de l'Etat ou des particuliers multiplient les portraits des Athéniens illustres, poètes, historiens ou orateurs. Timothéos, fils de Conon, consacre à Eleusis un portrait d'Isoerate. Sur la voie sacrée éleusinienne, le poète tragique Théodecte, mort en 334, a un fastueux tombeau qu'entourent les statues des grands poètes grecs, depuis Homère ^. Entre 350 et 330, l'orateur Lycurgue fait élever au théâtre de Dionysos les statues en bronze des trois grands tragiques d'Athènes \ Parmi les contemporains de Silanion, beaucoup d'artistes, sans aucun doute, signent des œuvres de cette nature, et combien de bustes épars dans nos musées dont les originaux remontent au quatrième siècle! Le beau buste de Lysias, conservé au musée de Naples, a certainement pour prototype une statue de cette époque '\ Oc a proposé, non sans vraisemblance, de reconnaître le style de Si-

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