CHAPITRE VI
5 1. —LA SCULPTURE MOSUMENTALE.
En suivant l'histoire de l'école attique, nous avons vu les villes d'Asie Mineure faire appel au talent des maîtres athéniens. Au quatrième siècle, en effet, les riches cités ioniennes qui s'échelonnent sur la côte asiatique, de l'embouchure du Caystre au golfe lasique, Ephèse, Priène, Milet, sont le théâtre d'une renaissance artistique. Tout en suliissant parfois le contre-coup des luttes qui se poursuivent en Grèce, elles jouissent cependant d'une tranquillité relative. Sous l'autorité lointaine des satrapes perses, sous le gouvernement direct d'oligarques dévoués au Grand Roi, elles peuvent développer leur richesse commerciale, et devenir assez prospères pour entreprendre, souvent avec un luxe inouï, la construction de grands sanctuaires. Dans ces édilices élevés par des architectes de l'école de Pythies, Pseonios d'Éphèse, Daphnis de Milet, Deinocratès, l'architecture ionique déploie toute sa richesse; jamais, pas même à Athènes, elle n'a atteint un tel degré de perfection.
Ephèse est la perle de ces belles et opulentes cités, éparses sur les rivages capricieusement découpés de la côte ionniene. Dans la plaine où le Caystre forme une lagune avant de se jeter fi la mer, dans « un beau site grec, aux horizons clairs, formés parfois de cinq ou six plans de montagnes ' », elle montrait encore avec orgueil, jusque vers le milieu du quatrième siècle, le vieux temple de l'Artémis éphésienne,