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lequel M. Studniczka reconnaît ingénieusement l'imitation du baldaquin à prothésis, employé en Egypte pour l'exposition du corps '. Entre les colonnes, dix-huit femmes se tiennent debout ou appuyées contre la balustrade qui semble fermer l'édicule. Leurs attitudes recueillies ou affaissées, leurs gestes de deuil, les désignent comme des pleureuses ; OH pénètre sans peine la pensée de l'artiste qui les a placées là comme un « choeur de douces gardiennes, veillant autour du cercueil où repose leur maître et ami ^ y>. Avec un sentiment exquis, il a écarté tout ce qui serait violent ou exagéré, et ces belles figures pensives, aux gestes sobres et contenus, n'en traduisent qu'avec plus de force l'idée d'une douleur silencieuse. Ce thème unique de la vivante image du deuil, le sculpteur a su le traiter avec une grande variété. Dans ces dix-huit figures, aucune répétition. Les unes sont debout, soutenant d'fine main leur tête inclinée, ou ramenant vers leur visage les plis du voile qui les enveloppe. Une autre cache avec son voiie ses yeux mouillés de larmes. Celle-ci s'appuie contre la balustrade, les mains croisées, le regard perdu, dans une pose de languissant abandon. Sa voisine semble comprimer de-la main sa poitrine palpitante. D'autres sont accoudées sur le tympanon dont les sons plaintifs et sourds viennent d'accompagner le thrène funèbre. Par leurs formes amples, leurs types, leurs costumes, elles offrent avec les figures féminines des stèles athéniennes d'étroites analogies ; et l'une d'elles semble même être la sœur jumelle de la statue funéraire attique reproduite dans un chapitre précédent (fig. 213) ". Le sculpteur est-il un Attique? Rien n'empêche de le croire. En tout cas, il a connu les stèles que sculptent les contemporains de Praxitèle, et lui-même a dû vivre au milieu du quatrième siècle, au temps oîi Scopas et ses émules exécutent les frises du Mausolée.
Le sarcophage des pleureuses n'est certainement pas un cercueil d'occasion. Les sujets qui décorent le couvercle et le socle sufiîraient à le démontrer. Tandis que les frontons montrent un groupe de trois pleureuses assises, sur les Ion gués faces de la balustrade le sculpteur a
'1. Jahrbuck, 1894, an. cité, p. S35,