‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 184 sur 330 · Jahrbaeh, IX, 1894, p · texte numérisé non relu

Jahrbaeh, IX, 1894, p

3. Dans le voisinage immédiat de la néoropole fouillée par Ini, Haindy Bej a décourert le tombeau d'nn roi da Sidon, Tabnit, le père d'Eschmoanazar H. Le earoopiiage royal, comiae celui d'EaclimoiimiH zar, est de pnr style égyptien, et paraît être nn sarcoptiage égyptien désaffecté. (Voir Ph. Berger et G. Maspero, EeB.arch., 1887, p. l et suiv.). La date de ces deuïrois est fort douteuse, et on a proposé de la faire descendre jusqu'au débnt du troisième siècle. Toutefois M. Studniczta fait valoir des argumenta très plaueiblea pour la reporter au commencement du cinquième siècle. On établirait ainsi, pour les sarcophages anthropoïdes, la clironologie suivante. 1° Sarcopbages égyptiens, avant 500. 2" Sarcophages de style grec égyptisant, en majorité dans la première moitié du cimniiàme siècle , quelques exemplaires, les plus'réeents, s'éclielonnant jusqu'au quatrième siècle.

4. C'est l'àjpotlièso que développe 11. Théodore Eeinach, Gaa. des Beaiix-ArtSj art. cilè.

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mande par des artistes grecs, et destinées dès le principe aux princes sldonieiis qui ont reposé dans cea tombeaux? Cette dernière hypothèse , a été soutenue, avec des arguments très forts, par M. Studniczka '. Le groupe des sépultures fouillées par Hamdy Bey constituant une nécropole royale, il convient de se reporter à la série chronologique des rois de Sidon ; et si le style des sarcophages, la nature des sujets représentés concordent avec les données historiques, il ne sera pas impossible de désigner les titulaires de quelques-unes au moins de ces tombes royales.

Le plus ancien des sarcophages de pur style grec est celui qu'on a appelé le « sarcophage du Satrape »". C'est le plus simple de forme; il consiste en une cuve rectangulaire, avec un couvercle à frontons et à acrotères; la cuve seule est ornée de bas-reliefs très détériorés et comme rongés par l'humidité du caveau. Le personnage qui a donné son nom au monument est un dynaste oriental, représenté dans trois des quatre compositions en relief. On le voit couché sur un lit de banquet, !\ côté de sa femme assise, et servi par des jeunes femmes; ailleurs, escorté de cavahers, chassant la biche et la panthère. Sur une des grandes faces, il assiste à l'essayage d'un quadrige, tandis qu'un écuyer tient par la bride un cheval de selle (fig. 210). A voir le type des chevaux aux crinières droites, aux formes sèches, on est tenté de placer l'exécution du sarcophage bien près de l'année 450. Mais il y a d'autre part tant de vie, tant de naturel, dans la scène de l'essayage du quadrige, que nous inclinons à une date postérieure d'au moins une vingtaine d'années. Ce qui paraît certain, c'est que l'auteur est un de ces artistes de la Grèce orientale, qui, vers la même époque, travaillaient pour les dynastes de la Lycie et de la Carie. Le monument a pu être commandé dans quelque ville ionienne, pour un roi sidonien, avant la fin du cinquième siècle.

On attribue sans difficulté une date plus récente au sarcophage lycien découvert dans une autre chambre (fig. 211)'. Eien de plus fréquent en Lycie que ce type de tombeau, composé d'une cuve et d'un

!. Jahrbuch des anh. /«*«., IX, ISDi, art. cUé.

3. Hamdy Bey et Th. Eemach. Une «dcrop. royale à Siâon, pi. XX, SZI, XXU.

3. Mcrop. roycde, pi. XV, XVI, XVII. Winter, Arch. Anteiger, 1SS4, p. 10, U. fig. 4-7.

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couvercle très haut, dont la section dessine un arc aigu, allongé en ogive', et c'est là une raison de croire qu'il s'agit peut-être ici d'un monument détourné de sa destination primitive. Peut-on désigner le roi de Si don qui se l'est attribué? Un prince sidonien, dont nous ignorons le nom, et dont le règne se termine en 374, se trouvait en 394 dans les eaux de Gnide, avec la flotte perse de Pharnabaze, et combattait sous les ordres de Conon^. Est-il impossible que, pendant sa croisière le long des côtes cariennes et lyciennes, il ait pu mettre la main sur ce monument dont la richesse et la beauté faisaient un vrai tombeau de roi? Le style des sculptures ne dément pas cette hypothèse : c'est bien une œuvre exécutée au début du quatrième siècle. Les sphinx et les

- L'essayage du qniidiige. Pragmeiit de la face ouest du e Sarcophage du Satrape )> ( Musée impérial de Constaulinople. )

griffons qui décorent les deux tympans en ogive sont du plus beau dessin, et les scènes sculptées sur les quatre faces de la cuve dénotent l'influence directe de, la sculpture monumentale attique. Le groupe des deux Centaures affrontés, qui, sur un des petits côtés, s'acharnent contre l'invulnérable CEeneus, éveille le souvenir des frises du Théséion et de Phigalie; il a passé dans une des frises de Trysa, avec tant d'autres sujets empruntés à des modèles attiques. Les sculptures des grandes faces trahissent les mêmes procédés d'adaptation. Des Amazones, montées sur deux quadriges, et chassant le lion, font le sujet d'une composition touffue, mais où l'on retrouve cette perspective fuyante

1. Voil Benndorf et Niemann, lieisea in LyVœiiand Karien, I, p. 106-107,

2. Babelon, BuU.de con-esp. MUii., 1881, p, BIB, c£. Stndmcak», art. citi, p. 234 e1

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400 LE QCAT-HIÈMK SIECLE.

des chevaux de l'attelage que nous avons observée plusieurs fois dans les œuvres attiques de la fin du cinquième siècle. L'autre scène, deux pelotons de jeunes cavaliers chassant le sanglier, nous reporte au

( Mu^ée imxîcrial de Conalimtmople.)

Partliénon. Ces jeunes gens coiffés de l'alopélds ou du pétasc, maniant fièrement des chevaux fougueux, nous les connaissons pour les avoir vus, escortant au galop de parade la procession du peplos. Ils

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reparaissent ici, mais un peu alourdis de forme, resserrés dans le cadre étroit d'une composition trop dense. Ces emprunts manifestes à la sculpture attîque, cette exécution un peu molle, dénoncent à n'eu pas douter la main d'un artiste de la Grèce asiatique ; le « sarcophage lycien » vient ainsi se joindre au Monument des Néréides et ans frises

de Trysa pour attester le séduction qu'exercent, jusqu'en Lycie, les inimitables créations de la plastique athénienne.

Le sarcophage (c des pleureuses » est plus récent encore. Analogue pour la forme à celui « du Satrape », mais beaucoup plus riche, il se compose d'une cuve avec un couvercle figurant un toit orné de frontons, et muni d'une sorte de balustrade couverte de bas-reliefs (fîg. 212) '. La cuve offre l'apparence d'un édifice à colonnes ioniques et à pilastres, dans

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