Voir t, I,fig
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trouvée, en 1889, dans les fouilles de l'Acropole ' ; grâce à ce nouveau fragment, on comprend la familiarité imprévue du geste de la main gauche, qui retrousse la masse flottante de la chevelure dénouée. Plus familière encore est l'attitude de ce jeune dieu, Ares, suivant toute vraisemblance, qui, le buste renversé en arrière, tient les deux mains, autour de son genou (fig. 36). Cette figure à la pose néghgée
Groupe dedieui. Poséidon, Dionjaos, Peîtho. Prise de Veit, TI (Athénea).
qui a fort intrigué les critiques, nous montre simplement une adapiation plastique d'un motif inventé par le grand peintre Polygnote. Dans la fresque célèbre de la Nekyia, à Delphes, on admirait fort un Hector attristé, assis, et a tenant, dit Pausanias, les deux mains autour de son genou ^ ». Voilà sans aucun doute, le prototype de l'Arès de
1, Ces trois figures portent lea n"' 30, S9, S8, dans la planche deMicîiaslîs. Celle de Bruun (n= 108) donne la QOUTeau fragment mis en place. La tÈte d'Iria a été publiée par M. Waldstein, Âmerkan- Jouriud of Archaelogy, V. pi. 2, p. 1-8.
2. Pauaaniaa, X, 31, 5. M. Paul Girard a trÈa ingénieusement montré avec quelle fayeur la peinture de vases avait adopté ce moti£ tout nouveau. La Peinture antique, p. 17*. Voit en particulier le personnage d'Ulysse, dans nnB peinture de vase représentant l'ambaaaacle auprès d'AcMle, Arck. Zei-
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la frise; faut-il nous étonner de cet emprunt, quand nous avons déjà constaté dans les frontons les traces de l'influence exercée par le style de Polygnote? Près d'Ares, Déméter est assise, grave et rêveuse, tenant le flambeau des initiations éleusiaiennes. Enfin vient im dernier groupe, deux jeunes dieux dont l'un, Apollon, s'appuie sur l'épaule d'Hermès, qui a déposé sur ses genoux son pétase tliessalien; on croit voir deux beaux éphèbes conversant entre eux, dans une intimité fraternelle et pleine d'abandon. Si l'on tient compte des difficultés que créaient eai sculpteur les limites étroites de la frise, on admettra qu'il ne pouvait traduire plus clairement sa pensée. Isolés des personnages humains qui les entourent, inviaibîes à leurs yeux, les Olympiens contemplent la belle ordonnance du cortège qui vient s'arrêter à leurs pieds. L'assemblée des dieux est comme le point central vers lequel convergent les deux rangs de la procession; un peintre, trouvant dans la perspective les ressources qui manquent au sculpteur, traduirait la même idée en plaçant à l'arrière-plan du tableau les dieux groupés eu demi-cercle'.
Si, dans cette composition, on admire l'heureux ageacement et la beauté du style, on se rend compte aujourd'hui qu'elle n'est pas entièrement une création de Phidias. Quand les fouilles de l'Ecole française à Delphes ont mis au jour, en 189é, la frise attribuée au Trésor des Siphniens, la surprise a été grande ; il fallait bien reconnaître, dans cette oeuvre du sixième siècle, le prototype du groupe des dieux. Sur la frise orientale, le sculpteur avait représenté le coznbat autour du cadavre de Sarpédon et la délibération des dieux. D'un côté, le combat ; de l'autre, vers la gauche, les dieux assis, et partagés en deux groupes symétriques : les divinités favorables aux Troyens et les divinités hostiles'. On voit que les procédés de composition sont bien plus naïfs qu'au Parthénon; le combat qui devrait former la scène centrale est reporté en dehors du cercle des dieux. Et pourtant le sculpteur archaïque a trouvé, pour représenter cette assemblée divine, des atti-
Ibhi/, 1881, pL 8; cf. sur les peintures da la I^eki/ia l'étude de it. Ca,rl Eohert ; Die lielii/ia dis Polygnot, 15° Haîlischss WincloniinaaniprogTam-in, Hîdie, (892.
1. C'est ce q.nc fait bien oomptendïa 1» restitatàon grapUique iraagiaée pac H. Marray, Reo. arch., t. XSXTIII, p. 89. Cf. les l'emarques du même auteur, Gi-eék scidptare, t. II, p. 99.
2. Saraolle, Bull, de correap. /iellét.,XYIII, 1894, p. 193. Gai. dei Beain: ArU,!^'-- n^vrll ISSo p. 33S.
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tudes des groupements d'une grâce infinie; c'est comme une première esquisse, un peu gauche, mais charmante, de la frise de Phidias, 2eus trônant à côté d'Héra sur un siège à haut dossier, Apollon Aphrodite et Artémis formant un groupe familier et étroitement lié, Ares assis à l'écart, voilà bien les figures que nous retrouvons au Parthénon. Le groupe d'Athéna et des deus déesses qui regardent le combat est une composition exquise, et le geste de la divinité qui
Fig. Sr. — Fragment de la ftiae du Trésor dit des Siphnieas. Face est. (Delphes.) (D'après une photographie commnniqnée par M. Homélie),
caresse le menton de sa voisine pour attirer son attention trahit une adorable naïveté (fig. 27). Il semble qu'on trouve déjà, dans la frise du Trésor, l'abandon, la familiarité qui prêtent aux dieux du Parthénon un charme si pénétrant. Certes, le mérite de Phidias n'en est pas diminué; de l'esquisse, il a fait un tableau achevé. Mais rien ne montre mieux comment, même aux plus grandes époques, l'art grec a moins le souci de l'invention que celui de la perfection du style.
A droite et à gauche des dieux assemblés s'avancent les deux files parallèles du cortège dédoublé. Tout près des Olympiens, un groupe de personnages a déjà fait halte ; on peut y reconnaître les magistrats de la cité, les archontes, les hiéropes, les ordonnateurs officiels de la
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fête, tous ceux à qui leurs fonctions donnent le droit de figurer aux premiers rangs. Drapés dans l'himation aux larges plis, appuyés sur leurs longues cannes, dans l'attitude que prêtent aux Athéniens de îa classe aisée les peintres de vases du cinquième siècle, ils causent entre eux, et attendent le reste de la procession. Voici en effet les ordonnateurs, guidant un long cortège de jeunes filles qui s'avance à
pas mesurés. Nous savons par les textes que les jeunes filles desplus nobles familles d'Athènes prenaient part aux Panathénées. Aux unes était dévolu le rôle de canéphores ; elles portaient dans des corbeilles les accessoires du sacrifice ; les autres , choisies également parmi les fi-lles des Eupatrides , avaient travaillé au peplos; c'étaient les ergastines ('Epyx(7Ttvai.) Un décret daté de l'année 98/7 leur décerne des éloges pour avoir fait honneur à la procession « par la beauté et la dignité de leur tenue », et offert à la déesse une phiale d'argent ' . Il est assez difficile de les distinguer dans la frise. Pourtant, sur une des dalles, conservée au Louvre, oû peut reconnaître des canéphores dans les jeunes filles du premier rang, devant lesquelles un ordonnateur tient une corbeille^ (fig. 28 A). Celles qui suivent, séparées des premières par un héraut, sont sans
;t héraut. Frise da Veït, VII.
1. Koehler, Mittheil. Âtlen., VIII, p. 67. P. Fouosrt, Revue de corresp. heilén., XIII, 16*9, p. 170 a. MichaeliB, Atlas, pi. XIV, daUe VII.
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doute des ergastines, reconnaissables à la piiiale que tient l'une d'elles (fig. 28 B). Quel que soit leur nom, ces figures évoquent pour nous la plus pure image de la jeune fille athénienne. Vêtues du long chiton aux plis droits, le léger voile de fête jeté sur les épaules, elles marclient d'un pas lent, la tête nn peu inclinée, charmantes de grâce et de retenue, comme il convient aux filles d'Eupatrides , sévèrement élevées dans le gynécée. D'autres femmes les suivent, plus étroitement drapées dans leur manteau et peutêtre faut-il y voir les femmes métèques, de condition inférieure , portant des iarûle-parfums, des phiales, des œnochoés de métal, en un mot tout le matériel qui servira au sacrifice. A l'angle gauche de la frise, un héraut se retourne et semble inviter ceux ^^s- ^» ^- - ErK^tmes. Fris. &. i'.st, vu, (M«.ée aa louvi«.) qui le suivent à presser le pas : procédé aussi discret qu'ingénieux pour relier aux premiers rangs du cortège la partie de la procession qui occupe les faces latérales.
Suivant la méthode de composition adoptée pour l'ensemble de la frise, les mêmes groupes se répètent dans les parties nord et sud ; il y a, de chaque côté, comme une moitié du cortège dédoublé. Il nous suffira donc d'indiquer la succession des groupes, qui est la même sur les deux faces. D'abord viennent les victimes, vaches, taureaux et brebis, offertes par la cité, ou envoyées par les colonies athéniennes, suivant l'obliga-
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tlon qu'Athènes impose formellement à chaque colonie fondée par elle'. Des jeunes gens les conduisent, élégamment drapés dans les plis de leur hîmation ; mais çà et là un taureau récalcitrant mugit ou se cabre ; son conducteur s'efforce de le maîtriser, et voilà autant d'épisodes qui viennent rompre lamonotonie du cortège (fig. 29). Ensuite défilent les scapM'phoTes , choisis parmi les métèques, et qui portent de larges
bassins plats remphs de gâteaux de miel et de farine; puis les spondophores, s'avançant d'un pas lent, et soutenant, d'un geste charmant, l'hydrie posée sur leur épaule (fig. 30). La suite du cortège comprend les musiciens, joueurs de flûte ou de cithare, derrière eus les tJiallophores, recrutés parmi les vieillards les plus beaux des tribus athéniennes, et tenantà la main des branches d'olivier (fig. 31 ) '. Enfin commence le défilé des chars et des cavaUers. Sur la face sud, les chars sont montés par des co-
1. Voir par esemple l'inscription relative à la colonie de Bréa, Coiinta Inscr. attic, I, u"SS.
2. C'est dons cette partie de la frise qne sont les plus importantes laonnes ; il fant la compléter aToo les dessins de Oarrey. Miohaelis, Atlas, pi. 11, frise norâ, et pi. 12, frise sud.
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cliers en longue tunique ' et par des hoplites en armes qui ont pris part au concours des « chars de guerre » («pj^a-ra uo'Xe^icTrpta); chaque attelage est accompagné d'un ordonnateur. Sur la face nord, quelques-uns des personnages portant îe casque et le bouclier semblent descendre des