‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 223 sur 330 · Ce Bf · texte numérisé non relu

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tétradraolimes, portant au revers la figure de Poséidon.

lbid.,eg. 43b,ii«2,Cf.Percy Gardner, Types ofyreek œim, pi. XII, «.■> 4.

1. Une restauration en pM. ^ tre a été faite à Vienne par le sculpteur Zumbusoli, Neue p Uatersuah., p.5S-ô9. En France MM. Cordonnier et Falizeen out exécuté une restitntiou. Voir 8

243 — La Vctoi edeSamothrace Tue de face £ et la Tiiee (M ée dn Lo vre)

.einacli, Gazette des Bsaax-Ajis, 1^ février 1891, p.

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de croix allongée qui supportait l'aplustre, ou servait à attacher îa flamme'. Plus clairement qu'un tropiiée, la stylis pouvait rappeler le souvenir d'une victoire navale.

C'est en effet un ex-voto de victoire que nous ont rendu les fouilles de M. Champoiseau. En 306, le fils d'Antigone, Démétrios Poliorcète, bat dans les eaux de Chypre la flotte de Ptolémée, et à la suite de cette victoire, prend ainsi que son père le titre de roi. Les monnaies de Démétrios au type de la Niké appartiennent à !a période de 294 à 288 ; l'ex-voto dédié à Samothrace est donc un peu antérieur ; il prend place entre les années 306 et 294. Eeste, il est vrai, à expliquer le chois fait par Démétrios de l'ile de Samothrace pour y élever son trophée. Mais l'importance du sanctuaire, et la dévotion témoignée aux Cabires par les princes macédoniens suffiraient à le justifier.

La statue du Louvre est donc exactement datée ; elle appartient à la fin du quatrième siècle, ou aux premières années du troisième. Or, i"^ "** - E«rec d«n cette époque, où l'on s'est trop hâté de voir Ponorc te le commencement d'une décadence, a produit

un pur chef-d'œuvre. Dans la Victoire de Samothrace, l'invention et le style sont à la même hauteur, et le sculpteur a su faire œuvre originale, après que des générations d'artistes ont traité le type créé par Paeonios. S'est-il souvenu, comme on l'a pensé, de la Niké du Parthénon? A vrai dire, les analogies sont purement superficielles. L'artiste a su trouver, par une inspiration très personnelle, ce beau mouvement du torse qui gonfle la poitrine, et fait saillir la hanche par une cambrure harmonieuse. D'un agencement moins simple que dans l'œuvre de Phidias, la draperie est une merveille d'exécution. La fine tunique, formant un apoptygma à la hauteur des hanches, serrée sous la gorge par une seconde ceinture, a d'exquises transparences qui laissent deviner le frémissement de la chair ; avec la même souplesse, l'étoffe plus lourde de la calyptra jetée en écharpe

1. Voir Eabeloa, Mélanges numismaliqiies, !'•> sine, 1892, p. 203-217,

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468 L'ART HELLENISTIQUE.

moule les formes sveltea de la jambe, et flotte en plis tourmentés. L'auteur de la Victoire est un maître dans l'art du marbre. Aussi ne voyons-noua aucune raison de désigner ici un élève de Lysippe et de prononcer le nom d'un bronzier de Sicyone, Eutycbidès '. On songe plus volontiers à un disciple de Scopas, conservant la tradition du grand style, et y alliant la virtuosité d'exécution qui restera une des qualités de l'art hellénistique.

Une telle œuvre, aune telle date, nous avertît que la rupture- avec le style du quatrième siècle n'est pas encore consommée. Nous ne devons pas l'oublier, en abordant l'étude d'une autre statue du Louvre plus célèbre encore, la Vénus de Milo. Aucun monument n'a provoqué plus de polémiques, fait surgir plus de conjectures, suscité plus de travaux érudits -. L'accord s'est fait seulement dans le sentiment unanime d'admiration qui a consacré comme un chef-d'œuvre incontesté le glorieux marbre du Louvre. On n'attend pas de nous que nous rouvrions ici le débat, avec l'appareil critique et les longues discussions qu'il comporte. Noua essaierons seulement de réduire la question à ses éléments essentiels.

Souvent dénaturée par des récits fantaisistes et par des inventions romanesques, l'histoire de la découverte a été rétablie d'une manière irréfutable par M. Ravaisson. Le 8 avril 1820, un paysan de Milo, Yorgos, creusait, pour en extraire des matériaux de construction, un

1. C'est l'hypothèse proposée par M. Benndorf (Netie Untei-such., p. 86) et adoptée par Orerbeck, Grlech. Plaslit, II, p. 368. Rayet rattache plus justement la Victoire à, l'école de Soopas ; cf. Newton, Êjjoyj on art and archaenlos;/, p- 90. Il n'y a rien à tirer d'ime inscription recueillie par M, Champoieeau dans le TOisinage de l'endroit où II etatne a été trouvée. (Héron de Villefosee, Comptes-rendus de l'Acad. dts Ineo:, 1891, p. 269). Cette inscription iiui conserve seulement la dernière lettre d'un nom propre avec l'ethnique "PôBioî, ne saurait être considérée comme la signature du scnlpteur de la Victoire. Cf. Th. Kemach, IUvik des Éiades grecqmi, V, p. 197. 0. Kern, MiaUU. Aihen, sviir, 1893, p.379.

2. La bibliographie relative à la Vénas de Milo est considérable. Hous ne citerons qite l'esaentiel. Pnrmi les travaas anciena : Clarac, Sur la statue antique de Vèaits Vkirà:, Paris 1821 î Quatremère de Quincj, Sur la statue anti^e de Vèmu découverte dans l'tk de Mlù, Paris 1821. Les autres travaux antéiieurs & 1870 sont énuméréa dans Froehner. Notice de la scidpt. anti^ae, p. 178. Pour les travaux plus lécents, voir surtout : Preuner, Osier die Venue non Milo, 1874; Veit Valentin, Die Hohe Fraa von Milo, tSTi ; Neaes ueier die V. van Milo, ISSS, et Kamt, Klrnitlerund Kaaetmer&e, 1889, p. 319. Goelec Ton Ravenaburg, Die Venits von MUo, Eeidelberg, 1879. Saloman. la Statue de Milo, Stockholm, 1878- 80, et DieFliathe der V. tion Milo. 1884. SSherm, Stadien sur Aphrodite von Melos, 18S9. S. Beinach GateUe des Beaux-Arts, 1890, I, p. 376 et suiv. F. Savaisson, Ses. arch., 1890, t. XV, p. H5, et la yétms de Milo (extrait dé Mém. de l'Acad. des Inscriptions, t. XSIV, 1" partie, 1893). Fnrtwaengler, Meitteriverle, p. 601-655.

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champ qu'il possédait près du théâtre de l'ancienrie ville. Un éboulement des terres fit apparaître l'ouverture d'une sorte de chambre où gisait, posée sur le sol, la partie supérieure d'une statue de marbre. Le paysan allait la recouvrir de terre, quand intervint un jeune élève de marine de la goélette française VEstafeiie, M. Voutier, qui cherchait non loin de là des morceaux de sculpture. Il décide Yorgos à porter le marbre dans une cabane, et à continuer la fouille, qui met au jour la partie inférieure de la statue et d'autres fragments. Un document essentiel dans la question est le croquis rapidement pris par Voutier, et représentant les deux parties disjointes de la statue, avec les deux hermès trouvés en même temps '. Les instances de Voutier auprès de M. Brest, agent consulaire de France, son rapport au commandant de Y Estafette, engagent ce dernier à appareiller pour Constantinople, afin de faire connaître la découverte à l'ambassadeur de France, M. le marquis de Eivière, Depuis ce moment les témoignages indiscutables se multiplient; c'est le rapport de M. Dauriac, commandant la Bonite, arrivé à Milo le 11 avril ; c'est la dépêche, datée du 12, adressée par M, Brest à M. David, consul général de France à Smyrne, et confirmée, peu de jours après, par M. Duval d'Ailiy, commandant de la Lionne; c'est surtout le rapport rédigé par Dumont d'Urville, alors enseigne à bord de la Chevrette, qui aborde à Milo le 16 avril. Dumont d'Urville visite le Heu de la découverte faite par Yorgos «une espèce de niche, dans laquelle il trouva une statue en marbre, deux hermès, et quelques autres morceaux également en marbre... Le piédestal d'im des hermès a dû porter aussi une inscription, mais les caractères en sont tellement dégradés qu'il m'a été impossible de les déchiflrer ». Dès le 25 avril, M. David transmettait au marquis de Rivière les informations reçues de MM. Dauriac, Brest et Duval d'Ailiy, et l'ambassadeur chargeait un des secrétaires de l'ambassade, M. de Marcellus, de se rendre à Milo pour y acheter la statue. Embarqué sur V Estafette, M, de Marcellus arrivait le 22 mai, au moment où se produisait un épisode dont la portée a été singulièrement exagérée. Dans r'ntervalle, un prêtre arménien désireux d'entrer dans

1. EaraUaon, Mm. cité, pi, II. n Ta de soi que le croquis m'eît pas d'une esactitudc rigourenifi. Ainsi la base de la statue eat complétée du côlé droit.

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470 L'AET HELLÉNISTIQUE.

les bonnes grâces d'un haut fonctionnaire ottoman, avait réussi à acquérir le marbre, qui, à l'arrivée de VEstafette, était déjà chargé à bord d'un brick ragusais. M. de Mareellus peut faire rompre le marché, et obtient, sans difficulté, que la statue lui soit livrée. Il faut considérer comme un pur roman l'histoire d'une lutte entre les marins français et les Grecs, et d'une bagarre au cours de laquelle la Vénus aurait été gravement endommagée. Le 24 mai 1820, elle est hissée abord de VEstafette, et l'on sait comment, transportée à Paris, elle est offerte par le marquis de Rivière à Louis XVIII, le 1" mars 1821.

Il est fort important de déterminer ce qu'était au juste cette sorte de chambre où le marbre a été découvert. On a parlé d'une cachette, d'un magasin de chaufournier, sans citer d'autres opinions moins admissibles. Or, Dumont d'Urvilîe fait mention d'une « niche » dont l'entrée « était surmontée d'un marbre de quatre pieds et demi environ de longueur, sur sis à huit pouces de largeur ». Sur cette plaque était gravée une inscription, qu'il a pris soin de copier '. C'est une dédicace : « Bacchios fils de Satios, ayant été hypogymnaaiarque, (a dédié) l'exèdre et... à Hermès et à Héraclès ». L'esèdre en question et la (c niche » vue par Dumont d'Urvilîe ne feraient-elles qu'un? Le fait nous semble avoir été établi, avec une parfaite évidence, par M. Furtwaengler ^, et l'on peut en tirer des conclusions fort nettes. La statue a été trouvée à l'endroit même qu'elle occupait au second et au premier siècles. Elle décorait une exèdre voisine du gymnase et consacrée aux dieux de la palestre, à Hermès et à Héraclès. Mais à quelle date se place la dédicace de l'exèdre? L'original de l'inscription étant perdu, il est difficile de se prononcer en toute certitude; il faut se contenter d'une approximation assez large, et indiquer comme hmites, d'une part, la fin du second siècle, de l'autre, le milieu du premier siècle avant notre ère. Est-ce à dire cependant que la statue soit rigoureusement contemporaine de la dédica.ee? Nous ne le croyons pas. De même qu'au premier siècle un prêtre de Melos, Cl. Gallinus, con-

1, L'inscription est reproduite par Clarao, Inscr. du. Lamirc, pi. 64, 441 (n" 802) Bâxx'Oî -"iou iiTcoïuriiTOaiKpxV]»^ Tii^ « ÊîéSpa'' "■'" i^-'- 'Epfiïî 'HpïKlsï. Peut-être faut-il lire Ï^ttiiu; ce nom se trouve dans des iasoriptions de Délos datant de 28S et 284 arant J.-C. Bail, de corresp. hdlén., VII, 18BS, p. 105-106.

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