II est iiDpoEBible de d'Athmes, II, p
t Beulé. (L'Acropole
au milieu d'eux, s'efforcent de rétablir l'ordre et de ramener cette troupe fcrillante à une allure plue régulière. Mais ces épisodes ne servent qu'à rompre la monotonie d'un long défilé de cavalerie. L'ensemble n'en a pas moins un rythme égal et soutenu, celui de la courte et bondissante allure de parade qui entraîne à la suite du cortège la tumultueuse cavalcade. Sur la frise occidentale le mouvement se ralentit. Là, dit
justement Beulé, « nous assistons aux préparatifs et à la toilette des acteurs. Quelques jeunes Athéniens, déjà montés, essaient leurs chevaux, et vont rejoindre le gros de la marche, qui court sur le côté du nord. D'autres se font amener leurs coursiers, contiennent leur fougue, les brident, les caressent. Quelques-uns se parent pour la fête, en causant avec leurs compagnons (fîg. 34). II y a même des détails d'une intimité et d'un naturel qui montrent un art bien sûr de lui-même. Un Athénien passe sa tuoique de la même manière que nous passons nos
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chemises; et, plus loin, ud cheval laissé hbre chasse d'un mouvement de tête les mouches qui lui piquent la jambe » '. Ajoutez qu'ici encore, comme sur la frise occidentale, on peut noter d'ingénieuses adaptations des motifs créés par la grande peinture décorative. Les deux éphèbes qui attachent leur chaussure, un pied posé sur «ne pierre, font penser à l'un
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Fig. 32. — Chars d'apobatea. Prise du notd, XYII. (Athènes.)
des personnages peints par Polygnote sur les murs de la Lesché de Delphes : le peintre avait donné cette attitude à Antilochos, et Pausanias la signale comme digne d'attention^. Sans aucun doute, le sculpteur de la frise avait trouvé là l'idée première d'un motif encore nouveau, et que la plastique traitera dans la suite avec prédilection.
Si, pour avoir été souvent décrite, et reproduite à l'infini' par le moulage et la gravure, une œuvre pouvait devenir banale, telle serait la
!. Eeulé, l'Aeropoh d'Athènes, t. II, p. 160, 161,
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destinée de la cavalcade du Parthénon. Heureusement il n'en est rien. A la vue des marbres, originaux, ou sent que la banalité est dans les mots, impuissants à rendre le cbarme indicible de ces élégantes figures de jeunes gens, si fièrement campés sur leurs montures, et les maniant avec la grâce aisée du cavalier accompli, tel que le décrit Xénophon dans des pages célèbres '. Voilà bien le type idéal du cavalier athénien évoqué par l'écrivain grec : le buste droit ou incliné, suivant le rythme de l'allure, les cuisses et les genoux collés aux flancs nus du cheval, la jambe pendante, le pied tombant librement (fig. 33). Et n'est-ce pas aussi dans le Traité de l'éqwitation qu'il faut chercher la description la plus exacte du type du cheval de parade, aux formes courtes et ramassées, à l'encolure large, au poitrail renflé, à la tête sèche et nerveuse, aux naseaux bien ouverts? C'est bien là i'allure à la fois bondissante et contenue du cheval qui «s'enlève » (^u-ETEoifii^wv) «ramenant la tête avec fierté », battant l'air de ses pieds de devant, et semblant «prendre de luimême les plus belles poses », comme s'il partageait l'orgueil de son cavalier ^ Mais si l'on admire sans réserve la justesse des attitudes et le mouvement à la fois si soutenu et si varié qui entraîne l'immortelle cavalcade, le rôle prépondérant qu'elle joue dans la frise ne s'exphque pas sans difficulté. On peut, croyons-nous, écarter l'idée que ces cavaliers participent aux concours équestres, au même titre que les apobates " ; c'est là beaucoup plutôt une escorte de parade, et l'on comprend mieux ainsi l'importance de la mise en scène'. Maintenant, devons-nous songer ici à la cavalerie militaire, réorganisée, semble-t-il, par Périclès, et portée au chifi'i-e de mille cavaliers, au temps de la guerre du Péloponnèse? Nous adoptons une interprétation beaucoup plus large, et nous reconnaissons dans ces élégants cavaliers toute la jeunesse aristocratique d'Athènes, tous ces jeunes gens de noble famille, qui, par