Plutarque, Vie ^Antoine
2. Mioliaelis, Mitlheil, Athea,!!., p. 5 et suivantes . Il est fort inutile aujourd'hui de discuter la théorie Buivant laquelle l'ei-voto d'Athènes aurait été formé d'une suite da bas-reliefs. Pour U otitique de cette opinion, aout^nue en particulier par Visconti et Schnbart, TOir Micbaelis, art. cita.
3. Bnion, Annali, 1870, p. 292 et suivantes. Cf. pour la bibliograpMe, Priederichs-Woltera, Gipmlprisse, n' 1411. S. Reiaacli, Rev. arcA., 1888, 1839. Pour rhistoire des sept statues trouvées à Borne en 1514, voir Michaelis, Jahrhuchdei arch. IinC, ï89S,p. 119. Ces statues sont signalées dès 1514 dans une lettre de Filippo Strozzi, et décritea, en 1515, par Claude Bellîèvre de Lyon. Pour les reproductions, voie Moaumeati tnediti, IX, pi. 19, 21 ; Binmeister, Dsni^maeler, p. 1243 et suivantes, et la planche d'ensemble d'Overheot, Griech. Plastik, H, fig. 189.
Micbaelis, Jaftf-ÈucA (fej (MiA. Jnj(., 1893, p, 122, âg. 3.
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508 L'ART HELLENISTIQUE.
lance brisée. Comme la statue de Naples porte des traces manifestes de retouches, on en conclut aisément que le praticien chargé de la restaurer a fait disparaîti"e la iigure mutilée de l'enfant. L'Amazone d'Athènes était donc une imitation de « la mère mourante s d'Épigonos; le sculpteur avait eu « l'idée d'assimiler une des Amazones à une Gauloise, en tirant parti d'un motif touchant et déjà populaire inventé par son prédécesseur'. »
On restitue sans peine au groupe du combat de Marathon trois des figures conservées. C'est d'abord, au musée de Naples, un Perse mourant ou mort, vêtu du costume asiatique, gisant inerte entre son bouclier et son sabre à lame courbe (fig. 262). C'est ensuite, au Vatican, un guerrier nu, coiffé du bonnet perse, et qui, tombé sur un genou, cherche à parer le coup de lance d'un Athénien ^. Enfin le musée d' Aix possède une statue de combattant perse, agenouillé, et se couvrant de son bouclier '.
Avec les quatre statues de Gaulois aujourd'hui connues, on rentre dans un cycle très familier aux sculpteurs de Pergame K Le musée de Venise en possède trois : un Gaulois barbu, vêtu d'une tunique semblable à Yexomîs grecque, un genou touchant le sol, mais gardant l'épée à la main dans une attitude de défense ; un autre, jeune et imberbe , au type barbare fortement accusé, tombant à la renverse avec des gestes
1. C'est l'hypotiése ti-èe vraisemblable déTeloppèe par M. S. Reinacli (iîef. des Étadss grecques, 1894, p. 43) qm modifie snr ce point les conclusions de M. Michaelis. A la mime série appartenait une figate d'Amazone agenouillée, aujoard'hni perdue, et qni faisait partie de la collection de Gîao. Paluîîi Albertoni; elle est dessinée dans leiecueil deCaTaIerii,III, 43;cf.JiiSTiu(!Ï,1393, p. 136, fig. n. M. Mayer a proposé d'y rattaclier encore un groupe du Casino de la ViUa Borghèse, représentant uneAmazone â cheTal combattant contre deus guerriers tombés (Jahi-lrach des arch. Inat., II, 1887, p. 77-85, pi. VII). Mais lliypothèse ne s'appnie sur ancu» argument Bolide. Un petit bronze du British Muséum {Jahrhuch, 1, 1886, p. 86) est sans doute une imitation d'une figure de l'es-voto.
2. Mon. ined., 12, pi. SI, 6, Helbig-Toutain, I, n° 386. S. Reinacli (Sev. arcL, XIII, 1889, p. 14, nota 3), j reconnaît sans grande vraisemblance un guerrier allié des Amazones,
B. 0. Benndoi-f, Mittheil. Atheit, I, 1886, p. 167, pi. VU. Acquise È, Rome par le cardinal de Poligoac pendant son ambassade (1725-1732), la statne a étâ restanrée par le sculpteur français Adam, et a fait pavtie de sa collection.
4. Mon. inediti, IZ, pi. 18-19. Dana l'article cité plus liant, M. Benndorf propose d'yjoindre deux statues de la collection "Torlonia, à Rome, dont l'une est gravée dans Clarac, Mas. de Scidjit., t. V, pi. 854 G., no22U c), et dont l'autre porte la signature du copiste Thiloumenos (Lœwy, Iitschf. gr, Biîdh.,n'' 881). Cf. s. Reinaoh, Eiv. arch., 1889, p. 14, qnl attribue au même groupe une statue du jardin Torrigiaui à, Florence. Signalons encore deux petits bronzes du Bcitisli Muséum (Wolters, Jàlrbuch, 1, 1S86, p. 83). L'un d'eui est une réplique d'une figure connue ; l'autre dérire probablement d'une statue perdue.
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plus compliqués qu'heureux ; un troisième enfin étendu mort, une ceinture serrée autour des reins, les attaches du bouclier encore passées
Le. Figure de Tes-Yoto d'Attale (Musée de S-ipIes).
au bras gauche. An musée de Naples, un Gaulois casqué, blessé au flanc, et se soulevant péniblement sur un bras, est une adaptation évi-
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610 L'ART HELLENISTIQUE.
dente du sujet traité par Epigonos dans son o: sonneur de trompe '. » C'est an musée du Louvre que se trouve une des meilleures figures de la série (lig. 263) ^ Ce jeune Galate an visage farouche, si menaçant malgré ses deux blessures d'oh ruisselle le sang, est d'une exécution vigoureuse et d'un beau mouvement. On retrouve là quelque chose des mérites de style qui recommandent le groupe Lndovisi.
Pourtant, prises dans leur ensemble, les copies de Tex-voto d'Athènes
le (Musée de iaplea)
nous révèlent des œuvres très inférieures aux répliques connues du grand monument pergaménien. Le style est plus sec , et plus maigre. II y a,dans les attitudes, des redites évidentes, ainsi qu'on peut s'en assurer en comparant nos deux figures 260 et 261. Certains mouvements sont d'une complication laborieusement cherchée. A coup sûr, les statues offertes par Attale aux Athéniens n'étaient pas, comme on l'a parfois !S copies réduites reproduisant les groupes du monument
1. Man. i«ed,, IX, pi. 20, 4. Il n'est pas sûr qae la tête appartienne à, la statue. "Wolters, Johrhuci, I, 1886, p. 85. Cf. snc cette Ëgnre, W. ilalmljerg, tbid., I, p. 213.
2. s. Eemacii, BuU. de con-esp. MUn., XIII, 1889, p. 123, pi. I. Malgré les objections de l'auteur, le
l'estiiurateur de la statue nous semljle aïcir tu joate en plaçant dans la main droite une épéa, et au bras gauche les attaches d'un bouclier.
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triomphal; c'étaient bien des originaux, trahissant parfois çà et là des réminiscences, témoin l'Amazone mourante. Mais à quel artiste les attribuer? La date de la dédicace, sans doute postérieure à 200, nous défend de prononcer le nom d'Épigonos, sa carrière ne pouvant se pro-
longer aussi tard. Il faut y voir l'œuvre de sculpteurs plus jeunes, mais doués d'un moindre talent.
Dans le passage déjà cité, Pline mentionne expressément, à côté des monuments d'Attale, des ex-voto de victoires exécutés pour Eumèue. S'agit-il d'Eumène II, et les artistes pergaméniens du second siècle ajoutent-ils de nouvelles œuvres à ce qu'on a appelé justement « le cycle des sculptures galafciques ? )> Il est permis de le croire. Une
3e, trouvée à Délos, porte une dédicace métrique, faisant allusion à la victoire que remporte sur les Galates, en 189, le frère d'Eumène II, Philétairos '. Cette tase supportait sans aucun doiite des statues signées par Nikératos (NiJi-ApiTûu e^xpiT?. Ëp^a), et dédiées par un personnage inconnu, Sosicratès. Or, en 1882, les fouilles poursuivies à
Délos par M. S. Keinach ont fait découvrir une statue de marbre, malheureusement incomplète, car la partie supérieure, taillée dans un bloc différent, n'a pu être retrouvée ^. C'est un combattant, tombé sur un genou, et dont l'attitude rappelle celle du Gaulois du Louvre (fig. 264) -. Près de lui est un casque, dont on pourrait retrouver la fonne
1. Homolle, Mon, grecs, 1879, p. 44. Lœwy, hisckr. gr. Bilâh^a" 147.
2, 8. Reinach, Bail, de correip. hdléa., 1834 p. 179, et 1889, p. 112, pi. II, La statue est conseiTte au mnaée central d'Atiiénee ; CaTïadias, Catalogtte, n* S47,
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dans les armes sculptées sur les trophées de Pergame. Est-ce un Galate se défendant contre un cavalier grec, et possédons-nous là une des figures du groupe exécuté par Nikératos? A l'appui de cette hypothèse, M. Wolters a fait valoir des arguments très plausibles ' , et nous voyons volontiers dans la statue de Délos une œuvre pergaméuienne, contemporaine d'Euniène II. S'il en est ainsi, les qualités de style, le rendu savoureux et plein de la musculature, tendraient à prouver que les sculpteurs de la jeune école sont à la hauteur de leurs aînés. Nous allons en trouver une preuve plus décisive dans la sculpture monumentale.
§ a. -^ LES aCULPTUEES DU GKAKD AUTEL DE TEKOAME.
« A Pergame est un grand autel de marbre, haut de quarante pieds, avec de très grandes sculptures; il contient une Gigantoraachie ■. » Voilà l'unique texte, recueilli dans une mauvaise compilation latine du troisième siècle, où soit mentionné l'un des plus imposants édifices que nous aient révélés les fouilles de M. Humann. L'autel de Zens et d'Athéna Niképhoros se dressait sur la terrasse supérieure de l'Agora. II comprenait d'abord un énorme soubassement, formant un carré un peu irrégulier, un peu plus large sur les faces nord et sud que sur les deux autres (87"^, 70 sur 34", 60) (fig. 266). Élevé lui-même sur des degrés, ce soubassement se composait d'une plinthe fisse, d'une frise haute de 2™, 30, et d'une corniche ionique, se projetant en forte saillie au-dessus de la frise. Du côté sud, une large tranchée entaillait le massif, et livrait passage à un escalier monumental de 24 degrés qui conduisait à la plate-forme ; par une disposition toute nouvelle, la frise continuait en retour d'angle sur les parois de la tranchée, s'échancrant régulièrement suivant la morsure des marches, et diminuant de
1. Wolters, MittheS,. Athen, 1890, p. 1SH8. L'auteur réfute l'opinion de M. S. Eebiaoh,ciui met lit statue de Délos en rapport avec une antre base portant la signature d'Agasias, fils de Ménophiloa.
2. a Pergamo ara marmorca magna, alta pedea quadiaginta, cum maximia sculpturis ; contiDet autem gigantomacliiam. » Ampélins, Liber metuorialït, ntïr^eala mtmdi, SIV. Les lignes où Paaaanlaa riipproche l'autel de Zeus ft Olympie de celui dé Pe^ame s'appliquent à l'autel proprement dit, qui se trovi- Tait anr la plate-forme, V, 13, 8.
p. ORBCQCE. — T. II. 65
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hauteur à mesure que montait l'escalier (fig. 266), D'après la restauration de M. BohQ, la plate-forme était fermée, sur les autres côtés, par un portique à colonnade ionique ; autour du portique régnait un mur plein, dont la face intérieure, tournée vers l'autel, était ornée d'une frise plus petite, haute seulement de 1"", 67, et d'un relief beaucoup plus faible que celui de la grande frise. Au centre de la plate-forme se dressait l'autel pour lequel était édifié ce soubassement monumental '. La date de la construction ne paraît pas douteuse. Un fragment de la grande inscription dédicatoire, retrouvé dans les fouilles, permet d'attribuer à Eumène II l'érection du monument'; et déjà des inscriptions gravées sur les moulures de la frise avaient conduit M. Conze à la même conclusion ^. L'autel de Zeus et d'Athéna a donc été entrepris et achevé pendant le règne d'Eumèue II, entre les années 197 et 159, alors que la puissance des Attalides, alliés aux Romains, paraissait Fig. sflo, Plan restauré assurée pout un loug avenir.
du grand autel de Pergame.
Nous nous arrêterons d'abord aux sculptures du soubassement. Une frise longue de plus de 120 mètres,
1, Voir pour les dispositions archit«ctu raies, Bïoliard Bolm, Jalrbuch der K. preiisi. Kamlsamialangea, I, 1880, p. lôfi et snïv. et la restitution ds l'autel, pi. II. Cette restitution doit Être corrigée. La largeur de Uesoalier était plus grande et réduisait d'aatsut celle des detix parties de soubassement, formant pUastre à droite et à gauche. Cf. Trendelenbnrg, dans Baumeister, art Fergamon, p, ISIG, et la nouvelle restauration de Bohn reproduite dans la Beicltràbang der Skalpiaren aai Pergamon, Berlin, 1895, p. 1. M. Pontrenioli, aroliitaote, pensionnaire de rAoadémie de France & Some, prépare une nouvelle restauration de l'autel de Pergame. D'après les renseignements que vent bien me communiqner M. Pontremoli, elle difEère de la restauration de M. Bohn sur les points suivants. 1" Le portique du fond est supprimé; il ne aubaiste que dens portiques à l'est et an sud; la plats-forme n'est pas fermée du c6té du fond, et l'autel n'est pas masqué de ce cSté. 2° La petite f i-ise de Télèphe n'est plus la frise intérieure an mur du portique. Elle prend place autour de l'autel, pour former barrière entre l'autel proprement dit et la foule massée sous les portiques. La décoration de cette sorte de barrière a est tournée vers Hutérieur et fait participer l'antel proprement dit à la décoration générale ».
2. BaaO^JiEv^éHK piaiXiio; 'AttciX'ju x»1 pi]ci[i]îoini; 'AicoiîiùviSo; êjcitwî ■\i.t£ir,]/,iv'j','\i àtaf){<ni Ali Ksl 'Xitiv&i Kixiif Dpbii . Fraenkel, liuchri/ien i!os Pergamon, p, 64, n° G9.
8. A. Oonze, Ueber die Zeil der Erbaïamg da groiieti Allari zii Pergamon, (Moaatsber.ier berl. Ahaâ., 1881, p. 869 et suivantes). M. Oonze pense qnel'-autel a pn être élevé A l'occasion de l'institution des ÏÏiképlioria, par Eumène ir. Cf. un décret daa fitolieaa découvert i Delphes, BiJÏ. de corresp. heUéa., YI, 1881, p, 373.
haute de 2'", 30, et se développant sans interruption , tel était le vaste chauip offert aux sculpteurs, pour y retracer les épisodes de la Gigantomachie. La frise se composait d'une série de dalles en marbre cristallin, légèrement teinté de bleu, et dont la largeur variait de 0", 60 à
Fig. 266. — Coupe de l'escalier dn grand autel de Pergame.
!"•, 20. Toutes ces plaques n'ont pu être retrouvées ; mais les morceaux conservés au musée de Berlin forment un ensemble de plus de 80 mètres, et lorsqu'on visite la Rotonde et la salle assyrienne, où sont exposés les fragments, on a tout d'abord l'impression d'une œuvre colossale, dont les dimensions suffiraient seules à forcer l'attention.
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516 L'ART HELLENISTIQUE.
Si, pour des artistes du second siècle, un sujet pouvait paraître usé, c'était bien celui de la Gigantomachie. Depuis qu'au sixième siècle un maître archaïque l'avait figuré dans le fronton du Trésor des Mégariens, combien de générations de sculpteurs l'avaient traité à leur tour! Pourtant à Pergame, nous le trouvons renouvelé et rajeuni. Le cadre j aux sculpteurs d'Eumène leur commandait tout d'abord des cédés de composition qui n'ont rien de commun avec ceux de l'ancienne décoration monumeiitale. Ici, l'espace n'était pas limité par les lignes d'un fronton, morcelé par les divisions des métopes. C'était une longue étendue d'un seul tenant, oîi il fallait jeter une masse de personnages, montrer les épisodes d'une même action, détailler toutea les péripéties d'une furieuse mêlée, et traduire, comme dans un immense tableau, la scène que retrace Hésiode en des vers magnifiques. « La terre féconde brûle en frémissant; les vastes forêts éclatent; tout bouillonne, et la terre entière, et les courants de l'Océan, et la mer immense. Autour des Titans infernaux se répand une vapeur étouffante, un air embrasé; leurs audacieux regards sont éblouis, aveuglés par les lueurs de la foudre... A ce que voient les yeux, à ce qu'entendent les oreilles , on eût dit que la terre et le ciel se confondaient, l'une ébranlée sur sa base, l'autre tombant de sa hauteur. En même temps les vents soulèvent d'épais tourbillons de poussière, et les transportent, avec les éclairs et les tonnerres, ces traits du grand Zeus, avec les clameurs et le tumulte de la bataille, au milieu des deux armées '. » Telle est bien la donnée dont semblent s'être inspirés les sculpteurs. Partout la lutte se poursuit, ardente, acharnée. Tous les grands dieux, les divinités secondaires elles-mêmes, prennent part au combat ". Quant à leurs adversaires, les auteurs de la frise ont trouvé, pour en varier le type, les combinaisons les plus imprévues. Parmi ces fils de la Terre, les uqs ont gardé la figure humaine, suivant l'ancienne tradition d'art familière aux vieux maîtres grecs; ils combattent armés de l'épée et du bouclier, « tout brillants de l'éclat de leurs