‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 240 sur 330 · Hésiode, Théogonie, vers 695 et Buivanta · texte numérisé non relu

Hésiode, Théogonie, vers 695 et Buivanta

2. Oq a retrouvé gravés sur la moulure de la oomiotB les noms de plusieurs dieux et ceux d'un certain nombre de Géants. Fraeakel, loichrifltn von Pergaman, a"' 8S-r28. Les Géante se nomment Allektos, Eurybios, ttimis, Molorioî, Obrimos, Olyktor, Oadiios, Palanmeus, Péloreus, Sthénaros, Styphélos, Ptuti-aggeua, Kharadreus, Kthouopbjlos, etc.

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armures, et brandissant à la maia de longues lances », comme les Titans d'Hésiode. D'autres sont ailés, sans que toutefois !a noblesse de la forme humaine soit en rien altérée. Mais voici un Géant à tête de lion, un autre à l'encolure de taureau et muni d'oreilles de bête. Voici surtout un type tout nouveau, celui du Géant ailé, dont les cuisses couvertes d'écaillés se terminent en têtes de serpent qui se dressent contre les dieux, et prennent pour ainsi dire part à l'action ; combinaison d'tm illogisme évident, puisqu'elle soude ensemble deux organismes différents ; conception difficile à expliquer autrement que par une idée de métamorphose, mais dont les auteurs de la frise ont, au point de vtie plastique, tiré le plus heureux parti '. On le voit, l'imagination des artistes s'est donné libre carrière pour traduire l'idée des forces brutales et désordonnées de la nature livrée au chaos. Elle y a trouvé matière à de curieuses oppositions entre la beauté des figures divines et ces formes étranges ou monstrueuses. Les combattants divins se détachent sur un fond tumultueux de corps enlacés, de grandes ailes battant l'air, de serpents déroulant leurs anneaux et dardant leurs têtes sifflantes. La composition se poursuit ainsi autour de l'autel, partout conduite avec la même vigueur, la même fougue emportée, la même verve débordante.

La conception d'ensemble est fort claire. Quant à l'ordre des différents épisodes, il reste affaire de conjecture, en raison des lacunes. Toutefois la restitution proposée par M. Puchstein paraît très satisfaisante'. Nous l'adopterons pour suivre, en partant du côté droit de

1. Suï ce type de Géants dont les jambes ae fermineat en serpents, voir Ise fines remai'qnes de Erimii, Persam. Oigantomaoltie, p. 249, Jahrh. der K. jji'BCess. KanstsammlmigaH, T, 188-1. Ct. Maycr, Die Giganten und Tilajien in der antihen Sage mid KmM. On discute eococe aur la paît d'invention qm revient anx sculpteurs de la frise pour la création de ce type. Oa a cru longtemps en tronier Ja première forme dans la frise de Pi'iéne;mais cette œuvre est poEtérieore à lii GigantomocMe dePetgame. M. Helbig croit que le sarcopliage du Vatican, représentant les Géants avec la même forme, dérive d'une peinture hellénisliqua, (Helbig-Tontaîn, Guide, I, n.° 216). Nous croyons volontiers que la peinture avait fonrni Ioe premiers modèles, Qnant â la conception première, elle parait s'e-ipliquer par une métamorphose, nans les Theriam. de Nicandre (3-12), les serpents naissent du sang des Titans. Cf. la peinture d'un manuscrit de Nicandre de la Bibliotlicqne nationale, eséentée au onzième siècle d'après nn modèle antique, où les serpents naissent des cuisses de Titans. Gas. arch., 1875.

3. Puchstein, SUzanyaber. der heii. Akademie, 1888, p. 1S31 ; 1880, p. 229. Cf. Overbeck, GriccJi. Flailii;, U, p. 373. Pour la reproduction des principaos; morceaux, voir 0. Rayet, Moa. de l'art niilijue, t. II, pi. 61 et 63; Tondeur et A. Trendelenbnrg, Die Gigantomachie des pergammiaslten Mlars, Berlin, 188t aTec aflilS. Bsr Gigaulcii/riee zu Fergamon, hsraing. CDU dtr Général Veruxdtung der K, Ma-

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518 L'ART HELLENISTIQUE.

l'escalier, le développement de la frise. Nous trouvons le point de départ dans une dalle régalièrement échaucrée, suivant le profil des emmarchements de l'escalier. Un Géant ailé^ dont les jambes se terminent en serpents, combat coutre un dieu, tandis qu'un des serpents se débat contre l'étreinte d'un aigle qui de ses serres aiguës l'a saisi à

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Fig. 267. — Géant luttant

la mâchoire (fig. 267). C'est un morceau d'une facture souple et serrée, d'une exécution à la fois ressentie et moelleuse, un de cenx que l'on peut louer sans réserves. Venaient ensuite Hermès et les Nymphes, et le retour d'angle , sur la face occidentale, était occupé par le groupe de Dionysos et des deux petits Satyres qui l'escortent. La figure 268

1, Stuttgart, gr. in-folio, Baumeistei', Denkmaeler, art. Pugnmm Deî croquis des moit été donnée par M. Conze,Jâ4»-iKcSifec^reKSï. Kanitsatamlii'ogea, I, J88l),p. 108 ( euiTantSE. L'ensemble de la frise est reproduit dans la Beachreibung der ShJpiurea am Pergamon, i Pucistein, I, Gigantomachié ,Seiiia, 1885.

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LES ÉCOLES ASIATIQUES. PEEGAME. ÔIO

nous dispense d'une description minutieuse : elle met sous !es yeux du lecteur l'élégante silhouette du dieu, le riche agencement de sa fine tunique et de sa pardalide, les draperies flottantes qui meublent le fond. Placée très en vue sur un des pilastres de la façade, cette figure est d'un travail poussé et soi- __

gné; c'est dans de tels morceaux qu'il faut étudier les qualités de l'exécution. A la suite, M. Puchstein restitue Rhéa, et surlafacesud,unesuite de morceaux plus ou moins mutilés, Cybèle chevauchant sur un lion, précédée d'Adrasteia , tandis qu'un aigle vole dans le fond, tenant un foudre dans ses serres ; puis les Cahires ; Séléné assise en écuyère sur un cheval ; Hélios, en longue tunique d'aurige, conduisant son attelage ' ; Théia, et la charmante figure d'Eôs, l'Aurore, vue de dos, assise sur la croupe de sa monture que recouvre en guise de housse une peau d'animal. Dans l'ardeur de la lutte, sa fine tunique a glissé de l'épaule gauche qu'elle laisse à découvert; son corps souple se dessine sous les plis menus de l'étoffe ; c'est

un morceau d'une grâce presque moderne, et d'une singufière fraîcheur de style (fig. 269). Le groupe des divinités de la lumière se complétait par la figure d'Héméra, par celle d'^ther, un homme robuste, étreîgnant dans ses bras vigoureux un Géant à tête de

— Dionysos et deus Satyres, Grande tiïs l'autel de Pergame (Muaéa de Berlin).

, Voit Beaumeiater, !

; pi. XSXIX, fig, 1431.

520 L'ART HELLENISTIQUE.

lion', enfin par celles d'Ouraaos, de Phœbé et d'Astéria (fig. 270). Arrivons à la grande face de Test, oh. trouvent place les groupes les plus importants. De l'angle sud-est partent une série de plaques montrant les Géants aux prises avec Hécate, Artémis, Latone et Apollon^. Au point de vue du style, on pourrait y relever plus d'une défaillance; mais elles abondent en détails curieux. En dépit de son triple corps, Hécate n'a rien de monstrueux ; l'artiste a concilié avec esprit la tiadition mythologique et les exigences de l'art en superposant les trois corps ; il faut un effort d'attention pour distinguer, sous le bras droit qui tient la torche, deux autres bras armés d'une lance et d'une épée (fig. 271).

Un peu plus loin, la lutte est engagée entre une Artémis un peu théâtrale et un Géant coiffé lu casque, et armé du bouclier; aux pieds de la déesse, un Géant est étendu mort; un autre hurle sous la morsure d'un énorme chien aux poils frisés, qui lui implante ses crocs dans la nuque. Latone dirige contre un ennemi tombé la flamme de sa torche. Apollon vient de décocher une flèche. Le torse du dieu, entièrement nu, se développe dans un mouvement d'une belle ampleur, ok l'on reconnaît sans peine le souvenir d'ime des métopes les plus récentes du Parthénon. A la suite, dans les parties perdues, on restitue volontiers Déméter, les Moires, Héra, Héphaistos, et Hébé conduisant le char de Zens. Mais voici les deux morceaux essentiels do la frise, ceux qui montrent le triomphe des deux divinités auxquelles est

i ( anif!i.eû 1 autel dtPeig n (Musée de Berlin).

1. Voit pour cette figure, l'étude de Belger, Arch. Zeitang, 1 883, p. ËG-9(l qui retrouve le mi gtoupe dane une momiaie du quatrième siècle, montvaut la lutte d'9éraclès et du lion de Némi

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