‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 245 sur 330 · IL · texte numérisé non relu

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530 L'ART HELLENISTIQUE.

lement sous son bras le petit Oreste qui se débat, tandis que la femme chargée du soin de l'enfant tombe à genoux toute épîorée '. Une autre série de dalles, assez bien conservées, montre Télèphe introduit dans l'assemblée des chefs achéens, reçu comme un hôte, et demandant à Achille la guérison de sa blessure (fig. 276) ^.

La frise est trop mutilée pour qu'il soit possible d'en apprécier l'ensemble. Mais lorsqu'on examine les fragments, dans les magasins du musée de Berlin, on est frappé de voir que la rupture avec les anciens procédés du bas-relief est tout à fait consommée. D'une saillie moins forte que la frise de la Gigantomachîe, celle de Télèphe est exactement conçue comme un tableau. Les figures sont placées en perspective; il y a des arrière-plans, des profondeurs. La préoccupation du pittoresque est évidente, et se trahit dans le décor des fonds. Voici des édifices, des rochers, des arbres, qui localisent la scène : les feuillages des arbres sont traités avec une extrême précision : on reconnaît ici un chêne, ailleurs un platane. Et ce n'est pas là une manifestation isolée du basrelief pittoresque; nous le verrons plus loin, la petite frise de Pergame est le témoignage d'une évolution beaucoup plus générale qui transforme le style du bas-relief hellénistique, et dont le principe est fondé sur l'adaptation h la plastique des procédés de la peinture. Un autre caractère très digne d'attention, c'estque le bas-relief devient en quelque sorte narratif. Le sculpteur ne choisit plus, comme autrefois, une action, un épisode ; il entreprend de raconter toute une histoire, dans une série de'scènes successives, et là aussi, nous pouvons deviner l'action immédiate des modèles fournis par la peinture. Style pittoresque, style narratif, voilà deux caractères qui reparaîtront plus tard dans les basreliefs romains des colonnes triomphales; la petite frise de Pergame fait déjà pressentir les conventions qui guideront les sculpteurs de la Colonne Trajane.

Les sculptures du grand autel sont-elles, à proprement parler, l'œuvre d'une école, et peut-on parlerd'une école pergaménïenne? Oui sans doute, si l'on ne prend pas le mot au sens étroit ". Entre ces artistes

1. Couze, oaîi. cilé, I, p. 163. C. Eobert, Jairluch, U, p, 246. Overbeefc, ciw. dt(, II, fig. 213, B.

e. C. Eobect, JahrbueTi, II, p. 361, T.

S. Voie les justes remarques de Bninn, Jahi. ierprensg. Kimsteamml., V, ISfi^, p. 234-2B5,

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de la jeune génération, associés pour une même œuvre, il s'est établi comme une communauté de style et d'habitudes ; ils sont unis plus étroitement que ne pouvaient l'être les sculpteurs du temps d'Attale. Mais nous ne voyons pas de raisons plausibles pour les opposer aux maîtres qui, vers la même époque, travaillent dans les autres villes d'Asie- Mineure ou à Rhodes. Lîécole de Pergame se rattache en réalité à la

Fig. 276. — Téléplie chea les chefs Anhéens. Fragment de la petite ffise du grand antel de Pergaœe ( Musée de Berlin ).

grande école asiatique : les principes de style qu'elle applique sont acceptés partout. Pour cette raison, nous pouvons considérer les frises du grand autel comme des documenis historiques d'une portée très générale, et y reconnaître le dernier terme de l'évolution hellénistique dans la sculpture monumentale. Elle n'ira guère plus loin, car moins d'un demi-siècle après l'achèvement du grand monument d'Eumène II, nous voyons apparaître les symptômes d'une réaction, et d'un retour à l'art classique.

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