‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 251 sur 330 · Baumeister, pi, LSIV, 1752 Guide, I, a · texte numérisé non relu

Baumeister, pi, LSIV, 1752 Guide, I, a

p. I(i79, flg. 1757, et pL LSIV, fig. 1753. Cf. Brana, 315. Pour la réplique du Vatican, voir Helbig-Toutain,

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540 L'ART HELLENISTIQUE,

protection auprès de son pédagogue, uti homme vêtu d'une tunique à manches et chaussé de hautes bottines'. A Florence, les deux statues sont disjointes; mais un groupe du Louvre, trouvé à Soissous, les

Fig. 280. — Un Hiobide (Florence, Musée des Ugizi).

montre réunies. Viennent ensuite un Niobide escaladant un rocher, qui dissimule la jambe droite ; un autre tombé sur un genou, le regard dirigé vers le ciel; enfin un Niobide mourant, renversé sur le dos,

1. Baumeister, pi. LXIII, fig. 1749, lïôO. Lî tête du pédagogue est modei'ne.

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connu par plusieurs répliques, dont la meilleure est celle de Munich (fig. 281) '.

Le travail minutieux et sec des statues de Florence, leur infériorité en regard de quelques autres répliques, le nombre même de ces répliques, nous avertissent suffisamment que les marbres trouvés surl'Esquilin nous offrent seulement les copies d'originaux célèbres. Ces originaux, Pline en fait mention'. C'était une série de statues, qu'on voyait de son temps dans le temple d'Apollon dédié par C. Sosius.

de (0 pbotheiine de Muq ch)

On hésitait à décider si elles étaient l'œuvre de Scopas ou de Praxitèle. L'autorité de ce texte a été maintes fois invoquée pour placer au quatrième siècle l'exécution du groupe original'. Mais, au vrai, quel renseignement sommes-nous en droit d'en tirer? Simplement qu'on ignorait l'auteur, et que les connaisseurs d'art mettaient en avant deax noms illustres. Rappelons-nous ce collectionneur dont parle Stace, et qui excellaitàdésigner l'auteur d'une statue sans signature \ Les Niobides ont dû provoquer plus d'une expertise de ce genre; Pline se borne à enregistrer les décisions contradictoires des arbitres. L'écrivain latin

1. Ces trois figures sont reprodnîtes daas Baumeister, Ûg. 1754, 1755, 1756.

2. Pline, Nat. Hist., 86, 28. Œ Par liaesitatio est in tamplo Apollinis Sosiani, Riobae liliecos mor Soopas an Prasitelea fecerit. »

3. Voir Stark, Niobe, p, 332. Friedericbî, PraxUdt» und dU Nioiegrfippe, p. 89 et anicantes.

4. n: Et non inscriptie auctorem reddere aignie. n Stace, SUvei, IV, 6 .

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ne mentionne pas la provenance des statues originales; il oublie de nous dire si elles se trouvaient dans une des régions de l'ancien monde grec ouvertes à l'activité de Praxitèle et de Scopas. Mais l'hypothèse la plus plausible conduit à une conclusion contraire. Il semble que les statues aient été enlevées à une ville de Syrie ou de Cilicie, car 0. Sosius, qui les apporte à Rome, et en décore son temple d'Apollon, est, en l'année 38 avant Jésus-Christ, légat d'Antoine en Syrie et en Cilicie; et c'est en 35 qu'il obtient le triomphe, après la défaite d'Antîgone de Judée et la prise de Jérusalem. Si, comme il est permis de le croire, le groupe provenait de l'une de ces provinces, Sosius l'avait enlevé à une de ces villes hellénistiques fondées après Alexandre, et pour lesquelles ni Scofias ni Praxitèle n'avaient pu travailler'.

Nous sommes donc amené à considérer le groupe des Niobides comme une œuvre hellénistique \ Ni la conception, ni le style ne contredisent cette hypothèse. L'idée de mettre ainsi en scène un épisode tragique est bien conforme au goût dramatique dont les sculptures de Pergame nous ont montré tant d'exemples. Le costume des femmes, qui est celui des figures tanagréennes, ne saurait fournir aucun argument contre la date du troisième siècle. Enfin le Niobîde agenouillé, celui qui est étendu mourant sur le sol, rappellent de bien près certaines figures de l'ex-voto d'Attale. Mais surtout nous aurions peine à rendre Scopas ou Praxitèle responsables des faiblesses, qui, malgré le mérite général de l'œiivre, la déparent çà et là. A voir ces jeunes gens escaladant un rocher avec des gestes automatiques, ou exprimant leur terreur par une mimique de convention , on songe à des académies d'atelier, et l'on hésite à prononcer des noms aussi glorieux. Il est d'ailleurs certain .que le sujet du meurtre des Niobides est fort en faveur sous les successeurs d'Alexandre. Quand Auguste éleva, en l'an 28, le temple d'Apollon Palatin, il fit décorer les portes de basreliefs d'ivoire représentant la défaite des G-alates et le massacre des

1. Stark pense au Sarïiédoaîon d'Holmoi, en Cilicie. C'est iSéleucia du Calycadnua que Sosins aurait enlevé l'Apollon an bois de cèdre placé dans la cella de son temple. Niote, p. 136.

2. La démonstration a été faite par M. Hans Ohlrich, Sie^fiorettlinei' Niobegruppe, Berlin, 1888. Dans son eatalc^Hs des moulages de Halle, M. C. Robert place sans hésiter laa Niobides à l'époque hellénistique: Fûhrer dnrch dat arch Muséum, p. 6S.

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enfants de Niobé'. C'étaient des œuvres hellénistiques, et peut-être un bas-relief de Saint-Pétersbourg, et un disque en marbre du British Muséum nous ont-ils conservé le souvenir du bas-relief d'ivoire des Niobides -. Or si ces deux compositions dérivent à coup sûr d'un autre original que le groupe signalé par Pline, elles relèvent du même esprit ; et l'on peut croire qu'à l'époque hellénistique, la peinture et la plastique avaient plus d'une fois retracé la tragique légende de Niobé.

La composition et l'arrangement du groupe de Florence ont été souvent discutés'. Les figures avaient-elles un cadre architectural? Faut-il, avec Stark, les replacer entre les colonnes d'un temple, ou bien, suivant l'ancienne hypothèse de Cokerell et de Welcker, les disposer dans le tympan d'un fronton? La première conjecture n'est fondée que sur l'exemple du monument des Néréides, ce qui est insuffisant. La seconde provoque bien des objections, dont la plus grave est que la hauteur relative des figures ne répond pas à la loi de décroissance qui est toujours observée dans uu fronton. Et quel sculpteur aurait commis la faute de tourner vers l'angle du tympan le visage de Niobé? Les difficultés disparaissent au contraire, si l'on imagine les figures, non point disposées sur un même plan horizontal, mais étagées sur un rocher, à des niveaux différents, la grande statue de Niobé dominant tout l'ensemble \ On comprend dès lors ces accidents de terrain, ces rochers, ces bases à plusieurs niveaux, qui jouent ici un si grand rôle ; ce sont comme autant de prolongements du massif rocheux servant de support au groupe. Les artistes du.cardinal Médicis l'avaient bien entendu ainsi, en disposant les figures de Florence comme un décor de jardin ^ ; et tout porte à croire que, dans la villa romaine de l'Esquilin, d'où elles proviennent, elles offraient le même aspect. Si

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