Stark, Nlohe, p. 138. Bman, Gricch. Kiitistkr, I, p
2. Pour le bas-relie£ Campana, il, Saint-Péterebourg, toît Staïk, Mobe, pi. Iir, a" 1, p. 165. Haiieer Die nea-attUa/ie» Eelie/s, p, 73. I* disque du Bcîlish. Muséum est reproduit par Mutray, Greek scnîpl, II, pi. XXIX. L'authenticité ea a été contestée. Voir sur la question, Overbeofc, Berichie der aàchs. Geeellickaji def Wisievsckqften, 1893.
3. Voir, outre les travaas déjit oitéa, Mayerhofar, Die Jlorentiner Iviobe^rappe, Eamberg, ISSl, et le résumé des discussions fait par Overbeolc, Gr. P/astik, II, p. SO.
i. Cf. Hans Ohlrich, Mémoire cité, p. 4.
5. C'est ainsi qne les montre le dessin de Perrier, Sei/menta nubil signorum ei stataamm, Kome 1638, pL 83-38, 58-60, 87.
Hosted by
544 L'ART HELLENISTIQUE.
ces conclusions sont justes, les Niobides appartiennent à la série des groupes pittoresques, et l'exécution des originaux ne saurait être antérieure au troisième siècle.
Le développement de la sculpture pittoresque est une conséquence des nouvelles habitudes de vie qui s'introduisent dans le monde grec après Alexandre. Les résidences royales, les riches habitations privées s'embellissent de parcs, de jardins, de portiques à colonnades qui réclament une décoration plastique riche et vairiée, conçue d'après des principes moins ngoureux que ceux de l'ancienne statuaire. Nous ne serons pas surpris d'en trouver des exemples à Pergarae. En 1880, les les fouilles de M. Huraann ont fait découvrir les fragments de trois statuettes demi-nature, dont le revers est négligé; elles représentent Prométhée, Héraclès, et une figure virile demi-couchée oîi l'on reconnaît sans peine la personnification du mont Caucase '. Ainsi que l'a démontré M. Milchhoefer, ces statuettes étaient étagées sur un fond rocheux, où elles se détachaient comme un haut-relief. Les peintures pompéieimes nous font connaître des compositions analogues; l'artiste de Pergame avait donc groupé ses figures comme l'aurait fait un peintre.
On cède volontiers à la tentation de rattacher à un même groupe, conçu suivant les principes du style pittoresque, deux statues célèbres, l'Arrotino et le Marsyas suspendu à un arbre, dont nous connaissons plusieurs répliques. La statue conservée dans la salle de la Tribune, aux iT^i, et désignée communément sous le nom de Rémouleur (At' roti'no) montre un personnage accroupi, aiguisant sur une pierre un large coutelas (fig. 282} ^ La forme carrée du visage, le front déprimé, la barbe courte et rare, les cheveux longs, accusent un type barbare, et désignent un esclave scythe. A voir son expression d'humble soumission, on devine qu'il attend un ordre, qu'il est mêlé à une action, et que la statue n'a pas été conçue comme une œuvre isolée. Or, à quelle scène l'associer, sinon au supplice de Marsyas? Sans quitter Florence,
1. Milchhoefer, DU Befreiuiig dei Prometheus, 43" Frogr. sunt Wh\ehdmannafiatt. 1882.
2. Dlitsohke, Aat. Marmoi-Uldwerke der Ufjiziea in Florenz, n° 549, p. 347. Friedeciche-Vfoltere, GipsahgSsse, aP 1*14. La statne a été trouvée i. Eocoe ayant 1538. Midiaelis, 4rch. Zeitungj 1S80, p. n.
Hosted by
on trouve aux Uffizi une réplique d'une statue souvent copiée, dont le Louvre possède un exemplaire très restauré (fig. 283), et dont la meilleure copie est sans aucun doute celle, du musée de Tchinily- Kiosk, découverte à Tarsous en 1889 (fig. 284) '. La donnée est très
Fig. 282. —Esclave Bcjthe. Statne dite de «lArtotmo (Flo ence Mu ée d ^ Ufi S^le de la, Tnbnae)
différente de celle dont s'inspirait, au quatrième siècle, le sculpteur
1. statue de Florence, Diitschke, III, n" 159. Statue du Lonyie, Ptoehner, Notice, n" B6. Statue de Tohiaîlj-Kioak, Joubin, Catal. du Musée impérial ottamrm, n" 72. Orerbeok donne une liste de quinze répliques qui jjent éti-e augmentée (Grseàk. Kunsimyth., III, Apollon, p. 477-478). Outre celle de Tchinily-Elosfc, nous aignalerons celle du Musée central d'Athènes, trouréo i. Tralles (S. Reinach, Chraa. d'Oi-tent, 188B, p. 609), et celle de Earlscute, Arch. Amiiger, 1890, p. i.
Hosted by
des bas-reliefs mantinéens. Ici la lutte est finie et le supplice commence. Suspendu par les poignets au tronc d'un arbre, Marsyas va, sur
un signe d'Apollon, être livré au couteau du Scythe. Il est donc permis de croire que la figure du dieu complétait le groupe, et pour la retrouver, peut-être faut-il examiner un disque de marbre du musée de Dresde, où Apollon assis, la lyre à la main, un bras nonchalamment relevé au-dessus de la tête, fait face au Silène déjà lié à l'arbre '. Dans ce cas, l'esclave scythe trouverait place au milieu du groupe, et sans doute au second plan. Attriliuer à un sculpteur de Pergame cette composition pittoresque est une hypothèse très plausible. Le naturalisme qui éclate dans la statue du Scythe, la connaissance impeccable de l'anatomie que révèle celle de Marsyas, s'accordent bien avec les caractères du style pergaménien, et il est possible que le groupe original date du temps des Attalides. Toutefois, à en juger par la fréquence des répliques, la figure de Marsyas a dû être souvent copiée isolément, comme la plus digne d'attention; et à voir ce torse distendu, cette ossature si curieusement indiquée sous la peau, ce visage contracté et douloureux, on devine en effet que c'était là un vrai morceau de bravoure. Chose curieuse ; la sculpture moderne a plus d'une fois traité, comme un sujet où pouvait se manifester toute la virtuosité de l'artiste, une donnée analogue, celle de la figure nue, les bras relevés, attachée ou suspendue par les poignets à un tronc d'arbre. Comparez au Marsyas du Louvre certains morceaux de réception de notre ancienne Académie des Beaux Arts, le Saint- Sébastien de François Coudray, celui de Dejoux, le Phorbas et l'Œdipe de Félix Lecomte, vous reconnaîtrez entre ces différents thèmes une parenté évidente. Ce n'est pas d'ailleurs la seule occasion où l'art hellénistique et l'art moderne se soient rencontrés dans une inspiration commune.
On pourrait multiplier les exemples de ces groupes décoratifs. Deux statues de Danaïdes, trouvées sur l'Esquilin *, sont sans doute détachées d'un grand ensemble de figures représentant Danaùs, l'épée à la main, au milieu de ses filles, et leur ordonnant de tuer leurs fiancés. Transporté
1, Amiali ddl' Imt-, 1851, pi. E. Arch. .4nseijer,1839, p. 99. On peut, croyons-nons, eu rapprocher on tas-relief du Muaée d'Arles : Bazin^ Arles Gallo-romain, p, 129, a". 3.
2. £iill. deUa amm. taiinicipaU, ni, 1876, pi. IZ-S. Helbig-Toutain, Guide, I, n" SB*, 565.
Hosted by
à Rome, le groupe original avait été disposé sous le portique qui entourait le temple d'Apollon Palatiu'. Faut-il rappeler le groupe bien connu de Ménélas soutenant le corps de Patrocle, cooservé à Florence dans la Loggia dei Lanzi, et sa célèbre ^ réplique romaine, le Fasqidno j si
- Marsyas attacbé k Tarbre.
; du Louvre).
Fig. 284. — Maisyaa attaché h l'arbre.
(Mosée de Tchinilj-Kioak. Coustautinople ).
admiré par le Bernin-? Le sentiment pathétique de la composition,