‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 253 sur 330 · Stack, JVJoie, p · texte numérisé non relu

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2. Friedericbs-Wolters, Gipsaty., n"n397-1398. Voir, pour le Paxjimio, B.Q. Viscoiiti, Opsre varie, I, pi. 15, p. 172, et labibliographiccitéepaïFriedericIiE-Wolters. On connaît Bis répliques de ce groupe. Une des meilleniee est au Vatican : Helbîg-Toutain, Gaide, 1, n" 240.

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le bel équilibre des lignes, la maîtrise de l'exécution, en font un des plus remarquables spécimens de la sculpture décorative. Assurément, de telles œuvres déconcertent souvent notre goût, et trahissent des tendances dangereuses ; la recherche de l'effet, de la mise en scène pompeuse et théâtrale. Mais ne sommes-nous pas trop enclins à les juger sans tenir compte de leur destination? Elles ne prennent toute la valeur que si on lenr rend leur entourage architectural, et les perspectives pittoresques où elles s'encadraient. Au vrai, c'est à l'art de Versailles qu'on pourrait le plus justement les comparer. On méconnaîtrait donc un des aspçcts les plus curieux de l'art hellénistique, si l'on ne rendait justice à l'invention hardie de ces maîtres qui, préoccupés avant tout de créer un brillant décor, entrent résolument dans l'esprit du rôle qui leur est dévolu,

§ 3. — L'ÉCOLE DE EHODES.

Si l'école rhodienne se rattache, par ses affinités, à la grande école asiatique, historiquement elle a sa physionomie à part. En face des grandes monarchies hellénistiques, Rhodes apparaît comme un état libre, une république indépendante et très prospère. Pendant le troisième siècle, après le siège si vaillamment soutenu contre Démétrios Poliorcète, l'importance politique de l'île a bien vite grandi. Entrés dans l'alliance romaine, comme les Attaiides, les Rhodiens profitent d'une guerre heureuse contre PhiHppe III de Macédoine et Antlochos le Grand pour s'annexer la Lycie et la Carie. En 168, il est vrai, leur attitude équivoque, dans la guerre contre Persée, leur fait perdre leurs possessions d'Asie; mais leur vigoureuse résistance contre Mithridate, en 88, les fait rentrer en faveur auprès de Rome. Alors recommence, pour Rhodes, une courte et brillante période de prospérité, qui prend fin brusquement en 43. La prise et le pillage de la ville par l'armée républicaine de Cassius, l'enlèvement de tous ses trésors d'art transportés à Rome, marquent la fin de la puissance rhodienne. Sous l'Empire, il n'est plus question de l'école de sculpture qui, pendant près de deux siècles, avait jeté un très vif éclat.

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L'ÉCOLE DE RHOPEa 549

Depuis le milieu du troisième siècle, environ, jusque vers l'année 50 avant notre ère, nue longue série de signatures d'artistes atteste l'activité de l'école rhodienne '. Tous ne sont pas originaires de l'île; il y a là des sculpteurs venus d'Halicarnasse, de Soloi, de Chios, d'Antioche, de Laodicée ; on sait déjà que deux maîtres de Tralles, les auteurs du (c Taureau Farnèse », travaillent pour Rhodes. Ces faits témoignent de la puissance d'attraction qu'exerce la florissante république, et les inscriptions nous apprennent d'autre part, que les Ehodiens ne négligent rien pour retenir les artistes venus du dehors. Ils leur confèrent le privilège de ^^77^^a[J:.^a, c'est-à-dire un droit de cité restreint ; les fils de ces étrangers deviennent de plein droit citoyens de Rhodes *. Des travaux récents ont permis d'établir avec plus de certitude la chronologie de ces artistes et démontré un fait capital : c'est que l'activité de l'école rhodienne se répartit sur une durée beaucoup plus longue qu'on ne le croyait jusqu'ici ^. Elle se manifeste dès la seconde moitié du troisième siècle ; elle se maintient pendant ie second siècle et une partie du premier, et ne prend fin qu'au moment oîi !a prise de la ville par Cassius porte à la puissance de Rhodes un coup décisif. Par la continuité de ce développement, l'école rhodienne mérite donc une place à part. C'est bien une école hellénistique ; mais elle se prolonge au-delà de l'olympiade 156, qui, au dire de Pline, marque le début de la renaissance gréco-romaine. Nous avons donc le droit de la considérer dans son ensemble, quitte à dépasser le terme que nous nous sommes assigné pour l'histoire des autres écoles.

Pour le groupement chronologique des artistes rhodiens, M. Hïller von Gaertringen propose un ordre très plausible, fondé sur l'étude des inscriptions \ A la seconde moitié du troisième siècle appartiennent Phylès d'Halicarnasse *, Muasitimos, Tlmocharis d'Éleutherne , les

1. Voir snrtout Poncart, fuser, inédites de l'3e de Modes {Eictr. de la Bev. arck., 1866-1867). Loewy, Amh. epigr. IfiUheil. aua Œtterreich, VIT, 1883, p. 107 et Inichr. çriech. BUdh., p. 137, n"' 159-205.

3, Ainsi Epioharmos àe Soloi signe : 'E7c(ïïo[iOî SoXtif, ^ à èitiîoitia SéSoTii. Son Ëls signe ; *Eni- XapH-oî 'Em^ippu Tôîioç. Loewy, Imchr. gr. BUdh., n' 191.

3. Voir Hiller Ton Gaartriogen, Die ZeitiesHmmung der rhudiicitn KûtiitUritiscJtrifteii, Jahiiick des aych. Inst., IX, 1894, p. 22. Cf. Holleauï, Beii. de Philologie, 1893, p. 171.

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