Cf. W. Wunderer, Maniiiae Akxandrinae, Wuribourg, lS9i
3. Sohrelber, JfiWSea. Athe»,X, 1S85, p.SS^YohBatti, Notice des moitumciits exposés au musée gréo- Tomaia S Alexandrie, p. 76-83. C'est peut-être d'Alexandrie qne provieat un joli groupe helléniatiiiue d'Aphrodite et de Triton. Arch. A-a^iger, 189i, p. 29.
4. J. Six, Mlttheii. Jiien, 1887,p. 213, pi. VII-VUL M. Maspero en a cité d'antree exemples : Archéologie é^splimne, p. 220. Cf , une tête ïirile en granit noir du KaiseT/taiis de Vienne provenant de l'ancienne collection Miramac. Ai-c!i, Anseiffei; 1891, p. 175, n" 33, fins, des Beaiix-Arls, 189S, I, p. 470 (8, Eeinacti).
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Fig. 287. — Le Nil. Groupe eu marbre ( Rome, Vatican).
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562 L'ART HELLENISTIQUE.
Style hybride n'a pas produit d'osuvres de valeur; il ne semble même pas s'être acclimaté en dehors des grandes villes du Delta. Il atteste tout au moins des influences helléniques assez puissantes pour modifier les habitudes séculaires de l'art égyptien.
Œuvres d'art importées, copies d'ceuvres célèbres, statues traitées dans le style hellénistique, portraits royaux, statues décoratives, voilà ce que les textes et les monuments nous font entrevoir. Mais la sculpture alesandrine a-t-elle une physionomie originale? Contribue- t-elle, pour sa part, à enrichir de sujets nouveaux le domaine de la plastique? Nous sommes tenté de le croire en reconnaissant une inspiration proprement alexandrine dans une œuvre d'un beau caractère, certainement créée par un artiste grec contemporain des Ptolémées. La grande statue du Nil, conservée au Vatican, a été découverte sous Léon X, en même temps que la statue du Tibre, aujourd'hui au musée du Louvre. Les deux marbres décoraient peut-être les abords du temple d'Isis qui se trouvait dans la région voisine de S. Maria sopi-a MineiDa. Mais le Tibre n'est qu'une adaptation gréco-romaine d'un motif original créé pour personnifier le grand fleuve égyptien. La supériorité de la statue dn Nil est évidente, et la désigne comme une copie d'une œuvre grecque (fig. 287) '. Le dieu fluvial est étendu dans une attitude tranquille et majestueuse, couronné de lotus et de roseaux, accoudé sur un sphinx, tenant de la main droite une glane d'épis, de l'autre une corne d'abondance remplie de fleurs et de fruits. Son visage rêveur respire la douceur et la bonté. Autour de lui se jouent seize enfants, personnifiant les seize coudées de l'étiage qu'atteint le Ni! pendant ses plus fortes crues. Avec un sans-gêne amusant, ces putU prennent leurs ébats sar le corps du bienveillant colosse, escaladent ses jambes et ses bras, se juchent familièrement sur son épaule. Trois d'entre eux luKnent un crocodile; deux autres regardent un ichneumon qui s'avance avec des intentions belliqueuses contre son ennemi naturel. Quelques-uns admirent l'eau du Nil, qui coule à flots de la corne d'abondance. C'est ur e curieuse association du genre et de la grande sculpture, et l'ensemble garde malgré tout un beau caractère. Le seulp-
1. Voir pour la. bibliogi'aphie, Helbig-Toutain, Gaiâe, 1, n" 47. Eeproduit dans Brunn, Be.'ilmaeler,
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LA SCULPTURE ALEXANDEINE. 663
leur a ingénieusement lire parti de la base, pour la décorer d'une ornementation pittoresque dont le « Taureau Farnèse n nous avait déjà fait connaître un exemple. Tandis que, sur la face antérieure, des flots indiquent la montée bienfaisante de l'eau qui ruisselle sous la pointe de la corne d'abondance, les autres faces montrent, sculptées en légers reliefs, des scènes dont les rives du Nil sont le théâtre. Des crocodiles luttent contre des hippopotames ou des ichneumons. Des bœufs pâturent; des oiseaux aquatiques s'ébattent parmi les lotus et les roseaux ; des pygmées manœuvrent vivement leurs barques, pour échapper aux attaques des monstres du Nil. Ce sont autant de petits tableaux de genre, où le sculpteur grec a mis l'accent pittoresque et la bonne humeur qu'apportait, dans la peinture de la vie familière, l'art égyptien des anciennes dynasties.
Si nous connaissions mieux l'art alexandrin, nous y surprendrions sans douteplus d'une trace de l'influence exercée.par l'art national de l'Egypte ; nous y retrouverions le goût hellénique, relevé par une pointe d'exotisme. Les artistes ne pouvaient îermer les yeux à cette antique civilisation, au milieu de laquelle les moeurs grecques venaient s'implanter, et, dans les images royales en particulier, l'occasion se présentait plus d'une fois de faire des concessions aux modes et aux usages de l'Egypte. Nous en trouvons la preuve dans un remarquable buste de bronze trouvé à Hercnlaiium (fig. 288) '. Cette tête si caractérisée est
- Buste d'une femme coiffée à l'égyptieEnf rouïé à Heroulanum (Musée de Naples).
I, Comparetti et de Petra, Villa Ersolane
■t P. Arndt, Grieck. .
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564 L'ART HELLENISTIQUE.
certainement un portrait, et probablement, bien que !es opinions soient partagées sur ce point, le portrait d'une femme de la famille royale '. Il n'y a d'ailleurs aucune raison certaine d'y reconnaître Bérénice I la femme de Ptolémée Soter ^ Mais à cette tête d'un caractère si franchement grec, l'artiste a prêté une coiffure égyptienne-; les longues boucles qui s'étirent en minces spirales, rappellent les perruques frisées que portent les dames de Thèbes ou de Memphis. Cette coiffure apparaît encore dans une tête de granit noir, qui parait représenter la même reine, mais vieillie, les traits bouffis et empâtés par l'âge; oeuvre d'un réalisme très puissant et qui est un curieux spécimen de l'art du portrait à Alexandrie ".
Le réalisme est partout dans l'art hellénistique. Dans l'Egypte des Plolémées, il prend une forme particulière, et tourne au genre. Est-ce le résultat de l'enseignement que donnait aux artistes grecs l'ancien art égyptien, si curieux de la vie, si attentif à en traduire tons les aspects? Est-ce l'effet de l'esprit caustique et humoristique des Alexandrins, pour lesquels on a revendiqué sinon l'invention, au moins le développement de la caricature ■*? Est-ce l'influence d'une littérature
Fig. 289. — Pécheur. Marbre {Br'itishMueeum).
1. M. Arndt )' voh une tête virile, et pense que justifiée d'ailleurs par des vestiges antiques.
2. On peut cepeudani, rapprocher la buste d'une reconnaît Bérénical. Ja/trbuch des arch. fmt,, IV, p
3. Cette tète a fait partie de l'ancienne coUectioi Jrck. Anzeiger, 1891, p, 175, 34.