Pottiei et Reinach, la Nécropole de Myrina, p
r. Aujourd'lini an Kaisrrhans de Vie
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LA SCULPTURE ALEXANDEINE.
descriptive et réaliste, soucieuse du détail pittoresque? Faut-il enfin se souvenir qu'Alexandrie est le grand marché d'où s'expédient dans !e monde grec ces figurines de bronze, ces produits de l'art industriel, oh les sujets de genre trouvent naturellement leur place? Aucune de ces
raisons n'exclut les autres; elles concourent, semble-t-il, à expliquerla prédilection marquée des artistes alexandrins pour la sculpture de genre. La vie des humbles, des gens de petit métier, voilà le répertoire auquel ils s'adressent volontiers. On n'hésite guère à reconnaître une invention alexandrine dans les nombreuses figures de pêcheurs,
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566 L'ART HELLENISTIQUE.
de paysans, que nons ont conservées des copies gréco-romaines '. Cet homme coiffé d'un chapeau usé, vêtu d'une tunique de travail, et portant au bras un petit panier de jonc, l'artiste l'a rencontré sur le port d'Alexandrie (fig. 289) ■. Un vieux pêcheur qui s'avance d'un pas pesant, la mine chétive, l'air résigné, fait songer aux personnages d'une idylle de ïhéocrite, à ces pêcheurs qui vivent solitaires, sous le toit de jonc de leur cabane, sans autre compagnie que le murmure de la mer (fig. 290) 3.
De la même inspiration relève l'étonnante figure de vieille paysanne, conservée au Capitule (fig. 291). Courbée par l'âge et par le rude labeur des champs, vêtue d'«n mauvais manteau qui laisse à n« ses maigres bras et sa poitrine décharnée, elle chemine vaillamment, portant l'agneau qu'elle va vendre au marché voisin. A voir cette œuvre d'un réalisme aigu, d'une vérité impitoyable, on se demande si l'art moderne
Pig. 291. — Vieille paysanne portant un agnfan. a jamais pOUSSé pluS loiu le
Itatnetta en marbre (Borne, Palais des Conservateurs ■ i i> ,-, i
ancaitoie) SOUCI de 1 csactitude.
? type du pécheur dans l'ai
" 1. Cf. Schreiber, Milthsil. Athen, X, 13SÔ, p. 3'
Pottieret Seinach, Marina, p. 490, et la blljliogiapliie citée.
2. Britiflh MnseuiQ, .dncisiK marWss, X,pl. X5VIII; Clarao, Miis.de ladpliire, Y, ]^lSS2,22i7 A.
S.Tb.èocrV«,Iiylk XXI. La statuette, découverte à Rome eii 1880, se troHTe au Palais des Conservateurs, au Capitole. Helbig-Toutain, Guide, I, D" 581. Les accessoires sont modernes,
4. Statuette en marbre, Palais des Conservateurs. Helbig-Toutaiu, Gaide, I, n^ ëSj. La tête n'est pas antique.
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LA SCULPTURE ALEXANDBIKE. 567
Le goût de l'observation précise et minutieuse, si développé dans îe petit art alexandrin, trouvait matière à s'exercer sur tous ces gens de races diverses qui peuplaient les rues de la grande ville égyptienne. Des Nubiens, des Éthiopiens, y exerçaient les petits métiers de la rue, Alexandrie était le marché principal pour la vente des esclaves noirs, dont l'usage commençait à se répandre. On l'a remarqué justement : le réalisme dans îe rendu des types ethnographiques trouvait à Alexandrie un terrain tout préparé ' . Dès le troisième siècle d'ailleurs, l'art hellénistique s'était engagé dans cette voie.
Nous en avons la preuve, grâce à la belle tête de bronze découverte à Cyrène par MM. Smith et Porcher (fig. 292) ^ Ce personnage au front fuyant sous une épaisse chevelure bouclée, aux pommettes saillantes, aux lèvres épaisses, n'est pas de race gi^ecque.
C'est, soit un Cyrénéen de sang mêlé, soit un de ces petits princes numides ou
mauritaniens dont les Etats confinaient à la Cyrénaïque. L'exécution, large et robuste, se ressent encore du goût classique, et défend d'attribuer au bronze de Cyrène une date trop avancée dans le troisième siècle. Nous n'avons aucune raison pour y reconnaître une œuvre proprement alexandrine. Il est permis au contraire de considérer comme un produit de l'art local les figurines de bronze et de basalte, trouvées en Egypte, et qui, de la collection Dimitriou ont
Fig. 2B-2. — Tête de Libyen, ]