LES BAS-RELIEFS PITTORESQUES. 5G
, ste tient en équilibre sur le dos d'un crocodile (fig. 293) '. Un beau brt'nze du Cabinet des médailles nous conserve l'image d'un de ces jeunes esclaves noirs qu'on rencontrait dans les riches maisons d'Alexandrie. Les reins cambrés, avec une pose déhanchée, le négrillon tient un instrument de musique, sambuque ou trigônon, dont il accompagne sa chanson, et a tout en jouant, il chante une de ces mélopées monotones et traînantes qu'il a apprises au pays natal y> (iig. 294)^. Cependant le mailre est dur parfois. Sur un signe, l'esclave peut être garrotté, comme ce nègre que représente un bronze gréco -égyptien du Louvre, trouvé près de Memphis ^.
Assurément il n'y a rien là qui dépasse la portée de la sculpture de genre. Mais ces sujets familiers, les artistes alexandrins les traitent avec infiniment de verve, d'esprit et de bonne humeur; ils y apportent une acuité d'observation, une précision de style, qui font de ces figurines de véritables œuvres d'art. On comprend qu'elles aient rapidement conquis la vogue, et pénétré partout dans le monde gréco-romain. Peut-être même c'est là qu'il faut chercher les qualités les plus originales de l'art alexandrin.
§ î. — LES BAS-RELIEFS PITTORESQUES.
A plusieurs reprises, nous avons déjà constaté la curieuse évolution de style qui introduit dans le bas-relief les conventions de la peinture. La petite frise du grand autel de Perganie nous a révélé ces procédés de composition picturale. La base de la statue du Nil, celle du Taureau Farnèse, nous ont montré des scènes rustiques ou pittoresques, traitées comme des tableaux de genre. Ce style nouveau trouve sa formule la plus complète dans «ne série de bas-reliefs connus sous